dim 16 juin 2024 - 05:06

Francs-maçons célèbres… : Jules Ferry

Ministre, il est connu pour avoir rendu l’école obligatoire et laïque, permis aux filles d’accéder à l’enseignement secondaire et offert la gratuité aux primaires.

Né le 5 avril 1832 à Saint-Dié, dans les Vosges, et mort le 17 mars 1893 à Paris, Jules Ferry est un homme politique français, avocat de formation. Défenseur des républicains, il devient célèbre pour ses pamphlets humoristiques anti haussmanniens. Elu député de Paris, il entre au gouvernement provisoire de 1870. Maire de Paris en 1871, il rédige les lois défendant une école laïque, gratuite et obligatoire. Colonialiste, il est déchu, en 1885, après la défaite à Tonkin (guerre franco-chinoise). Il termine sa carrière comme président du Sénat, un mois avant son décès.

Dates importantes

  • 28 avril 1848: Apparition de l’école maternelle
  • 21 décembre 1880: Création de lycées pour filles
  • 16 juin 1881: L’école est désormais gratuite

Jeunesse

Né le 5 avril 1832 à Saint-Dié, dans les Vosges, avec un père avocat, Jules Ferry est élevé dans un environnement bourgeois et austère. Il a un frère et une soeur. Sa famille déménage à Strasbourg en 1846, puis s’installe en 1850 à Paris, où il étudie à la faculté de droit pour devenir lui-même avocat. Il s’intéresse très tôt à la vie publique, écrit dans la presse et se fait remarquer en 1868 en publiant une série d’articles en opposition au préfet de la Seine. Jules Ferry est élu député républicain de Paris en 1869. Il entre au gouvernement l’année suivante et devient maire de Paris pour un an. Il quitte la capitale au moment de l’insurrection de la Commune de Paris. Il est député des Vosges de 1871 à 1889 et conseiller général de la ville vosgienne de Thillot. Pour le protéger des autorités, Adolphe Thiers le nomme ambassadeur à Athènes.

Les lois Jules Ferry sur l’école

Jules Ferry rentre en France en 1873, épouse Eugénie Risler en 1875 et devient franc-maçon la même année. Nommé ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts en 1879, il marque ses mandats par de nombreuses réformes de l’enseignement, dont la loi sur l’obligation scolaire et la laïcité, la suppression de l’enseignement religieux à l’école primaire, l’accès à l’enseignement secondaire pour les filles et la gratuité de l’école primaire. Élu président du Conseil en 1880, il consolide toutes les mesures prises pour un enseignement laïque et moderne. Ses positions colonialistes sont contestées par les hommes politiques de tous bords et lui font quitter la présidence du Conseil en 1885.

Comment Jules Ferry est mort

Jules Ferry décède à Paris le 17 mars 1893 sans laisser de descendance. La cause de sa mort à l’âge de 60 ans est une crise cardiaque. Rescapé de deux attentats perpétrés contre lui, l’un en 1883 et l’autre en 1885, le second lui a laissé une balle dans la poitrine qui l’a handicapé jusqu’à la fin de sa vie. Des obsèques nationales ont lieu le 22 mars dans la cour d’honneur du palais du Luxembourg, avant qu’un cortège XXL ne conduise la dépouille de Jules Ferry jusqu’à la gare de l’Est. Un train spécial l’emmène alors dans les Vosges, où il sera inhumé dans le caveau familial de Saint-Dié, selon son testament, “en face de cette ligne bleue des Vosges d’où monte jusqu’à mon cœur fidèle la plainte touchante des vaincus”.


Jules Ferry Franc-Maçon

Les lois Jules Ferry, sur la gratuité de l’école puis l’instruction obligatoire et l’enseignement public furent votées, sous la IIIe République, en 1881 et 1882.
Le combat pour que l’école échappe à l’Église catholique rassemble les francs-maçons au temps de Jules Ferry. Mais là s’arrête l’unité : la solidarité maçonnique bute en permanence sur la question des modalités de mise en œuvre de la laïcité, et appartenir à la même loge et à la même obédience maçonnique ne suffit pas à gommer des clivages fondamentaux. En effet, le débat est vif au sein des loges et des instances dirigeantes de la franc-maçonnerie entre frères libres penseurs spiritualistes et frères libres penseurs athées sur la place de Dieu dans l’instruction des enfants.
Le projet d’un nombre grandissant de francs-maçons est non seulement de rejeter le curé et le catéchisme hors de l’école, mais également de promouvoir une « morale indépendante » de la religion. Or, il paraît impossible aux francs-maçons spiritualistes, même s’ils sont anticléricaux, d’imaginer une éducation qui ne s’appuierait pas sur une philosophie religieuse. La mise en évidence de l’attitude des élus francs-maçons lors des délibérations législatives de la loi de 1882 montre, de façon très nette, qu’il n’y a pas d’unanimité chez les francs-maçons et même qu’un nombre important d’entre eux n’hésitent pas à gêner l’action de leur « frère » Jules Ferry. Au Parlement, on n’est pas d’abord un député ou un sénateur franc-maçon, on est antireligieux ou spiritualiste, on est radical ou opportuniste ; on est à l’extrême gauche, à l’Union républicaine, à la Gauche républicaine ou au centre gauche.
Cela montre, à tout le moins, qu’il n’existe pas, contrairement à ce que disent les parlementaires de l’opposition, de « plan » maçonnique, préparé dans les loges et mis en œuvre à la Chambre et au Sénat, pas plus qu’il n’existe de tactique pour manœuvrer de façon homogène dans les débats et dans l’action. Dans le même temps, on peut aussi considérer que, puisque diversités républicaine et maçonnique il y a, les loges ont tout de même permis à ces différentes tendances républicaines et libres penseuses de se côtoyer et de débattre, parfois en amont des discussions parlementaires. Même si d’autres cercles ou associations ont pu jouer un rôle de nature identique, il n’en reste pas moins que cette fonction remplie par les loges a sans doute été essentielle dans les premiers temps de la mise en place de notre instruction publique.

Entré en franc-maçonnerie en 1875 dans la loge « La Clémente Amitié » , Jules Ferry devient en 1879 ministre de l’Instruction publique et fait voter le 9 aout 1879 la loi créant les écoles normales primaires dont le but est de former les instituteurs appelés à remplacer les prêtres des congrégations religieuses. Il nomme cette même année Ferdinand Buisson à l’enseignement primaire et procède au retrait du droit de collation des grades universitaires à l’enseignement privé. Il met en œuvre une première attaque contre les congrégations religieuses. Entre 1880 et 1885, plusieurs lois vont rendre l’école gratuite et obligatoire. Le corpus des matières à y enseigner écarte l’instruction religieuse et les congrégations non autorisées sont largement évincées de l’enseignement public. La loi du 30 octobre 1886 clôture par son obligation de laïcisation des personnels des écoles publiques l’objectif de sécularisation de l’enseignement public.

Suivis de près par le Grand Orient, les efforts politiques sur ce sujet sont salués lors du convent de la même année par une motion de soutien. La paternité de ces lois est largement revendiquée par les loges maçonniques qui y voient l’aboutissement de nombreux efforts autour de questions étudiées en leur sein depuis le Second Empire.

Le 8 juillet 1875, les francs-maçons donnent une grande solennité à sa réception par le Grand Orient de France (loge « La Clémente Amitié »). Il y est reçu en même temps qu’Emile Littré et Grégoire Wyrouboff, autres disciples d’Auguste Comte. Dans une lettre adressée à Charles Cousin, président de la loge, celui-ci déclare : « Ayant à faire une confession intellectuelle devant ceux qui veulent bien m’admettre parmi leurs frères, je déclare adhérer aux principes de philosophie morale que j’ai trouvés, il y a une quinzaine d’années dans les livres du fondateur de la philosophie positive. » Une grande publicité est faite au discours que Littré prononça à cette occasion, et la presse en donna un large écho. Par la suite, Ferry appartient à la loge « Alsace-Lorraine ».

2 Commentaires

  1. Notre bon frère Jules Ferry, comme un Janus, a deux visages.
    Rappelons que nommé maire de Paris le 15 novembre 1870, il a la charge d’assurer le ravitaillement de la capitale assiégée par l’armée prussienne. Selon Karl Marx, il tire fortune de cette fonction. Les restrictions alimentaires qu’il impose lui valent les surnoms de « Ferry-Famine » et
    « Ferry l’affameur ».
    Chantre de la colonisation et de la mission civilisatrice de la France, nous pouvons aussi nous interroger sur ladite politique coloniale qui peut être comprise comme une « trahison » de sa part des valeurs républicaines… et maçonniques !

  2. la colonisation a apporté les progrés scientifiques,culturels,médicaux,économiques a des pays ou des régions qui ne les connaissaient pas .La colonisation de 1883 è 1962 a couté annuellement 1% du PIB Francais.
    Quand en 1962 la France a quitté l’Algérie il a laissé le pays le plus riche d’afrique après l’Afrique du Sud avec du gaz et du pétrole découverts et exploités dès 1955 par nous et cela représente une place centale dans l’ économie de ce pays.
    Il faut arreter de culpabiler l’époque coloniale de la France pendant la IIIème république.
    Nos valeurs maconniques n’ont pas été trahies car nous avons respecté les religions des pays que nous avons colonisés

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Claude Tempérance
Claude Tempérance
Tempérance, 34 ans de maçonnerie, initié en 1989 à la GLDF où je suis resté 26 ans... expériences en fraternité et en Initiation ? Au GODF (3 ans), au DH (5 ans) et je suis maintenant membre de la nouvelle obédience Grande Loge Futura. De l'expérience, en modestie, en simplicité, sans renier le fait d'avoir intégré la méthode.... et plein de choses à dire et à partager.

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