ven 09 janvier 2026 - 11:01

Oubliez votre peur de l’IA et apprenez plutôt à l’utiliser pour votre instruction maçonnique

Comment travailler efficacement avec l’IA en Franc-maçonnerie pour faire des progrès ?

La majorité des articles qui pullulent sur Internet sont pour les uns destinés à nous promettre un futur radieux grâce à des technologies à venir, soit à nous effrayer, car rien ne vaut le bon vieux papier et le crayon pour plancher. Mais combien de ces articles abordent concrètement l’utilisation intelligente et « constructive » de ces IA pour travailler au progrès du maçon… donc de l’humanité ?

Disons le ouvertement, si vous utilisez l’IA pour plancher à votre place, vous êtes soit un imbécile qui perd son temps en Loge, soit vous avez un poil dans la main. Dans les deux cas, arrêtez tout de suite car la Franc-maçonnerie n’est pas faite pour vous. En revanche, si vous l’utilisez comme une adversaire, ce que les boxeurs nomment une « sparring Partner », qui vous sert à progresser, alors oui, elle devient un outil indispensable.

Comme nous allons le voir dans les paragraphes qui suivent, dès maintenant, sans aucune formation ni connaissances particulières, chacun peut utiliser l’IA pour améliorer son instruction au degré qui est le sien.

1°) Choisissez d’abord une IA. Pour commencez, nous sélectionnons GROK et nous lui proposons le prompt suivant :

« Saurais-tu me guider dans une instruction maçonnique de premier degré comme le ferait un second surveillant ? »

Réponse de l’IA :

*****************

En tant que second surveillant d’une loge maçonnique, mon rôle est d’instruire les apprentis au premier degré, celui d’Apprenti Franc-Maçon. L’instruction se fait traditionnellement par un catéchisme, une série de questions et réponses qui visent à éclairer les symboles, les principes et les devoirs maçonniques. Cela permet à l’apprenti de méditer sur les enseignements et de progresser dans la voie de la vertu. Je vais vous guider à travers cette instruction comme je le ferais en loge. Je poserai chaque question, et je vous indiquerai la réponse attendue (telle qu’elle est transmise dans les rituels traditionnels du Rite Écossais Ancien et Accepté, par exemple). Réfléchissez à chaque réponse, car elle est symbolique et invite à une introspection personnelle. Si vous étiez en loge, vous répondriez oralement ; ici, vous pouvez les répéter mentalement ou à voix haute pour vous imprégner.

Commençons l’instruction. Soyez attentif, mon Frère, et répondez avec sincérité.

Question 1 : Mon Frère, d’où venez-vous ?
Réponse attendue : De la loge de Saint-Jean, Vénérable Maître.

Question 2 : Qu’y fait-on ?
Réponse attendue : On y élève des temples à la vertu et l’on y creuse des cachots pour le vice.

Question 3 : Que venez-vous faire ici ?
Réponse attendue : Vaincre mes passions, soumettre ma volonté et faire de nouveaux progrès dans la maçonnerie.

Question 4 : Je présume donc que vous êtes Franc-Maçon ?
Réponse attendue : Mes Frères me reconnaissent pour tel.

etc. jusqu’à la Question 55 : Que signifie l’Occident par rapport à l’Orient ?
Réponse attendue : L’Orient marque la direction d’où provient la lumière et l’Occident la région sur laquelle elle s’arrête. L’Occident figure par suite le monde visible qui tombe sous le sens, et, de manière générale, tout ce qui est matériel et perceptible.

Cette instruction catéchistique est complète pour le premier degré. En loge, elle peut être répétée partiellement ou en entier lors des tenues, et le second surveillant encourage l’apprenti à méditer sur chaque point pour en tirer des leçons personnelles. Si vous souhaitez approfondir un aspect spécifique, répéter une partie, ou explorer le rôle des symboles (comme l’équerre, le niveau, ou les piliers), demandez-le-moi. Continuez votre chemin vers la lumière, mon Frère.

*****************

Voilà pour l’échauffement, passons maintenant au travail sur les symboles.

Nous allons changer d’IA et utiliser cette fois ChatGPT, en lui demandant de nous instruire sur un programme de 10 symboles.

Comme vous allez le constater, la machine n’est pas habituée à interagir avec l’Apprenti ; elle est plutôt conçue pour fournir des réponses directes. Or, ici, il va falloir lui demander de pratiquer un exercice de maïeutique : elle devra poser des questions et aider l’Apprenti à découvrir, à accoucher du symbole pour en comprendre l’essence. Il suffit alors de la recadrer pour qu’elle comprenne que c’est l’Apprenti (vous) qui doit trouver ces réponses.

Voyez un exemple d’échanges :

Arrêtons-là les échanges, vous avez compris le principe. Ce qui est important de comprendre, c’est que votre intérêt dans ce travail avec l’IA consiste à utiliser la machine comme un instructeur et non une encyclopédie.

Le but n’est pas d’apprendre des réponses de catéchisme, mais bien de sentir le message caché de chacun des symboles sur lequel vous allez travailler. Si vous souhaitez être accompagné dans vos questions à ce degré, nous vous conseillons de lire « Manuel de sauvetage pour Apprenti sans instructeur », vous y trouverez le détail des symboles, la méthodologie dont il est question et cela vous guidera dans votre façon de travailler si vous êtes privé de surveillant.

Il est utile de rappeler qu’il n’existe aucune formation maçonnique, cela est du domaine de l’entreprise et du commerce. En Franc-maçonnerie, nous travaillons à l’instruction qui se rapporte étymologiquement à une élévation vers la recherche de lumière et non au formatage.

Donc si vous sortez de l’école, oubliez totalement la méthode habituelle. Vous devez utiliser l’IA pour « comprendre » et non pour « apprendre ».

Byron Katie

Nous avons pris pour exemple l’instruction au premier degré, mais le principe évoqué s’applique évidement à tous les degrés et tous les enseignements.

En matière de développement personnel, il existe de nombreuses méthodes et pour les besoins de cet article nous avons testé avec l’IA Copilot de Microsoft, la méthode Byron Katie et utilisant le système vocal (vous pouvez l’utiliser pour les instructions de la même manière, cela ne sera que plus crédible qu’avec le clavier).

Nous avons demandé à Copilot avec le casque sur la tête s’il pouvait nous aider à travailler avec la méthode de Byron Katie. Nous avons posé la question suivante : « En utilisant la méthode de Byron Katie, peux tu me dire pourquoi la Franc-maçonnerie est-elle aussi mal aimée d’un certain public ? »

Autre application, mais même méthode au final !

Pour résumer notre démonstration, comprenez bien que l’IA est certes pourvue d’une intelligence informatique, mais elle n’est certainement pas médium. Il vous appartient donc de formuler vos demandes de manière claire si vous voulez obtenir un usage précis. Vous savez maintenant ce qui vous reste à faire pour faire connaissance avec votre nouvel instructeur.

Bonne instruction à vous…

4 Commentaires

  1. Il y a belle lurette que « Madame Wikipédia » vient au secours des FF/SS ayant « un poil dans la main » pour la construction des planches….Dès lors avec l’IA on peut craindre un véritable rétrécissement du cerveau et de la pensée….A moins que les LL ne se dotent d’un instrument capable de détecter l’IA… comme cela existe déjà…grâce à l’IA…..

    • Merci ma chère Françoise pour ta fidélité de lecture et ta juste interrogation.
      Surprenant, oui… mais seulement si nous pensons l’IA comme une chose et non comme une fonction. Car, dans l’atelier, le maillet et le ciseau ne valent pas par leur matière : ils valent par le geste qu’ils rendent possible, par la discipline qu’ils imposent, par l’éthique qu’ils exigent. La vraie question n’est donc pas : « l’IA aura-t-elle sa place ? » mais : quel type de travail intérieur l’IA oblige-t-elle à réapprendre et est-il un outil profane ou un outil initiatique ?
      Un outil initiatique n’est jamais un gadget. Il est une épreuve. Il tranche, il rectifie, il résiste. Il rappelle au Frère que la matière ne cède pas à la facilité, et que la forme ne naît pas de l’opinion. Or l’IA, par nature, flatte la vitesse, l’aisance, la profusion. Elle propose des pierres déjà taillées, des phrases déjà justes, des images déjà réussies. C’est précisément pour cela qu’elle peut devenir un miroir dangereux… donc un outil possible, si nous la plaçons sous règle.
      De mon point de vue et dans une lecture initiatique, l’IA ne serait pas « à côté du maillet et du ciseau » comme un troisième instrument équivalent. Elle serait plutôt à côté de la planche à tracer : non pas pour tailler la pierre à notre place, mais pour multiplier les esquisses, tester des hypothèses, révéler nos angles morts, faire apparaître nos tics de pensée, nos facilités, nos complaisances.
      Elle devient utile lorsqu’elle nous force à poser cette question simple et rude « est-ce moi qui travaille… ou est-ce que je me fais travailler ? » Et comment la représenter symboliquement ?
      Si nous devions lui donner une forme, non pour l’adorer, mais pour la tenir à distance et la comprendre, je verrais trois représentations possibles, chacune portant une vigilance.
      1) Le miroir noir
      Une surface sombre, polie, qui renvoie notre visage et nos mots. Le miroir n’invente rien : il renvoie, il déforme parfois, il séduit souvent. Cette image dit la vérité la plus importante : l’IA amplifie ce que nous sommes déjà. Elle révèle autant notre lumière que notre paresse.
      2) La lampe sans huile
      Une lampe qui éclaire, mais dont le réservoir est vide. Elle produit de la clarté, mais pas de feu intérieur. Symbole crucial : l’IA donne de la lumière “technique” (information, synthèse, style), mais ne donne ni la verticalité, ni la rectitude, ni la conversion. Elle éclaire la route, pas le sens de la marche.
      3) L’apprenti-scribe
      Une main mécanique tenant une plume, assise au bord du chantier. Elle copie, elle classe, elle propose. Mais elle ne prête pas serment, ne connaît pas la honte, n’a pas de mémoire initiatique. Cette figure rappelle l’essentiel : l’IA peut servir la transmission, mais ne peut pas la remplacer. Car la transmission n’est pas un texte : c’est un lien.
      Lui trouver une place juste pour un outil sous serment ?
      Si un jour l’IA devait entrer symboliquement dans la loge ou l’atelier (au moins comme question), ce serait avec une bride. Une règle d’usage, une éthique de la source, une obligation de relecture, une traçabilité. Non pas pour moraliser, mais pour rappeler que, sans discipline, la facilité devient dissolution.
      Alors oui, l’IA pourrait être un outil « à côté du maillet et du ciseau » à condition d’être représentée non comme une puissance, mais comme une tentation domestiquée. Tel un miroir pour nous surveiller, une lampe pour distinguer sans croire ou encore un scribe pour aider sans usurper.
      Et, au fond, l’emblème le plus juste serait peut-être celui-ci : un compas ouvert au-dessus d’un circuit, signifiant que la mesure doit dominer la machine, et que la conscience reste le seul véritable atelier.
      Belle journée à toi ma TCS et bonne année 2026 !
      TAF

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Alice Dubois
Alice Dubois
Alice Dubois pratique depuis plus de 20 ans l’art royal en mixité. Elle est très engagée dans des œuvres philanthropiques et éducatives, promouvant les valeurs de fraternité, de charité et de recherche de la vérité. Elle participe activement aux activités de sa loge et contribue au dialogue et à l’échange d’idées sur des sujets philosophiques, éthiques et spirituels. En tant que membre d’une fraternité qui transcende les frontières culturelles et nationales, elle œuvre pour le progrès de l’humanité tout en poursuivant son propre développement personnel et spirituel.

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