jeu 08 janvier 2026 - 04:01

Le Grand Chapitre Général du Rite Français du GODF conjugue tradition initiatique, engagement civique et laïcité active

Au Grand Orient de France, là où près de 85 % des Loges bleues travaillent le Rite Français, le Grand Chapitre Général du Rite Français ne se contente pas de prolonger un parcours : il l’actualise, l’organise, le met en mouvement. Entre tradition initiatique et exigence civique, la dynamique portée par Philippe Guglielmi et Jean-Francis Dauriac dessine une juridiction qui n’administre pas seulement des Ordres de Sagesse. Elle fabrique du commun, par la méthode, la recherche, la transmission, et par une défense active et assumée de la laïcité.

Il y a des juridictions qui travaillent dans le silence, mais un silence habité ! Celui des ateliers où l’on n’empile pas des « titres » mais où l’on cherche à donner de la profondeur à ce qui, en loge bleue, a déjà posé la charpente.

Le Grand Chapitre Général du Rite Français du Grand Orient de France appartient à cette famille-là.

GCG-RF-GODF,-bannière

Quand le Rite Français prend de la hauteur : des Ordres de Sagesse à l’outil républicain

Une juridiction dont l’activité, depuis plusieurs années, manifeste une double ambition rarement tenue ensemble avec autant de constance : préserver une tradition initiatique et outiller la conscience civique quand l’époque tend à dissoudre, caricaturer ou instrumentaliser ce qui fait République. Et c’est précisément parce que l’on parle ici du Rite Français que la question n’est pas marginale. Dans les Loges bleues du GODF, le Rite Français est, de loin, la pratique la plus largement partagée : les sources disponibles situent cette prédominance autour de 85 % des loges. Autrement dit : quand le Grand Chapitre Général du Rite Français bouge, c’est une part massive du paysage initiatique du GODF qui se met en mouvement par prolongement, par résonance, par appel d’air.

Une juridiction : non pas « au-dessus », mais « au-dedans » de la méthodeLes hauts grades du Rite Français sont aujourd’hui couramment désignés comme Ordres de Sagesse : ils prolongent et approfondissent le parcours symbolique au-delà des trois grades, dans une continuité historique liée au Grand Orient et à ses tentatives d’unification et de clarification des systèmes au XVIIIe siècle. Le point n’est pas d’entrer ici dans une érudition sèche, mais de rappeler une idée simple : le Rite Français n’ajoute pas un monde, il densifie le même monde. Il propose un autre angle, une autre chambre d’écho, une autre façon d’éprouver les mêmes exigences : discernement, mesure, responsabilité. C’est là que le Grand Chapitre Général du Rite Français du GODF assume sa vocation propre : tenir ensemble l’initiatique et le politique au sens noble, sans les confondre. Tenir ensemble l’intériorité, ce que le symbole travaille en nous, et l’architecture du commun, ce que la laïcité protège pour tous. Ce n’est pas un slogan : c’est une ligne de crête. Et c’est précisément cette ligne que l’on voit se dessiner, année après année, dans les travaux et les initiatives qui nous sont parvenus.


Philippe Guglielmi : une dynamique de consolidation, de rayonnement, de cohérence

Philippe-Guglielmi,-Très-Sage-&-Parfait-Grand-Vénérable

La dynamique actuelle porte un nom, une signature, une manière : Philippe Guglielmi, Très Sage & Parfait Grand Vénérable du Grand Chapitre Général du Rite Français du Grand Orient de France. Ce qui frappe, dans cette orientation, c’est le refus de la posture. On ne « célèbre » pas le Rite Français comme un monument : on le met au travail, et l’on s’oblige à en tirer des effets concrets. Dans une époque où les institutions se fragilisent par manque de lisibilité, la juridiction donne au contraire à voir une gouvernance qui s’organise, se raconte, se déploie, sans trahir l’esprit. Le Rite Français, ici, devient une discipline du réel : non pas une adaptation opportuniste, mais une fidélité active. Une fidélité qui n’a de sens que si elle se prouve par l’acte : soutenir les chapitres, transmettre, publier, ouvrir des espaces d’étude, et relier l’initiation aux fractures contemporaines sans céder aux simplifications.

Jean-Francis Dauriac : la recherche comme chantier et non comme vitrine

Jean-Francis Dauriac

Cette volonté de travail se cristallise dans un organe essentiel : le Chapitre National de Recherche (C.N.R.). Et c’est ici qu’entre pleinement en scène Jean-Francis Dauriac, Président du Chapitre Nationale de Recherche (C.N.R.) et Grand Secrétaire aux Affaires Intérieures (développement et communication) du Grand Chapitre Général du Rite Français du GODF, par ailleurs Préfet du Vᵉ Ordre du Rite Français.

Dans son texte de vœux 2026, il décrit une méthode : avancer par publications, maintenir un fil de cohérence, croiser des regards, et surtout éviter deux pièges symétriques : figer les valeurs comme des dogmes de musée, ou les diluer au nom d’un modernisme sans ossature. Il dit même l’ambition avec une précision philosophique rare dans nos échanges institutionnels : dégager des « lignes de crête » pour que la tradition reste une force d’orientation plutôt qu’une nostalgie. Cette phrase, à elle seule, dit l’esprit du CNR : une fidélité qui n’est pas répétition, mais ré-engendrement. Les Lumières ne sont pas un dépôt transmis par héritage : elles sont une puissance de produire du neuf, si l’on sait en retrouver la matrice. Et le Rite Français redevient alors ce qu’il fut à son origine : un laboratoire de raison, de tolérance et de liberté de pensée.

2026 : « Transmission, évolutions, actualisations »– un programme qui dit une stratégie

Le C.N.R. inscrit son année 2026 sous un triptyque net :

« Transmission, évolutions, actualisations ». Tel un cap et surtout un calendrier.

Et ce triptyque prend corps dans une série de visio-conférences thématiques qui, chacune, met à l’épreuve une question brûlante du temps présent, sans jamais quitter l’axe initiatique. Samedi 10 janvier 2026 (09h30–12h30) : La place de la femme dans les découvertes scientifiques avec Katel Grabowska, puis La Science : entre transmission et découvertes avec le Pr Jean-Paul Escande. Samedi 14 février (10h–12h30) :

Gérard Contremoulin – Source Groupe Guy Trédaniel

L’interprétation des symboles et rituels avec Gérard Contremoulin, puis L’évolution de l’école face aux contradictions de la société avec Jean-Paul Delahaye. Ce choix de séquences n’a rien d’anecdotique : il tisse une ligne continue entre science, symbolique, éducation et société. En termes initiatiques, on pourrait dire : le C.N.R. ne quitte pas le Temple, il s’assure que le Temple n’oublie pas la cité.

Lisbonne : la laïcité comme pilier républicain, et comme exercice de méthode

Le dossier « Lisbonne » est, à cet égard, un jalon majeur. Il ne s’agit pas seulement d’un événement : c’est un signal international. La 3ᵉ édition de l’Université du Rite Français (Grand Chapitre Général du Portugal – Rite Français) s’est tenue le 15 novembre 2025 sur le thème : « La laïcité, pilier de la République ». On y lit une matière dense : analyses comparées, scénarios européens, tensions contemporaines, et surtout une proposition très forte : la laïcité ne renvoie pas à un modèle unique, mais à un horizon de régulation qu’il faut sans cesse traduire selon les histoires nationales.

Armes de la ville de Lisbonne

La contribution d’Aline Kotlyar (GCGRF-GODF / C.N.R.) va plus loin : elle rappelle que la méthode maçonnique, au Rite Français, construit le commun non par vérité révélée, mais par une circulation réglée de la parole, qui empêche qu’une voix se fasse Loi. Et elle ajoute une idée décisive pour notre époque saturée d’images : la liberté de conscience doit aussi protéger contre les récits hégémoniques qui imposent une manière unique de voir le monde, jusqu’à rendre le réel « préfabriqué ». Ici, la laïcité n’est pas seulement un principe juridique : elle devient un exercice de lucidité. Et l’initiation, une école du déconditionnement.

Le monde de l’image : François Belley, ou la pédagogie de la lucidité

François-Belley-Babelio

La même veine traverse la communication de François Belley, présentée en séance plénière du CNR. Il commence par une exigence : la transparence sur « d’où l’on parle ». Publicitaire, donc fabricant de narratifs, il décrit un monde où chacun cadre, recadre, oriente, donne de l’effet au réel. Le maçon reconnaît immédiatement le danger : non pas l’image en elle-même, mais l’image quand elle se prend pour le réel, quand elle anesthésie l’esprit critique. Belley pointe ensuite les défis : reconquérir vérité, raison, humanité, dépasser la polarisation, lutter contre l’auto-censure, et réveiller un élan vital irréductiblement humain. On comprend alors pourquoi le CNR travaille la question : parce que l’initiation, au fond, n’est pas un refuge contre l’époque, mais un outil pour y demeurer libre.


Renaud Dély : journalisme, liberté de la presse, et défense de l’idéal démocratique

Renaud-Dély

Ce qui fait la cohérence de l’ensemble, c’est que la réflexion n’est pas déconnectée de la cité. La contribution de Renaud Dély, donnée elle aussi en séance plénière du CNR, pose un lien direct entre liberté de la presse et idéal démocratique. Son portrait du journaliste, prospecteur, défricheur, pédagogue, transmetteur, « historien de l’instant », résonne particulièrement avec la logique initiatique : chercher, vérifier, extraire du sens du chaos, donner perspective et hauteur. Dans une époque où l’information devient un champ dérégulé, où l’émotion concurrence le fait, où la narration prime sur la vérification, ce rappel est plus qu’un discours : c’est une hygiène du jugement. Et l’on voit se dessiner une triangulation féconde : laïcité, presse libre, méthode initiatique.

Le Prix National de la Laïcité : la « Marianne des actes », ou la République du courage

14ᵉ Prix National de la Laïcité du Grand Chapitre Général du Rite Français du GODF, les-récipiendaires

C’est dans cette perspective qu’il faut relire la dernière grande manifestation portée par le Grand Chapitre Général du Rite Français : le 14ᵉ Prix National de la Laïcité, sous le signe de « la Marianne des actes » et de « la République du courage ». L’événement dit exactement ce que la juridiction cherche à tenir : honorer des actions, distinguer des engagements, rappeler que la laïcité n’est pas un marqueur identitaire mais une protection active de la pluralité des consciences. Le fait que le jury soit présidé par un journaliste comme Renaud Dély, dans ce contexte, prend valeur de symbole : la laïcité, pour rester vivante, a besoin de contre-pouvoirs, de vigilance, d’intelligence du réel. Et la présence constante de Philippe Guglielmi dans cette architecture confirme la cohérence d’ensemble : une juridiction initiatique qui refuse l’entre-soi et assume une responsabilité républicaine, sans jamais renoncer à sa méthode.

Temple-ArtHur-Groussier,-fresque

Ce que révèle, au fond, cette séquence : une juridiction « opérative » au sens initiatique

Pris ensemble, programme 2026, travaux sur l’image, réflexion sur la presse, séminaire de Lisbonne, Prix de la Laïcité, ces documents dessinent quelque chose d’assez rare : une juridiction qui ne se contente pas d’« exister », mais qui agit. Au sens initiatique, on pourrait dire : le Grand Chapitre Général du Rite Français du GODF travaille à ce que la Franc-Maçonnerie ne soit pas seulement un discours sur la lumière, mais une discipline de la lumière : lumière comme lucidité face aux récits, lumière comme méthode de parole qui empêche la captation du sens, lumière comme engagement laïque qui garantit à chacun la liberté de conscience, lumière comme transmission, sans fixisme ni dilution.

Et c’est peut-être cela, la singularité du moment : dans un monde qui pousse à choisir entre tradition figée et adaptation sans colonne vertébrale, le Rite Français, par sa structure a-dogmatique, offre une troisième voie : l’actualisation fidèle.

Le lecteur profane y verra des conférences et des prix. Le maçon y reconnaîtra autre chose : une manière d’empêcher que le monde extérieur n’envahisse le Temple sous forme de slogans, et une manière d’empêcher que le Temple se retire du monde en se réfugiant dans l’abstraction.

C’est, au fond, une politique du symbolique : non pas la politique partisane, mais la politique du commun, celle qui veut encore rendre possible, entre nous, la construction d’un espace où nul ne règne sur la conscience d’autrui.


Dans le tumulte des images, des opinions et des crispations, le Grand Chapitre Général du Rite Français du GODF rappelle une évidence que l’initiation n’abandonne jamais : la République ne tient pas par incantation, mais par méthode.

Et quand une juridiction de hauts grades assume, sans posture, la transmission, la recherche et la laïcité comme des actes, elle ne commente pas le monde : elle contribue à le rendre habitable.

GCG Rite Français GODF

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Charles-Albert Delatour
Charles-Albert Delatour
Ancien consultant dans le domaine de la santé, Charles-Albert Delatour, reconnu pour sa bienveillance et son dévouement envers les autres, exerce aujourd’hui en tant que cadre de santé au sein d'un grand hôpital régional. Passionné par l'histoire des organisations secrètes, il est juriste de formation et titulaire d’un Master en droit de l'Université de Bordeaux. Il a été initié dans une grande obédience il y a plus de trente ans et maçonne aujourd'hui au Rite Français philosophique, dernier Rite Français né au Grand Orient de France.

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