Proposé exclusivement par Bernard Fontaine
Nous avons précédemment introduit un sujet controversé consacré à la notion des « Tours du diable » ou « maisons de pouvoir » apparaissant dans un compte rendu rédigé par Rene Guenon d’un livre de William B Seabroock, Voyage en Arabie (1927 édition américaine, traduit en français en 1934). Il n’a jamais été fait mention des « Tours du diable » dans aucun texte ni tradition orale connue. Et pourtant Rene Guenon prit au sérieux celle-ci et ce de 1934 à 1937. Après cette dernière date, Rene Guenon n’y fait plus mention dans sa correspondance.

Dans un livre consacré à cette énigme et intitulé « Rene Guenon & les sept Tours du diable » (1), Jean-Marc Allemand fait le lien entre ces « Tours du diable » et les « Géants » ayant régné sur terre. Il cite Dante (2) qui assimilait le corps des Géants aux tours. Il cite aussi Catherine Emmerich que Rene Guenon prenait très au sérieux :
« J’ai vu beaucoup de choses sur ce peuple de Géants. Ils se livraient à la sorcellerie… Ils se construisaient de grosses tours rondes en pierre semblable à du mica, au pied desquelles s’adossaient des constructions plus petites qui conduisaient à de vastes cavernes. Ils montaient au sommet de ces tours pour observer le lointain à travers des tubes. Ce n’était pas comme avec des télescopes, mais par un procédé satanique. Ils voyaient où se situaient les autres contrées et s’y rendaient, détruisaient tout, libérant tout, en abolissant toutes lois. » (3).
Ces 7 tours du diable sont les centres principaux de la contre-initiation et une 8e située dans un lieu resté secret représente la Parodie du Pôle suprême.

Ces géants ne sont autre que les descendants des enfants nés de la copulation entre les « Nephilim » (Cités dans la Genèse et dans « Le livre d’Enoch ») et des femmes humaines. Ces enfants qualifiés de géants régnèrent sur terre, se nourrissant de sang et de chair humaine, donnant naissance à la contre-initiation. Ils symbolisent la révolte de la caste des guerriers absorbant en son sein celle des prêtres (comme dans le bouddhisme tibétain) et développant un tantrisme dévié et une magie cérémonielle. Cette aristocratie « sombre » a survécu jusqu’à nos jours en se mêlant à la caste des marchands.
Le règne de cette contre initiation ne peut pas pour autant atteindre les grands mystères. Leur pouvoir repose sur la manipulation psychique, l’illusion, les mirages. Son rôle est d’éloigner les hommes de la lumière pour les rendre prisonnier dans une véritable toile d’araignée, un egregore, dont ils deviennent la source d’énergie.

Rene Guenon partit en Égypte en 1930 avec une femme Mme Mary Dina avec qui il souhaitait fonder une collection composée de traduction de textes soufis. Il avait envisagé ce voyage en 1908. Il restera définitivement en Égypte, où il se consacrera à son œuvre dans le quartier français du Caire (4). Or cette terre d’Égypte représente le Pôle inversé de la Tradition – même si l’Islam est venu protégé celle ci (Comme le Christianisme le fit en Occident empêchant des pratiques païennes décadentes, se réduisant à de la sorcellerie, de faire régner les ténèbres). Rene Guenon affirmera que le culte Sethien continuait à se maintenir mettant en garde devant cette fascination « égyptienne » remontant en Occident à la Renaissance : trafics de poudres de momies, prophétie des pyramides, pratiques de rituels de magie égyptienne déviée, …

Il y a donc 7 tours du Diable, que Rene Guenon a plus ou moins réussit à localiser, puis des centres secondaires comme Florence, Venise, Lyon… des contre initiés, de valeur très différente, et pouvant s’opposer les uns aux autres tout en répandant la même erreur dans des domaines très différents, Aleister Crowley, Jacob Frank, Zaharoff, Blavatsky… et des courants neo-spiritualistes, occultistes… éloignant les hommes de la métaphysique.
L’être humain s’est fragilisé dans le monde moderne, proie d’une intelligence inconnue qui manipule son psychisme et joue avec lui. C’est cette même source qui est à l’origine, durant l’histoire, de phénomènes d’apparitions (Fées, démons, navires volants, vierge, ovni…) qui prennent une forme correspondant aux croyances des populations ciblées. Mais cette « intelligence déviée » prend petit à petit le pouvoir au fur et à mesure du kali-yuga (5). Pour autant, cette descente cyclique n’aboutira au final qu’à la fin d’une illusion.
À suivre : un agent de la contre initiation : Basil Zaharoff.
Notes
(1) Éditions Guy Tredaniel, 1990, 229 pages.
(2) Dante, Enfer XXXI, 43, 46.
(3) Catherine Emmerich, « Mystère de l’ancienne Alliance », Tequi éditeur.
(4) Voir Xavier Accart, « L’ermite de Duqqi », édition Arche Milano, 2001.
(5) « À l’échelle du Temps, des Dieux et des Hommes. Depuis le début de la création, 28 caturyuga se sont succédés. Un caturyuga englobe 4320000 années, réparties en quatre ères yuga. Il faut 1000 caturyuga (ou un kalpa) pour un seul jour de la vie du Dieu Brahma. L’année 2025 qui vient de se terminer est la 1 995 885 127eme depuis la création. Actuellement, nous vivons dans le 28eme caturyuga dans l’ère du Kali Yuga où 5127 années se sont écoulées depuis son commencement. Il reste 426 873 années à parcourir avant que le Kali Yuga s’achève » Pandit Shastri. Vishwanath Hindu Panchang, 2026.
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