
Le samedi 8 novembre 2025, l’Hôtel Président Wilson de Genève a accueilli le Convent annuel du Grand Orient de Suisse (GOS) dans une atmosphère à la fois solennelle et fraternelle. Plus de 170 participantes et participants – un record d’affluence ces dernières années – s’étaient réunis pour cette grande assemblée, parmi lesquels 34 délégations venues de Suisse et de l’étranger.
Parmi les invités de marque figuraient notamment le Très Respectable Grand Maître du Grand Orient de France, le Très Respectable Grand Maître du Grand Orient de Belgique, ainsi que des représentants de nombreuses obédiences libérales et adogmatiques d’Europe et d’au-delà. Cette présence internationale a témoigné, une nouvelle fois, de la place reconnue au Grand Orient de Suisse au sein de la franc-maçonnerie continentale.

Un adieu empreint de gratitude
Ce Convent revêtait une portée toute particulière : il marquait la fin du mandat de Christophe Ravel, Grand Maître depuis 2022. Durant ses trois années à la tête du GOS, il aura su conduire l’obédience à travers une période de renouveau, renforcer les liens avec les autres obédiences libérales et promouvoir une franc-maçonnerie ouverte, engagée et résolument tournée vers les enjeux contemporains que sont la laïcité, l’égalité et la défense des libertés.
À l’issue de son discours de clôture, Christophe Ravel a reçu une ovation prolongée, signe de la profonde reconnaissance des sœurs et frères présents pour son action et son dévouement.
Pierre Jéronimo, nouveau Grand Maître du GOS
L’assemblée générale qui s’est tenue dans la matinée a procédé à l’élection du successeur. Sans surprise, mais avec une très large majorité, Pierre Jéronimo a été élu Grand Maître du Grand Orient de Suisse pour les trois prochaines années. Son installation solennelle a eu lieu en fin d’après-midi lors de la cérémonie de clôture du Convent, dans le respect des rites et des traditions du Rite Français et du Rite Écossais Rectifié pratiqués au sein du GOS.
Portrait du nouveau Grand Maître

Âgé de 55 ans, Pierre Jéronimo a été initié en 2008 au sein de la Respectable Loge Fidélité et Liberté n° 3 à Genève. Il y a gravi tous les grades avec sérieux et engagement, avant d’en assurer la Vénérable Maîtrise de 2017 à 2020, période durant laquelle la loge a connu un développement notable tant en effectif qu’en rayonnement.
Ces trois dernières années, il occupait la fonction de 1er Grand Surveillant au sein du collège des Grands Officiers, ce qui lui a permis de travailler étroitement avec Christophe Ravel et de préparer, en toute discrétion, la transition que le Convent vient de consacrer.
Connu pour son calme, sa rigueur intellectuelle et sa capacité d’écoute, Pierre Jéronimo incarne une franc-maçonnerie à la fois spirituelle, humaniste et résolument progressiste. Il a d’ores et déjà annoncé vouloir poursuivre l’ouverture du GOS vers la société civile et renforcer les coopérations internationales, tout en consolidant l’unité et la sérénité au sein de l’obédience.
Un nouveau chapitre s’ouvre
Sous les applaudissements nourris et dans la lumière symbolique des colonnes du temple temporaire dressé pour l’occasion, Pierre Jéronimo a reçu le maillet des mains de son prédécesseur, scellant ainsi le passage de témoin.
Le Grand Orient de Suisse entre dans une nouvelle ère, avec à sa tête un homme expérimenté, profondément attaché aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui fondent la Franc-maçonnerie libérale.
Que la Lumière continue d’éclairer le chemin.

D’après ce que me disent mes frères du GOS, c’est qu’il n’est jamais anodin, pour une obédience de taille moyenne, de confier son maillet à un Frère qui connaît à la fois les réalités du terrain et les enjeux internationaux.
Avec Pierre Jéronimo, 55 ans, installé à Genève depuis plus de vingt ans après un parcours professionnel dans la mobilité internationale, le Grand Orient de Suisse se dote d’un Grand Maître qui a fait de l’accompagnement, du dialogue interculturel et du sens du lien son quotidien profane autant que maçonnique.
Revenons sur son parcours. Initié en 2008 à l’orient de Genève, à la loge « Fidélité et Liberté », l’une des plus anciennes loges du GOS, le nouveau grands maître s’inscrit clairement dans la continuité d’un travail de réveil et de modernisation déjà engagé, mais avec une couleur bien à lui : discrète, ferme, orientée vers le long terme.
On sait combien le défi démographique est crucial pour les obédiences de tradition libérale et adogmatique. Pierre Jéronimo en fait l’une de ses priorités : rajeunir les colonnes, parler aux 30–40 ans, assumer une présence renforcée sur les réseaux, multiplier conférences et rencontres pour rendre visible une maçonnerie qui ne renie ni ses exigences, ni sa dimension initiatique. Dans le même mouvement, il entend rééquilibrer le maillage territorial d’un GOS encore très romand, en soutenant la Suisse alémanique et le Tessin, afin que la confédération des loges soit plus que jamais à l’image de la Confédération helvétique elle-même.
Autre point structurant : la question de l’ouverture, non pas seulement en termes de mixité, mais de pluralité des formes. Dans l’esprit très suisse de la recherche du consensus, il ne s’agit ni d’imposer, ni de brusquer, mais de laisser chaque loge définir, à terme, son positionnement – masculine, mixte ou féminine – dans un cadre commun respectueux des sensibilités. À cela s’ajoute une réflexion fine sur une laïcité helvétique plurielle, cantonale, plus pragmatique que doctrinale, qui conjugue neutralité de l’État, reconnaissance des cultes et liberté de conscience sans copier le modèle français.
Enfin, il faut saluer la volonté de maintenir et de développer des ponts : avec la franc-maçonnerie libérale et adogmatique, bien sûr, mais aussi avec la Grande Loge Suisse Alpina, dans une logique de dégel progressif plutôt que de rupture spectaculaire. Fissurer les murs plutôt que dresser des barricades : là encore, une manière très helvétique d’œuvrer à l’universalisme maçonnique. Au moment où Pierre Jéronimo prend le maillet du Grand Orient de Suisse, on devine une ligne de force claire : réunir ce qui est épars, dans le respect des identités, des langues, des rites et des histoires, pour que la voix maçonnique suisse continue de compter dans le concert fraternel européen.