Il est des conférences publiques qui ressemblent à de simples rendez-vous de calendrier, et d’autres qui portent, discrètement, la charge d’un symbole.

Samedi 10 janvier 2026, en Martinique, les Respectables Loges du Grand Orient de France (GODF), puissance symbolique régulière souveraine, la plus ancienne obédience maçonnique française, la plus importante d’Europe continentale et, depuis le Brexit, de l’Union européenne, mais aussi la plus importante obédience libérale au monde, proposent une rencontre intitulée « L’apport des Outremers à la République française » : un thème qui touche au cœur même de ce que la République prétend être – un pacte d’égalité – et de ce qu’elle peine parfois à devenir une fraternité vécue.

Le lieu n’a rien d’un salon feutré réservé aux convaincus
L’Institut Martiniquais du Sport, au Lamentin, accueille la conférence en amphithéâtre, de 18h00 à 19h45. La forme est claire : parler haut, parler juste, ouvrir largement. L’entrée est annoncée gratuite, mais l’inscription demeure obligatoire, comme pour signifier que la parole publique réclame, elle aussi, une méthode : celle du rendez-vous assumé.


Deux intervenants porteront le propos : Hector Elisabeth, sociologue, et Philippe Palany, docteur en socio-géographie
À travers ces deux regards – l’un plus attentif aux tissus humains, aux appartenances, aux transmissions ; l’autre aux espaces, aux fractures, aux circulations – la question des Outremers peut cesser d’être un dossier périphérique.
Elle redevient ce qu’elle est, au fond : une mise à l’épreuve de la République elle-même
Car l’universel n’est pas une proclamation : il se vérifie. Il s’éprouve au contact des mémoires, des réalités sociales, des héritages contrariés, des promesses non tenues.

La présence annoncée de Pierre Bertinotti, Grand Maître du Grand Orient de France, et de Jean-Yves Vadimon-Delannay, Conseiller de l’Ordre, donne à cette soirée une portée supplémentaire : nous ne sommes pas devant une simple conférence locale, mais devant un geste institutionnel qui reconnaît, publiquement, que la République se pense aussi depuis ses rivages.
Dans une lecture maçonnique, le thème résonne avec une évidence : la République ressemble à un Temple lorsqu’elle tient sa promesse, et à une façade lorsqu’elle la trahit.
Les Outremers ne sont pas une annexe : ils sont une chambre d’écho où l’universel s’entend autrement, parfois plus douloureusement, mais souvent plus lucidement

Ils obligent à distinguer la devise gravée et la devise vécue, la fraternité déclarée et la fraternité éprouvée. Autrement dit : ils rappellent que l’égalité ne se résume pas à un statut, qu’elle se mesure à l’accès réel, à la considération, à la place faite à la parole de celles et ceux que l’histoire a trop souvent assignés au silence.
Une conférence, organisée par les Loges du GODF en Martinique
Elle s’inscrit donc dans une pédagogie de la cité : faire circuler la réflexion, sortir des clichés, replacer les Outremers au centre d’une interrogation politique, historique et humaine.

Et si la question paraît vaste, elle gagne à être posée simplement : qu’avons-nous fait, collectivement, de l’universel ? L’avons-nous partagé comme une lumière, ou confisqué comme un emblème ?
Parce qu’une République qui se veut « UNE » ne se renforce pas en demandant aux marges de se taire, mais en acceptant que les marges viennent dire, devant tous, ce qu’elles savent de l’universel et ce qu’il lui manque encore pour devenir pleinement fraternel.
Informations pratiques
Samedi 10 janvier 2026, 18h00–19h45, Institut Martiniquais du Sport (amphithéâtre), Quartier Mangot Vulcin – Route de Vert-Pré, 97232 Le Lamentin (Martinique)

