mer 28 février 2024 - 08:02

La révolution ”Femmes, Vie, Liberté”, l’expo au musée de la franc-maçonnerie

Du 26 janvier au 7 avril 2024, le musée de la franc-maçonnerie propose une exposition temporaire de dessins de presse des dessinateurs iraniens Kianoush Ramezani et de Mana Neyestani sur le thème « La révolution Femmes, Vie, Liberté ».

Commissariat d’exposition : Iris Farkhondeh, Laurent Garreau et Simon Cau.

Dans son édition du mercredi 30 janvier dernier, Charlie Hebdo, journal satirique reconnu pour ses caricatures politiques, son journalisme d’investigation et ses reportages sur divers sujets tels que les sectes, les religions, l’extrême droite, l’islamisme, la politique et la culture, a fait la promotion de cette belle exposition (cf. X, anciennement Twitter, de Guillaume TRICHARD @Trichard).

La biographie des deux dessinateurs

Né en 1973, Kianoush Ramezani est un dessinateur de presse iranien exilé en France.

Kianoush Ramezani avec le prix “Couilles au cul” 2018 au Festival d’Angoulême 2018.

Artiste, dessinateur et militant des droits humains iranien, Kianoush Ramezani est engagé dans le Mouvement Vert et le Cartoonists Rights Network, International, et expose son travail dans des galeries d’arts de la capitale. Compte tenu de cette implication politique, il fuit l’Iran en 2009. En 2010, il se réfugie en France. Il continue à travailler comme dessinateur de presse, notamment auprès du Courrier international, La Croix, We Demain, etc.

En mars 2015, il crée l’association United Sketches avec des dessinateurs du monde entier avec l’objectif de promouvoir la liberté d’expression.

Il prend également position publiquement sur des sujets d’actualité internationale comme les décisions américaines sur l’accord iranien du nucléaire, la situation politique en Iran, la révolution iranienne), les mouvements de société civile et la résistance dans le monde d’aujourd’hui.

Né en 1973 à Téhéran, Mana Neyestani est un dessinateur et illustrateur iranien. Après des études en architecture à l’université de Téhéran, il commence sa carrière de dessinateur professionnel en 1989. Il travaille pour différents journaux et magazines dont le journal iranien Zan. Ses dessins sont publiés régulièrement sur le site Radio Zamaneh.

Mana Neyestani.

D’origine azérie – groupe ethnique d’origine turcique vivant principalement dans le nord-ouest de l’Iran et dans la République d’Azerbaïdjan –, Mana est le fils d’un célèbre poète iranien. Son frère, Touka Neyestani, est également dessinateur. En 2006, à la suite de la publication d’un dessin qu’il réalise accompagnant un article, des émeutes vraisemblablement organisées par le régime de Mahmoud Ahmadinejad se produisent en Iran, notamment dans les villes de Tabriz et Ourmia. La communauté azérie se sent insultée par un dessin représentant un cafard prononçant un mot en azéri. Le dessinateur et son éditeur Mehrdad Qasemfar sont arrêtés, Neyestani sera libéré au bout de trois mois. Il raconte cet épisode dans « Une métamorphose iranienne » édité en 2012.

Après avoir fui l’Iran où il se sentait menacé, il passe par Dubaï, la Turquie, et enfin la Malaisie où il habite jusqu’en 2010. Mana Neyestani rejoint la France en 2011 et vit depuis lors à Paris, avec le statut de réfugié politique – en tant que membre de l’ICORN (Réseau de refuge de villes internationales). Il consacre une de ses BD autobiographiques au difficultés liées à ce statut, le Petit manuel du parfait réfugié politique, édité en 2015.

Bandeau Facebook du musée de la franc-maçonnerie.

[NDLR : La révolution « Femmes, Vie, Liberté » est un mouvement profondément significatif qui a pris de l’ampleur en Iran et au-delà. Ce slogan, d’origine kurde (“Jin, Jiyan, Azadî” en kurde), a été initialement utilisé par le mouvement de libération kurde à la fin du XXe siècle, avant de gagner en popularité en Iran à la suite du décès tragique de Mahsa Amini en septembre 2022. Amini est décédée après avoir été arrêtée par la police pour ne pas avoir “correctement” porté son voile, un événement qui a déclenché des manifestations d’ampleur nationale.

Mahsa Amini.

Le slogan « Femme, Vie, Liberté » a été scandé pour la première fois en 2006 par des femmes kurdes en Turquie et a été popularisé par des personnalités kurdes telles qu’Abdullah Öcalan. En Iran, il a été adopté par les manifestants après la mort de Mahsa Amini et a été utilisé dans tout le pays, y compris par les étudiants de l’Université de Téhéran. Le chanteur Sherwin Hajipour a même intégré ce slogan dans sa chanson « Baraye… », devenue un hymne officieux des manifestations anti-gouvernementales.

Ce mouvement s’est étendu au-delà des frontières de l’Iran, trouvant un écho dans le monde entier, notamment en France où le slogan a été utilisé lors du Festival de Cannes en 2018 par le casting des « Filles du soleil ». Plusieurs médias français et européens ont rendu hommage à la révolution des femmes en Iran lors du premier anniversaire de la mort de Mahsa Amini, et un roman graphique collectif a été publié sous la direction de Marjane Satrapi pour soutenir ce mouvement.

Le mouvement « Femmes, Vie, Liberté » représente non seulement une lutte pour les droits des femmes en Iran, mais aussi une contestation plus large contre l’oppression et pour la liberté dans une société régie par un régime théocratique. Il symbolise une colère et une désobéissance civile face à l’injustice, portée principalement par des femmes mais soutenue par un large éventail de la société​.

Un manière de lutter contre la République du Mollanistan !

Rappelons aussi que le dessin de presse est une forme d’art et de communication qui utilise des images pour commenter et critiquer l’actualité, souvent sous un angle satirique. Historiquement, avant l’avènement de la photographie, les périodiques utilisaient des gravures pour illustrer des événements. Avec le temps, le dessin de presse s’est démarqué en tant que moyen de contestation et de critique sociale et politique. Les dessinateurs de presse, par leurs œuvres, peuvent exprimer des opinions critiques sur des sujets variés. Le dessin de presse est donc un moyen puissant d’expression et de communication revendicative et politique, porteur d’une dimension critique et souvent humoristique.

Prochainement, nous vous offrirons le diaporama de cette exposition​.]

​​Sur YouTube : FEMME, VIE, LIBERTÉ – Barayé // Pour // برای // (Barayé French version)

Ici et maintenant, avant qu’il ne soit trop tard, soyons, nous aussi, la voix de ces femmes iraniennes et de ces hommes iraniens opprimés qui se battent au péril de leur vie, tous les jours depuis septembre 2022, pour la liberté, les droits de l’Homme et la démocratie.

Lundi 29 janvier 2024, à l’aube, quatre prisonniers politiques d’origine kurde Mohsen Mazloum, Hazhir Faramarzi, Vafa Azarbar et Pezhman Fatehi ont été pendus.

Plus de 600 pendaisons en Iran en 2023, un record en huit ans…

Des jeunes filles, des femmes, des hommes sont tués chaque jour à coup de bâton, de pierre ou d’arme à feu en pleine rue….

Paroles : “Pour faire la fête et danser dans les rues/Pour pouvoir s’embrasser à visage nu/Pour ma sœur, pour ta sœur, pour nos sœurs et les leurs/Pour changer les esprits rouillés, grippés par la peur/Pour l’infortune et l’indignité qu’elle entraîne/Pour le désir, la fureur d’une vie ordinaire/Pour les rêves d’un enfant qui erre dans les rues/Pour cette politique arbitraire, autoritaire/Pour qu’enfin, l’air devienne respirable/Sur la promenade Vali-e-Asr et ses arbres fatigués/Pour préserver la vie de Pirouz et ses semblables/Et ne plus tuer ces chiens innocents et délaissés/Pour, cet océan de larmes déversés/Et garder en moi la vue de ces instants passés/Pour graver ces visages au sourire apaisé/Pour tous les étudiants et pour l’avenir engagé/Et pour toi, la promesse d’un paradis/Et pour eux, la prison ou bien l’ennui/Et pour tous les enfants d’Afghanistan, démunis/Et pour toutes ces raisons à l’infini/Pour toutes ces révoltes essoufflées/Pour les murs des maisons délabrées/Pour le sentiment de sérénité/Pour le soleil qui suit une nuit tourmentée/Pour ces nuits blanches d’absolu désarroi/Pour l’homme, la terre , la prospérité/Pour le rêve d’une fille d’être née un garçon/Pour la femme, la vie, la liberté/Pour la liberté/Pour la liberté/Pour la liberté.”

Infos pratiques : Musée de la franc-maçonnerie (Musée de France) – Siège du Grand Orient de France, 16 rue Cadet – 75009 Paris/Tél : 01.45.23.74.09

Métros : Cadet (ligne 7) ou Grands Boulevards (lignes 8, 9) – Station Vélib’ : Cadet (24-26 rue Cadet)

Contact evenementmuseefm@godf.org

HORAIRES : Le musée est ouvert : – du mardi au vendredi : 10h00-12h30 / 14h00-18h00 – le samedi : 10h00-13h00 / 14h00-19h00 – le dimanche : 10h00-12h30 / 14h00-18h00 -Fermeture les lundis et jours fériés.

TARIFS : Entrée : 7 €/Tarif réduit (sur justificatif) : 5 € Seniors (plus de 60 ans), étudiants (moins de 26 ans), adhérents de l’association Léon Bourgeois et de l’association des amis du musée (AAMFM), personnels du Ministère de la Culture et du Ministère de l’Éducation. Gratuité (sur justificatif) : moins de 18 ans, demandeurs d’emploi, journalistes, guides-conférenciers, ICOM, visiteurs handicapés. Possibilité de régler votre visite (libre ou guidée) par chèque vacances. Le billet d’entrée donne l’accès aux collections permanentes et expositions temporaires.

VISITES GUIDÉES TEMPLES ET MUSÉE : Chaque samedi à 14h30 et à 16h00 et le dimanche à 14h30.

Avec un guide franc-maçon, partez à la découverte des temples maçonniques du Grand Orient de France et du musée de la franc-maçonnerie.

Histoire, organisation, symbolisme… à l’issue de la visite, la franc-maçonnerie n’aura (presque) plus de secrets pour vous ! Réservation en ligne gratuite – Billets à régler le jour de la visite au guichet du musée :

• Entrée du musée : plein tarif 7€ ; tarif réduit 5€ : moins de 26 ans, plus de 60 ans, pass Education, pass Culture, membre du GODF, membre de l’association des amis du musée ; gratuité (moins de 18 ans, journalistes, demandeurs d’emploi, guides conférenciers, ICOM, visiteurs en situation de handicap). Un justificatif pourra vous être demandé.

• + 7€ par personne de plus de 12 ans pour la visite guidée – Possibilité de régler votre visite par chèque vacances – Merci de vous présenter 15 minutes avant la visite. Pour réserver en ligne en précisant vos nom, prénom et date / heure, c’est ICI.

Hôtel du Grand Orient de France (GODF), rue Cadet, Paris 9e - Photo YG.
Hôtel du Grand Orient de France (GODF), rue Cadet, Paris 9e – Photo YG.

Le moment venu, 450.fm publiera, à l’attention de nos SS & FF et tous amis(ies) profanes non franciliens, un diaporama avec quelques représentations des remarquables et percutants dessins de presse.

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Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti est directeur de la rédaction de 450.fm. Il a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du Compagnon de l’Union Compagnonnique des Compagnons du Tour de France des Devoirs Unis (UC) Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire, membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France (IMF) et médiateur culturel au musée de la franc-maçonnerie (Musée de France), il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour plusieurs revues obédientielles dont « La Chaîne d’Union » du Grand Orient de France et « Perspectives » de la Fédération française de l’Ordre Mixte International Le Droit Humain ou encore « Le Compagnonnage » de l’UC. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en a été le commissaire général. En 2023, il est fait membre d'honneur des Imaginales Maçonniques & Ésotériques d'Épinal (IM&EE).

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