Ah, mes chers apprentis en tablier, voilà que le lundi nous ramène à nos éternelles querelles maçonniques, avec ce petit parfum de rébellion qui flotte dans l’air comme un encens bon marché. Aujourd’hui, on s’attaque à un sujet qui agite les temples plus que les maillets et les ciseaux : les loges sans obédience. Vous savez, ces ateliers qui osent exister sans se prosterner devant une grande fédération maçonnique ?
Certains les appellent « libres », d’autres « sauvages » – comme si c’était des loups-garous errant dans la forêt, prêts à hurler à la lune en brandissant leur compas. Mais franchement, entre nous, qui est le plus sauvage ici ? Le loup solitaire ou le troupeau qui suit aveuglément le berger en espérant qu’il ne les mène pas directement à l’abattoir financier ?

Réfléchissons un instant, avec ce cynisme qui me caractérise – et qui, avouons-le, m’évite d’avoir à payer des séances chez le psy. Une loge souveraine, sans affiliation, fonctionne-t-elle vraiment moins bien qu’une loge sous le joug obédientiel ? Oh que non ! Souvent, elle tourne même comme une horloge suisse, sans les retards administratifs ni les cotisations qui siphonnent les caisses pour financer des banquets où l’on discute de la couleur des gants. Imaginez la scène : demain matin, pouf ! Toutes les obédiences disparaissent dans un nuage de fumée ésotérique – peut-être un rituel raté, qui sait ? Et hop, la maçonnerie se retrouve avec 4500 loges souveraines, qui continuent à bosser sur leurs planches comme si de rien n’était. Elles initiraient, philosophent, et boivent leur café post-tenue sans manquer un battement. Pas de panique, la fraternité survit !
Maintenant, inversons le scénario pour rigoler un bon coup.
Si les 4500 loges s’évaporaient subitement – disons, emportées par une vague de désintérêt millennial ou une pandémie de réunions Zoom interminables – combien de temps tiendraient les obédiences ?
Une semaine ? Un mois ? Le temps de vider les frigos des grands sièges et de revendre les bibelots symboliques sur eBay ? Zéro, mes amis ! Parce que sans loges, une obédience n’est qu’un club de vieux messieurs en costume, discutant de règlements intérieurs autour d’une table vide.
Bien nommer les choses, c’est déjà la moitié du travail maçonnique accompli. Et là, on voit clair : les loges apportent aux obédiences de l’argent (beaucoup), de l’obéissance (encore plus), et parfois même un semblant de légitimité. En retour, qu’offrent les obédiences ? Des diplômes ronflants ? Des directives sur la bonne façon de tenir son maillet ? Des assurances collectives contre les foudres divines ? Les réponses varient selon l’obédience – certaines sont des machines à cash, d’autres des usines à paperasse – mais essayez l’exercice : prenez une feuille, listez le pour et le contre. Vous verrez, ça relativise plus vite qu’une séance de méditation transcendantale.
Et pendant qu’on y est, si on veut que la Franc-maçonnerie ne disparaisse pas avant la fin du siècle – parce que, soyons honnêtes, avec les taux de fidélisation actuel, on frôle le club de bridge en voie d’extinction – autant poser le bon diagnostic. Peut-être que la vraie sauvagerie n’est pas dans l’indépendance, mais dans cette dépendance qui transforme des temples de liberté en succursales administratives. Allez, mes frères et sœurs, soyons taquins :
la prochaine fois que vous payez votre capitation, demandez-vous si vous financez l’illumination… ou juste le salaire du Grand Secrétaire. Sur ce, bon lundi, et que la lumière soit – avec ou sans obédience !

Il ne faut pas confondre l’appartenance à une entité juridique improprement appelée « obédience », et l’obédience (obéissance) que chaque loge doit à un ordre régi par une règle.
Une loge qui serait sans obédience ne serait soumise à aucune règle, et ne serait donc pas une loge maçonnique, seulement la réunion d’un groupe de francs-maçons.
Une loge libre et souveraine édicte un règlement intérieur. Une loge appartenant à une obédience édicte également un règlement intérieur et elle se doit de respecter le règlement établi par l’obédience, donc double juridiction. L’une et l’autre sont parfaitement maçonniques.
Et quand bien même ils seraient vêtus en peaux de bisons ou vivraient au fond des forêts profondes ( à l’instar de mon grand père ) en quoi seraient ils sauvages et aux yeux de qui? « Moun se moun » dit -on là bas, on a envie de dire « FM se FM »!
Bonne et heureuse année à toutes et tous avec plein d’articles comme celui-ci!🥰
Nous travaillons dans une loge bleue souveraine et un atelier de perfection souverain qui va bientôt donner naissance à un chapitre souverain de Rose+Croix. On bosse à trois travaux par soirée et nous nous quittons la Joie au coeur !
Article piquant, mordant, grattant, avec l’irrévérence qui va bien sans tomber dans le vulgaire…
Utiliser l’épithète « sauvage » c’est se penser supérieur. Je n’ai jamais vu de frères ni de sœurs sauvages… Ils sont vêtus en peaux d’bisons ? Ils vivent au fond des forêts profondes ?
En revanche j’ai visité des loges libres, souveraines, qui travaillent sérieusement et qui n’ont pas besoin d’être rattachés à un gros syndic pour vivre une maçonnerie abordable et de qualité.
Bravo à l’auteur qui a fait mouche.