Très vite, elle pratiqua un système en sept grades. Rappelons néanmoins que la maçonnerie suédoise est d’origine française, comme l’est aussi la maçonnerie allemande, dont le rite suédois tire d’ailleurs une partie de ses hauts grades, au travers de la Stricte Observance dite Templière.
La maçonnerie suédoise fut introduite en Suède par le comte Axel E. Wrede-Spare, reçu apprenti à Paris le 4 mai 1731. La première réunion de sa loge eut lieu chez le baron Sack le 17 mars 1735.
Le baron Carl Fr. Scheffer fut initié à la loge Coustos-Villeroy en mai 1737 et reçut une patente de lord Derwentwater pour créer des loges en Suède. En 1761, la Grande Loge de Suède est fondée. Le baron Scheffer en fut le premier grand maître, et Carl Friedrich Eckleff fut assistant grand maître. Se prévalant d’une patente étrangère, Carl Friedrich Eckleff importa à Stockholm un système de hauts grades en 1759 et fonda le Grand Chapitre des illuminés de Stockholm.
En 1774, le duc de Sudermanie, futur Charles XIII de Suède, succèda au comte Scheffer à la tête de la maçonnerie suédoise, après avoir dirigé la VIIe Province de la Stricte Observance. Il remanie profondément le rite en 1780 puis en 1800, pour fonder le rite suédois aujourd’hui pratiqué dans tous les pays nordiques. C’est un ordre chrétien, chevaleresque, d’inspiration templière, et même mystique pour les derniers grades. Il est reconnu par la Grande Loge unie d’Angleterre depuis 1770.
Le rite suédois se décline en dix grades : les trois premiers ou « grades de Saint-Jean » sont ceux d’apprenti, compagnon et maître maçon ; les deux suivants ou grades écossais « de Saint-André » correspondent au quatrième-cinquième grade, celui d’apprenti-compagnon, et au sixième, maître de Saint-André ; viennent ensuite les grades du « Chapitre », soit le septième ou « haut illustre frère chevalier d’Orient », le huitième ou « très haut illustre frère chevalier d’Occident », et le neuvième ou « frère illuminé de la loge de Saint-Jean » ; enfin, le dixième grade ou « frère très illuminé de la loge de Saint-André ». S’y ajoute un grade administratif, « R&K » ou « frère très haut illuminé, chevalier commandeur de la Croix rouge ».
En 1811, le roi Charles XIII crée un ordre de chevalerie, l’ordre royal de Charles XIII. Cet ordre chevaleresque civil est toujours conféré par le roi aux maçons ayant atteint le rang de commandeur de la Croix rouge ; le nombre total des chevaliers est limité à trente-trois (dont trois ecclésiastiques). Tous les grands maîtres de 1774 à 1997 furent membres de la maison royale de Suède. Le dernier en date fut le prince Bertil, grand maître de 1973 à 1997. Depuis cette date, le roi reste le « grand protecteur » de l’Ordre suédois des francs-maçons.
Vous pouvez vous reporter à notre article du 11 octobre 2023 « Histoire du Rite suédois ».
Les rois de Suède également Grands Maîtres francs-maçons
Il n’est un secret pour personne que la franc-maçonnerie, depuis son expansion en Europe, au 18e siècle, a réuni en ses rangs de nombreux aristocrates, gentilshommes et membres des familles royales. En Suède, la famille royale et même plusieurs rois, sont fortement liés à la franc-maçonnerie, de son installation dans le pays à sa protection. De 1774 à 1973, de nombreux rois de Suède ont assuré la fonction de Grand Maître de la Grande Loge de Suède ou de protecteur de l’ordre des Francs-Maçons de Suède. L’actuel roi de Suède est le premier roi de Suède à ne pas être Grand Maître, ayant laissé cette place à son frère.
Sources : BnF exposition franc-maçonnerie, https://histoiresroyales.fr/, Wikimedia Commons