mer 04 février 2026 - 06:02

Scandale à Giurgiu : le maire, Franc-maçon, accusé de pornographie infantile

De notre confrère digi24.ro et jurnalgiurgiuvean.ro

En janvier 2026, un scandale majeur a secoué la commune d’Izvoarele (également appelée Izvoru dans certains documents), dans le județ de Giurgiu, en Roumanie. Silviu Marius Cazacu, maire de cette localité rurale, fait l’objet d’une enquête pour pornographie infantile, avec des allégations graves d’envoi de photographies indécentes à une mineure de 13 ans. Au-delà des accusations pénales, l’affaire révèle des liens avec la Franc-maçonnerie locale, soulignant des réseaux d’influence impliquant des personnalités politiques et entrepreneuriales. Cet article, basé sur des sources journalistiques roumaines, retrace les faits, le contexte maçonnique et les implications sociétales, sans entrer dans des détails graphiques ou spéculatifs.

Les accusations contre Silviu Cazacu

Les révélations émergent fin 2025, lorsque des perquisitions sont menées au domicile et au bureau du maire par les autorités roumaines. Selon les rapports, Cazacu est soupçonné d’avoir transmis des images inappropriées à une adolescente via des moyens numériques. Ces allégations proviennent initialement d’une vidéo diffusée sur YouTube par un certain Vlad Pirineu, qui présente des documents et des captures d’écran présumés comme preuves. Les enquêteurs du parquet de Giurgiu confirment l’ouverture d’un dossier pénal pour pornographie infantile, un délit passible de peines sévères en Roumanie, conformément au Code pénal qui punit la diffusion de matériel pédopornographique.En janvier 2026, le tribunal de Giurgiu rejette la demande d’arrestation préventive formulée par le parquet, optant pour une mesure d’assignation à résidence. Cette décision, motivée par l’absence de risque immédiat de fuite ou de récidive selon les juges, permet à Cazacu de rester libre sous surveillance judiciaire, tout en interdisant tout contact avec des mineurs ou l’utilisation de certains dispositifs électroniques.

Le maire, élu sous l’étiquette d’un parti local, nie les faits et invoque une manipulation politique, mais l’enquête suit son cours, avec des expertises techniques en cours sur les appareils saisis. Ce cas s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre l’exploitation infantile en Roumanie, où les autorités ont intensifié les contrôles numériques depuis les réformes européennes de 2024 sur la protection des mineurs en ligne. Des associations comme Save the Children Romania ont réagi en appelant à une vigilance accrue dans les zones rurales, où les signalements sont souvent tardifs.

L’affiliation maçonnique de Cazacu et la loge de Giurgiu

Marea Loja Națională din România

Au cœur du scandale, des révélations sur l’appartenance de Cazacu à la Franc-maçonnerie ajoutent une couche de controverse. Selon des sources locales, le maire est membre de la Grande Loge nationale de Roumanie (Marea Loja Națională din România), une obédience maçonnique reconnue internationalement. Plus précisément, il fait partie de la loge « Sfântul Gheorghe Nr. 98 » (Saint-Georges n° 98), basée à Giurgiu, sur la Șoseaua Sloboziei. Cette loge, active depuis 1998, est décrite comme un cercle discret regroupant des entrepreneurs, des fonctionnaires et des figures culturelles, avec des rituels symboliques impliquant des insignes, des épées et des cérémonies d’initiation.

Les documents allégués montrent que la signature de Cazacu intègre des éléments maçonniques, similaires à ceux visibles sur le site officiel de la commune. La loge est présentée comme un lieu de formation personnelle et de réseautage professionnel, avec des actions philanthropiques discrètes, mais les critiques y voient un vecteur d’influence occulte sur les affaires locales. Historiquement, la Franc-maçonnerie à Giurgiu renaît après la chute du communisme en 1989. Sous le régime de Ceaușescu, elle était interdite, mais dès 1990, des initiés fondent la loge « Steaua Dunării » (Étoile du Danube), affiliée à une obédience nationale. En 1998, « Sfântul Gheorghe Nr. 98 » émerge, attirant des intellectuels et des hommes d’affaires pour promouvoir le développement personnel plutôt que des interventions économiques directes.

Cependant, des allégations de népotisme émergent : la loge serait liée à des attributions de contrats publics, favorisant ses membres via des adjudications directes. Des figures comme l’ancien maire de Giurgiu, Lucian Iliescu (décédé), sont citées pour avoir utilisé ces réseaux à des fins de détournement de fonds municipaux.

Les autres membres impliqués dans la loge

L’article original liste plusieurs personnalités de la loge « Sfântul Gheorghe Nr. 98 », soulignant leurs liens avec le pouvoir local et les affaires :

  • Alexandru Stanca, ancien vénérable (dirigeant) de la loge, ex-président du Rotary Club Danubius Giurgiu. Il est mentionné pour un dossier pénal en cours (affaire n° 18571/3/2025), lié à des irrégularités financières.
  • Costin Răduca, actuel dirigeant de l’association « Sf. Gheorghe nr. 98 Giurgiu » et de la loge. Homme d’affaires, il possède plusieurs sociétés comme RBC Producție Publicitară SRL et Robust Advertising SRL, spécialisées dans la publicité et les impressions électorales. Il est accusé d’avoir obtenu de nombreux contrats d’État par attribution directe au cours des dix dernières années, sans appels d’offres compétitifs. Ancien président du Rotary Club Giurgiu, il est décrit comme un pilier des réseaux locaux.
  • Adrian Răduca, frère de Costin, entrepreneur dans l’agriculture et la construction (sociétés comme Unicons Prest Garden SRL, Eurograno SRL et Man SRL). Proche collaborateur de Cazacu à Izvoarele, il est qualifié de « bras droit » du maire, impliqué dans des projets communaux financés par l’État.

Ces membres sont également connectés au Rotary Club Danubius Giurgiu, une organisation humanitaire internationale fondée en 1905, active localement au 21e siècle. Le club s’engage dans des projets charitables comme des bourses pour étudiants, des dons à des hôpitaux et des aménagements publics. Pourtant, des voix critiques y voient une façade pour des réseaux d’influence, où des « hommes d’affaires en papier » cherchent à s’enrichir via des contrats publics.

Implications sociétales et critiques

Ce scandale met en lumière les tensions entre discrétion maçonnique et transparence publique en Roumanie, un pays où la Franc-maçonnerie compte environ 10 000 membres répartis en plusieurs obédiences. Des observateurs comme le journaliste Florian Tincu soulignent une dérive : l’infiltration d’éléments « de qualité inférieure » dans ces cercles, menant à des scandales qui ternissent l’image de la Franc-maçonnerie comme force de progrès moral et intellectuel. Historiquement inspirée des Lumières, elle prône la fraternité et l’humanisme, mais ici, elle est accusée de favoriser le clientélisme.

Sur le plan judiciaire, l’affaire Cazacu pourrait entraîner des poursuites élargies si des liens avec d’autres membres sont prouvés. Des associations anti-corruption comme Transparency International Romania appellent à une enquête approfondie sur les contrats publics impliquant des affiliés maçonniques. Enfin, ce cas rappelle les défis de la ruralité roumaine, où les élus locaux exercent un pouvoir important avec peu de contrôle, amplifiant les risques d’abus.

En conclusion, le scandale autour de Silviu Cazacu illustre les intersections dangereuses entre politique locale, réseaux secrets et criminalité. Tandis que l’enquête progresse, il invite à une réflexion sur la nécessité de plus de transparence dans les sphères d’influence, pour préserver la confiance publique dans les institutions roumaines.

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Alice Dubois
Alice Dubois
Alice Dubois pratique depuis plus de 20 ans l’art royal en mixité. Elle est très engagée dans des œuvres philanthropiques et éducatives, promouvant les valeurs de fraternité, de charité et de recherche de la vérité. Elle participe activement aux activités de sa loge et contribue au dialogue et à l’échange d’idées sur des sujets philosophiques, éthiques et spirituels. En tant que membre d’une fraternité qui transcende les frontières culturelles et nationales, elle œuvre pour le progrès de l’humanité tout en poursuivant son propre développement personnel et spirituel.

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