sam 20 avril 2024 - 06:04

“Adogma”, la revue de réflexion des libres penseurs qui ose parler de l’éducation sans tabou !

Adogma est une revue bimestrielle qui se consacre à la réflexion libre et indépendante. Elle propose des articles, des interviews et des dossiers sur une variété de sujets, y compris la religion, la philosophie, la politique, la science et la société.

Son dossier spécial, cette fois-ci, est consacré au dualisme scolaire.

Ligne éditoriale et contenu

Adogma n’est affiliée à aucune idéologie ou religion particulière. La revue encourage la pensée critique et le questionnement des dogmes et des idées reçues. Elle offre un espace de dialogue et de débat pour les libres penseurs de tous horizons.

Chaque numéro d’Adogma comprend des articles de fond sur des sujets d’actualité ou de réflexion générale, des interviews de personnalités du monde intellectuel, artistique ou politique, des dossiers thématiques approfondis ainsi que des chroniques et des tribunes libres.

Le dernier numéro d’Adogma (№ 10-11, année 2023) est consacré au « Dualisme scolaire ». Voici un résumé détaillé des articles. En suivant, le sommaire, pages 4 et 5, nous avons, en « Tribunes libres », la philosophe, spécialiste de l’esthétique et de la laïcité, Catherine Kintzler qui s’attaque aux “bons sentiments” et à l’hypocrisie de certains acteurs du débat sur l’école. Puis

Ferri Briquet, maître de conférences HDR en Sciences de Gestion à l’IAE de Nancy – Université de Lorraine où il dispense des cours stratégie, psychosociologie et de sociologie des organisations, propose une réflexion sur la pensée de Nicolas Malebranche (1638-1715), théologien, prêtre oratorien et philosophe qui, dans son œuvre, a synthétisé la pensée de saint Augustin et celle de René Descartes. Ensuite, Roland Labregère rend hommage à l’écrivain Milan Kundera. Des propos suivis par ceux de Bernard Kerdraon et Françoise Labregère reviennant sur une conférence d’Henri Peña-Ruiz consacrée à la laïcité.

Quant à Gérard Delfau, il rend hommage à Monique Cabotte-Carillon, figure du mouvement pour l’école publique. Il salue « une grande dame [qui] nous a quittés ». Elle était présidente du CEDEC (Chrétiens pour une Église Dégagée de l’École Confessionnelle).

Le dossier central a donc pour thématique « Le dualisme scolaire », détaillé de la façon suivante :

  • Jean-Paul Scot analyse l’influence croissante de l’Église catholique sur l’école en France.
  • Un entretien avec François Dubet porte sur le plan Langevin-Wallon et son ambition d’une école unique et laïque.
  • Monique Cabotte-Carillon (texte posthume) critique la mainmise du privé sur l’éducation.
  • Eddy Khaldi explore les liens complexes entre laïcité et école.
  • Charles Arambourou dénonce les dérives du financement public de l’enseignement privé.
  • Charles Coutel propose dix mesures pour “réinstituer l’École de la République”.

Nous trouvons ensuite les classiques « Lectures ».

Ce numéro d’Adogma offre une analyse riche et stimulante d’un sujet brûlant d’actualité. Il donne la parole à des experts de divers horizons et propose des pistes de réflexion pour l’avenir de l’école en France. Nous avons relevé les points saillants de ce dossier : le dualisme scolaire est une réalité bien ancrée en France, avec un secteur privé qui ne cesse de se développer ; ce système est source d’inégalités sociales et scolaires et il fragilise la laïcité ; il existe des alternatives, comme le plan Langevin-Wallon, qui visent à créer une école unique et émancipatrice ; le débat sur l’école est loin d’être clos et il est important de continuer à réfléchir à ce sujet crucial pour l’avenir de la société française.

Dans certains contextes, le dualisme scolaire peut refléter une séparation entre les écoles financées par l’État, accessibles à tous sans frais, et les écoles privées, qui peuvent exiger des frais de scolarité et offrir des programmes ou des environnements pédagogiques distincts. Dans d’autres cas, il peut exister une distinction entre les écoles laïques et les écoles confessionnelles qui sont parfois subventionnées par l’État mais gérées par des organisations religieuses.

Les débats autour du dualisme scolaire portent souvent sur des questions d’égalité des chances, de cohésion sociale et de qualité de l’éducation offerte par les différents systèmes. Les partisans du maintien ou du développement de systèmes éducatifs dualistes avancent souvent l’argument de la liberté de choix pour les familles et de la diversité des offres éducatives, observant de surcroît que la situation des établissements publics d’enseignement est trop souvent dégradée. À l’inverse, les critiques du dualisme scolaire soulignent le risque de fragmentation sociale et d’aggravation des inégalités, en fonction de la capacité des familles à accéder aux différentes options éducatives, incitant donc l’État à renforcer sa crédibilité en se donnant les moyens de relever le gant.

Dans un monde de plus en plus diversifié et en changement, la question du dualisme scolaire reste un objet très vif de réflexion et de débat, tant au niveau national qu’international, invitant à repenser les modalités d’organisation des systèmes éducatifs pour répondre aux besoins de tous les élèves.

Alfred de Falloux (1811-1886), ministre sous la Deuxième République. Auteur de la célèbre loi qui porte son nom, relative à l’enseignement privé.

Rappelons que l’enseignement public est géré par l’État, laïc et gratuit, ouvert à tous et financé par l’impôt. Quant à l’enseignement privé, il est géré par des associations religieuses ou laïques. Il est souvent confessionnel, payant et, pour les établissements sous contrat d’association, néanmoins principalement financé par des subventions publiques, les frais de scolarité ne représentant qu’une moindre fraction de leurs ressources !

Revenons sur l’histoire avec les différentes lois.

La loi Falloux de 1850 a permis la création d’écoles privées sous contrat avec l’État.

La loi Debré de 1959 a donné aux écoles privées le statut d’écoles “sous service public”.

Avançons quelques arguments en faveur du dualisme scolaire : liberté de choix pour les familles, diversité pédagogique ; complémentarité des deux systèmes.

Les arguments contre le dualisme scolaire : Risque de ségrégation sociale et religieuse, coût élevé de l’enseignement privé, manque de transparence dans la gestion des écoles privées

Le débat actuel

Le dualisme scolaire est un sujet de débat en France. Certains partisans d’une école unique et laïque remettent en question le financement public des écoles privées. D’autres défendent la liberté de choix des familles et la diversité pédagogique.

Jules Ferry, portrait par Léon Bonnat (1888).

Souvenons-nous des lois Jules Ferry sur la gratuité de l’école puis l’instruction obligatoire et l’enseignement public furent votées, sous la IIIe République, en 1881 et 1882. Le combat pour que l’école échappe à l’Église catholique rassemble les francs-maçons au temps de Jules Ferry ! La loi du 16 juin 1881 rend l’enseignement primaire gratuit dans toutes les écoles publiques. Elle représente une première étape vers la démocratisation de l’accès à l’éducation, permettant à un plus grand nombre d’enfants, quel que soit leur milieu social, de fréquenter l’école.

André Gill : caricature de Jules Ferry croquant un prêtre (La Petite Lune, 1878).

Et celle du 28 mars 1882 rend l’enseignement primaire obligatoire pour les enfants des deux sexes, âgés de 6 à 13 ans. Elle introduit également la laïcité de l’enseignement dans les écoles publiques, excluant l’enseignement religieux du curriculum pour le remplacer par l’enseignement moral et civique. Cette loi marque une étape cruciale dans la séparation de l’Église et de l’État dans le domaine de l’éducation.

Elles représentent la démocratisation de l’éducation,  sa lcisation de l’école ainsi que l’obligation scolaire. Les lois Jules Ferry ont eu un impact durable sur le système éducatif français et sont souvent célébrées comme un tournant majeur vers la modernisation et l’égalité d’accès à l’éducation en France.

4e de couv.

La 4e de couverture
Douter, chercher, comprendre, éduquer : un voyage intellectuel

Le nuage de mots “douter, chercher, comprendre, éduquer” évoque un voyage intellectuel fascinant. Il met en lumière les étapes clés de l’apprentissage et de la découverte, soulignant l’importance du questionnement, de la recherche et de la transmission du savoir.

Douter est le point de départ de tout apprentissage. C’est remettre en question les connaissances acquises, accepter de ne pas tout savoir et se montrer ouvert à de nouvelles idées. Le doute est moteur de la curiosité et incite à la recherche.

Chercher est l’étape suivante. C’est explorer de nouveaux horizons, se plonger dans des sources d’information variées et accumuler des connaissances. La recherche implique de la patience, de la persévérance et une soif insatiable d’apprendre.

Comprendre est la culmination de l’apprentissage. C’est saisir le sens des informations collectées, les assembler et les organiser pour en tirer une vision cohérente. La compréhension est un processus actif qui nécessite réflexion, analyse et synthèse.

Éduquer est le partage de ce savoir acquis. C’est transmettre les connaissances et les compétences aux générations futures, les encourager à douter, à chercher et à comprendre à leur tour. L’éducation est un pilier fondamental du progrès et de l’émancipation individuelle et collective.

4e de couv., détail

Un cycle vertueux : Ces quatre termes ne sont pas statiques, mais forment un cycle vertueux. La compréhension nourrit le doute, qui incite à la recherche, qui à son tour permet une meilleure compréhension. L’éducation joue un rôle crucial dans ce cycle en transmettant les connaissances et les outils nécessaires à la réflexion et à l’apprentissage.

Un message inspirant : Le nuage de mots “douter, chercher, comprendre, éduquer” est un message inspirant qui nous encourage à ne jamais cesser d’apprendre et à partager notre savoir avec les autres. Il nous rappelle que l’éducation est un processus continu qui se déroule tout au long de la vie et qui est essentiel à la construction d’une société plus éclairée et plus juste.

Adogma s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à la réflexion libre et indépendante, sans distinction d’âge, de sexe, de nationalité ou de religion.

3e de couv.

Adogma – Revue de réflexion libres penseurs

Le dualisme scolaire

Collectif – Thierry Mesny (dir.)

Association des Libres Penseurs de France, 2024, 160 pages, Abonnement 1 an 2 numéros port compris 20 €

Le formulaire d’abonnement – Association des Libres Penseurs de France, le site.

Vous trouverez ci-dessous le bulletin d’abonnement et la lettre de soutien.

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Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti est directeur de la rédaction de 450.fm. Il a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du Compagnon de l’Union Compagnonnique des Compagnons du Tour de France des Devoirs Unis (UC) Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire, membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France (IMF) et médiateur culturel au musée de la franc-maçonnerie (Musée de France), il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour plusieurs revues obédientielles dont « La Chaîne d’Union » du Grand Orient de France et « Perspectives » de la Fédération française de l’Ordre Mixte International Le Droit Humain ou encore « Le Compagnonnage » de l’UC. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en a été le commissaire général. En 2023, il est fait membre d'honneur des Imaginales Maçonniques & Ésotériques d'Épinal (IM&EE).

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