dim 16 juin 2024 - 04:06

L’assomption du Maître franc-maçon

C’est dans le silence et dans les ténèbres chtoniennes, sous le linceul, que se germine l’élévation du compagnon au grade de Maître. Cette cérémonie est centrée sur l’assassinat d’un personnage mythique, Hiram, et sur son relèvement.

Le premier problème est celui du choix du personnage Hiram comme désignant l’architecte dont le drame nous est révélé, en franc- maçonnerie, dans la fameuse divulgation de Samuel Prichard, Masonry Dissected, La Maçonnerie Disséquée, publiée à Londres en 1730.
Vient ensuite le problème du lien de ce drame des Maîtres Maçons avec les Mystères grands et petits. On peut naturellement assigner à cette légende des sources mythologiques diverses et trouver, en cherchant un peu dans l’histoire des peuplades anciennes et des religions antiques, égyptienne, gréco-romaine, voir celtique, nombre de récits sacrés et de mythes pouvant constituer autant de modèles.

Les rituels correspondants à cette Mort-Résurrection étaient appelés, dans l’ancienne Égypte «La Porte de la Mort». Dans les rituels maçonniques modernes, Osiris est remplacé par Hiram qui reste néanmoins très porteur des mêmes significations solaires… Inventeur ou expert dans les arts, forgeron, bâtisseur, archétype de l’Homme Créateur et dont le nom même signifie «élevé», «grandeur». Tuer Hiram et le faire renaître signifie que le Soleil perd sa force en Hiver pour revenir au Printemps… Le cycle des naissances peut alors reprendre… Un mot en remplace un autre, un souffle en remplace un autre… et le « sacrifice » est consommé… HRM est l’archétype de tous les sauveurs de l’humanité, de même, il est aussi celui de la continuité humaine et de son esprit créateur. Comme Odin, c’est le Dieu crucifié sur l’arbre du Monde ou endormi au cœur de ses racines.

On s’est du reste interrogé sur ce qui serait advenu si la légende ne s’était pas conclue, telle que Prichard la rapporte dans La maçonnerie disséquée, par un mot perdu, un mot substitué et un architecte tragiquement disparu. On voit en effet sans difficulté la faille de ce schéma : il faudra bien retrouver le mot perdu et remplacer l’architecte. Voici de quoi écrire cinq ou six autres légendes et autant de nouveaux grades. Si la maçonnerie se lança aussitôt, et pour plusieurs décennies, dans une prodigieuse et parfois folle entreprise créatrice de grades à la recherche de la Parole perdue, n’est-ce pas simplement parce que les auteurs de la légende fondatrice l’ont construite comme un récit ouvert et inachevé ?

, Celui qui est au fond de la vallée en a une représentation. Quand il monte sur le flanc de la montagne, le spectacle devient très différent. Chaque fois qu’il fait une station à une hauteur plus élevée, son panorama se modifie. De même, nous pouvons comprendre que d’un point de vue plus élevé, le monde des objets de la veille entre dans une perspective radicalement nouvelle. Le silence qui entoure le tombeau du Maître, au-delà de la Mort, offre le renouveau du langage, le partage de termes inédits, une autre forme de rupture du silence.
« Si je me sentais aujourd’hui le même qu’hier, je perdrai l’envie de vivre. » comme le disait le Rabbi Nahman de Bratslav.

Le relèvement, l’assomption , est l’œuvre du respectable Maître de la loge aidé par les deux surveillants.


Après avoir été littéralement assommé par le coup fatal du maillet du troisième compagnon, l’enterrement sous le tertre, puis retrouvé, le maître est relevé à la vie, exalté. Alors peut-on parler d’assomption ?

Assomption provient de “ad+sumere“, prendre avec soi, s’adjoindre quelqu’un, quelque chose. On retrouve cette étymologie dans assumer. En logique, c’est le fait d’ajouter une hypothèse dans un raisonnement. En  théologie: C’est l’élévation-résurrection de Marie aidée par son fils. Le Christ en ressuscitant seul fait l’Ascension, mais Marie, aidée, l’assomption.

L’étymologie nous le permettrait à partir du mot SOMME et de ses différents sens :
1.     Le somme provient comme son cousin sommeil, du dieu Somnus, l’équivalent romain du grec Hypnos, frère jumeau de Thanatos, le dieu de la mort.
2.     La somme, dérivée de summus, le point le plus élevé, désigne le résultat d’une addition, et s’apparente à sommet, sommité, summum.
3.     la somme, issue de sagma, la charge, le bât, désigne, sous l’expression bête de somme, l’animal qui porte les fardeaux.
4.     Le verbe assommer s’apparente au somme-sommeil. Assommer quelqu’un c’est le faire dormir. Sauf que le mot avait au départ le sens d’abattement moral, et n’a pris qu’ensuite le sens de tuer, puis celui d’endormir brusquement. Certains pensent qu’il provient en fait de sagma, la bête de somme. Assommer ce serait alors accabler sous un fardeau. Le mot aurait dérivé de sens par contagion étymologique avec le somme-sommeil.
5.     L’idée de sommeil se retrouve depuis les premiers siècles de l’église, tant chez les Latins que chez les Grecs dans l’expression dormitio pour signifier le trépas, et même… la fête de l’Assomption de la Vierge.

Synthétisant ces étymologies, le relèvement du maître, à la fois assommé, endormi, porté au sommet, ressuscité et accueilli par le respectable Maître assisté des deux surveillants, ne peut-il s’apparenter à une assomption ? Et dans ce cas, dans cette mission de psychopompe, comme sur les images de la dormition des saints, nos trois premiers officiers sont devenus des anges (sourires!).
« En ce jour d’assomption, les cieux ont reçu la bienheureuse Vierge avec joie. Les Anges se réjouissent, les Archanges jubilent, les Trônes s’animent, les Dominations la célèbrent dans les cantiques, les Principautés unissent leurs voix, les Puissances accompagnent de leurs instruments de musique, les Chérubins et les Séraphins entonnent des hymnes.» À l’image des entités célestes, les acclamations n’exaltent-elles pas l’allégresse à l’avènement ?

Et le maître renaît plus radieux que jamais.

Oui, je sais bien d’où je viens ! Inassouvi, comme la flamme, J’arde [je suis brûlant]  pour me consumer. Ce que je tiens devient lumière, charbon ce que je délaisse : Car je suis flamme assurément ! ( Frédéric Nietzsche, Le Gai Savoir, Ecce homo, par. 62)

Ce n’est pas dans la mystique des religions, qui n’a qu’une portée théologique, que je cherche le sens de cette phrase, mais plutôt dans la mystique des initiations qui a essentiellement une portée métaphysique.

Depuis les Égyptiens de la plus haute antiquité jusqu’à nous, l’homme a toujours pensé recéler dans la partie la plus haute et la plus lumineuse de lui-même, un principe différent du corps, qui lui commande et lui survit. Feu divin, selon les stoïciens ; parcelle de divinité chez les chrétiens. Toujours la même intuition d’une essence supérieure, et spécifiquement humaine, considérée comme immortelle à titre d’espérance, comme avec Socrate, ou de certitude comme avec Jésus. Tout porte à croire que la représentation maçonnique de la mort aboutit sur autre chose que le néant, nous entrainant dans une fiction spiritualiste dualiste esprit/corps. Si le maître renaît, il y a donc une suite à la mort, une progression graduelle qui semble préparer à la mort matérielle du maçon pour une renaissance en esprit dans une lutte contre la désorganisation morphologique.

Sous un autre angle, par convergence, sorti de la putréfaction alchimique, Hiram revit plus radieux qu’il ne l’était avant, comme le laisse entendre la phrase. Les Philosophes appellent corps ce qu’ils nomment aussi métaux. Plus radieux que jamais, c’est l’Œuvre au blanc réalisée. La fusion des métaux est considérée comme une mort. Pour l’alchimie, le fait de traiter la materia prima dans un creuset (crux) se dit la «crucifier». Le soufre extrait représente la vertu, c’est à dire le noyau ou l’esprit de métal.

Le corps glorieux est le corps d’immortalité. Du christianisme (corps glorieux) au taoïsme (corps arc-en-ciel), cette «nouvelle naissance» est l’objectif normal de toute voie spirituelle authentique. Dans le Rite de la Haute Maçonnerie égyptienne, l’aube blanche (ou l’habit blanc) est l’image de ce corps glorieux.

Dans la tradition judéo-chrétienne, l’idée du corps glorieux repose sur les interprétations d’un verset de l’Ancien Testament qui dit : «Yahvé Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit» (Genèse 3, 21). Très tôt, certains exégètes ont pensé que la tunique dont il est question dans ce verset est faite de leur propre peau qui recouvre les êtres de lumière qu’ils étaient avant. Pour cela, ils s’appuyaient sur le fait qu’en hébreu les mots peau, âur (ר וֹ ע) lumière, aur (אור) sont semblables. À remarquer qu’en hébreu, le mot âour, s’éveiller, s’écrit avec les mêmes lettres que celui de la peau (ר וּ ע). Le tablier de peau représenterait alors les «vêtements de peau» dont l’homme s’est revêtu en passant du spirituel au biologique. En kabbale, dans le monde d’Atzilouth, le monde de l’émanation, l’âme est enveloppée de lumière (אור, Aur, terme kabbalistique désignant l’émanation et l’influence divines. En raison de ses propriétés, elle est la métaphore kabbalistique favorite de l’influence Divine ; par le principe séphirotique de la densification de la lumière, cette enveloppe devient dans le monde d’Assiah, le monde inférieur de l’action, la peau (עור, âur). Ce passage permet d’interpréter les tuniques de peau dont sont revêtus Adam et Ève dans la Genèse ; théorie reprise par Martinès de Pasqually dans son Traité de la réintégration.

Le psychodrame dissocie notre être en deux parts : celle de l’ombre et de la matière, impure et corrompue comme les métaux qui sera enterrée dans une fosse ou un mausolée ; celle de l’esprit qui s’envolera loin de toute contingence pour rejoindre ce centre fondateur tel un phénix. L’utilisation de symboles ornithologique  nous est connu depuis le grade d’apprenti avec le Coq, symbole de l’éveil lié à l’App\, puis de l’épervier, symbole de quête des cimes, mais encore terriblement ma­tière qui est, lui, lié au Comp\, et enfin le Phénix qui a atteint l’Unité.

Le phénix (déjà évoqué dans un article du 7 mars 2023 et dont je mets ici l’extrait), cet oiseau mythique au plumage écarlate, d’une beauté inégalable, qui, après avoir vécu plusieurs siècles (400 ou 500 ans), s’immolait sur un bûcher et renaissait, comme un soleil, de ses cendres. Son origine vient de l’oiseau sacré égyptien Bénou (c’est l’historien Hérodote qui l’introduisit dans la mythologie occidentale), un héron cendré qui fut le premier être à se poser sur la colline originelle issue du limon. Il incarnait le dieu du soleil à Héliopolis, ses adorateurs racontaient qu’il n’apparaissait que tous les 500 ans. On rapporte aussi que le phénix se nourrissait exclusivement de rosée et qu’il ramenait des herbes odorantes provenant de lointaines régions pour les poser sur l’autel d’Héliopolis, dans le but de les enflammer pour s’y réduire lui-même en cendres. Il renaissait 3 jours plus tard. Son rapport avec la régénération de la vie vient de son association au cycle quotidien du soleil et au cycle annuel des crues du Nil. Pour les Grecs, le Bénou devint le Phénix (phoinix) dont le nom vient peut-être du verbe égyptien wbnqui signifie « briller », « étinceler » et « naître » concernant le Soleil.

Dans les légendes juives il se nomme Milcham. L’explication de son immortalité vient d’Ève qui, après avoir goûté le fruit de l’arbre interdit, réussit aussi à tenter les animaux et à leur faire goûter du fruit aussi. Seul l’oiseau Milcham  ne céda pas à la tentation, pour cela l’ange de la mort obéissant à Dieu lui offrit pour récompense de ne jamais lui faire connaître l’expérience de la mort. Depuis, tous les mille ans, l’oiseau brûle ; il ne reste alors qu’un œuf  qui se transforme en poussin et l’oiseau continue à vivre.

Cet oiseau n’est pas le seul à ne pas connaître la mort ; il a été enseigné : les treize qui n’ont jamais goûté à la mort sont : Milcḥam l’oiseau et sa génération : Hénoch fils de Jared, Serah fille de Yashar, Bithiah la fille de Pharaon, Javetz, Hiram roi de Tyr, Elie, le serviteur du roi d’Ethiopie, le Messie, et la génération de Yonadav fils de Rekhev, le petit fils de R. Yehudah le Prince, R. Yehoshua b. Levi, et Eliezer, le serviteur d’Abraham.

Le phénix est l’aboutissement de l’Œuvre, symbole du feu secret, qui «se crée» dans la pierre philosophale, lui donnant sa couleur rouge. Assimilé par les alchimistes au soufre philosophique et au nombre quatre (les quatre éléments de la pierre physique et les quatre étapes de la transmutation), le Phénix représente la fixité de l’être vivant en sa mort continuelle, source de renaissances spontanées. En alchimie, l’œuf représente le chaos tel que le conçoit l’adepte, la prima materia dans laquelle l’âme du monde est captive. De l’œuf – symbolisé par le vase de cuisson rond – s’envole l’aigle ou le phénix, l’âme libérée.

Les premiers chrétiens en feront, quant à eux, un des symboles de la résurrection. La sublimation pascale de l’œuf (passage, résurrection, immortalité) s’identifie désormais au symbolisme de l’oiseau qui renaît de ses cendres. L’œuf de Pâques symbolise ce principe du renouveau.

Le phénix est l’un des symboles majeurs de l’ensemble du Rite écossais Rectifié, accompagné de la devise Perit Ut Vivat, «il meurt pour qu’il vive». Le Phénix est l’emblème des Écuyers Novices du Régime Écossais Rectifié, c’est aussi le plus ancien symbole de la maçonnerie parce qu’il est l’image de l’honneur qui ne périt que pour revivre et de l’Ordre qui a péri dans les flammes pour renaître aussitôt de ses cendres.

Les stoïciens ont fait du phénix le symbole de l’embrasement périodique de l’univers, suivi de régénérescence.

L’image de cet animal légendaire incite à brûler nos insuffisances et à renaître des cendres du vieil homme.

Prolonger l’approche de cet animal mythique avec le texte sur ce sujet du Prof. Christian Ghasarian, La renaissance du Phénix, Mythe(s) et symbole(s)

On retrouve ce sens ontologique dans la sortie d’Égypte des hébreux. Selon Éric Daniel Elbaz, L’archétype Pharaon représente dans la Torah, l’égoïsme absolu. Dans Pharaon, il n’y a rien de spirituel, l’âme supérieure ne l’accompagne pas ; elle n’illumine pas. Pharaon est considéré en kabbale comme une âme végétative (ou animale) qui ne brille pas ; il représente au niveau individuel le mauvais penchant ; le Yétsèr HaRa’. En effet, lorsque la créature répare son niveau Paro ; il sort de Métsarim, de ses limites (autre lecture de Mitsraïm, l’Égypte). La lumière de l’intériorité est représentée par Moïse dans le Récit biblique ; il est la force du désir altruiste. C’est le niveau supérieur de l’âme qui illumine. Il débute au-dessus de la Néfesh (l’âme végétative) ; à partir de la Roua’h, le souffle ou l’esprit, puis, c’est la Neshamah, l’âme à proprement dite. Les initiales de Neshamah et Roua’h ( les 2ème et 3ème niveaux de l’âme) nous l’enseignent ; elles dévoilent le mot Nér ( Noun-Reich) , la lumière, opposée à l’opacité de Pharaon.

Le serpent est également un symbole de la lumière de toute renaissance. En effet, tout comme le serpent qui rejette sa vieille peau pour faire peau neuve, la conscience « divine et immortelle » en chacun de nous, rejette une personnalité à chaque mort pour reprendre une autre renaissance. C’est le symbole lumineux qui représente le cycle de nombreuses vies d’un être humain et sa progression dans la mutation de sa conscience.

Comment interpréter cette lumière du nouveau maître ?

Après avoir connu le monde dans ses différences, ses manifestations, ses couleurs, avec une connaissance de l’ombre, le maître le connaît dans son unité avec une connaissance de la lumière. Au retour d’Hiram dans le monde, les rideaux de la chambre lugubre s’ouvrent et laissent passer la lumière, celle de la vie, la lumière originelle débarrassée des scories accumulées au cours des errements antérieurs. La loge est reformée dans la Chambre du Milieu des maîtres maçons, lieu très éclairé comme il est dit dans le Rituel : «La loge retrouve le Corps Glorieux, devenu Corps de Lumière contenant l’espace / temps / univers / corps de lumière /corps de vie.» Implicitement, c’est l’arrêt de la chaîne des vies et des morts, du karma, c’est la libération.

La lumière, les lumières, pour Emmanuel Kant, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable (l’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d’un autre). Le maître est un être responsable, sorti de cet état de tutelle. 

La mort d’Hiram est nécessaire pour qu’il s’imprègne en nous. Le maître est alors comme un oiseau que Nerval appelle l’insaisissable flamme vivante. La lumière ne peut pourrir, elle n’est pas de l’ordre du visible mais, comme l’esprit, elle peut donner à voir l’ordo ab chaos. Lorsqu’une étoile géante rouge meurt, elle détruit tout son système solaire avec toutes les planètes qu’il comportait. Mais cet acte destructeur libère dans l’espace les poussières de la vie. Ces particules chimiques libérées en vastes quantités vont essaimer la vie ailleurs. Alors, n’oublions pas que nous sommes constitués de protons qui tournent à la vitesse de la lumière, et comme une étoile géante le maître connaît la jonction, le contact entre corps et lumière.

Selon la théologie chrétienne : «C’est Dieu le Fils Lui-même, le Verbe de Dieu, qui se ressuscite Lui-même à partir de son corps mort. Son âme resurgit donc et la forme glorieuse de ce corps réanime victorieusement Son cadavre. Il est le Médiateur en Son corps de Sa résurrection.» Pour l’alchimie, le fait de traiter la materia prima dans un creuset (crux) se dit la «crucifier» ( voir dans le texte peu avant).

L’auréole est en quelque sorte une préfiguration de la résurrection, en particulier des saints, en un corps glorieux ; selon Origène, ce corps de résurrection aurait la forme d’une sphère.

Pour Paracelse, l’homme se comprend suivant ses trois corps, mais aussi selon trois esprits qui sont trois lumières. Le premier de ces esprits est celui qui anime notre corps visible de chair et de sang. C’est grâce à lui que s’accomplissent les fonctions naturelles : nutrition, procréation. Le deuxième des trois esprits est celui qui règne dans notre corps invisible sidéral et qui ne fait qu’un avec lui. Il se situe au niveau de notre pensée, de notre imagination active. C’est l’esprit sidéral. Enfin, le troisième esprit s’identifie au corps glorieux, également invisible, engendré par l’Esprit Saint.

Le Soleil est le prototype du mort qui renaît chaque matin. Le nouveau maître est impérissable car il est identifié à la totalité lumineuse, «Il est plus radieux que jamais». Cette expression exprime également l’aspect solaire du Rite. Hiram est de type solaire : son rite se déroule du coucher à l’aube, de la mort du soleil à son réveil. Symbole cosmique, par l’assimilation à la lumière solaire.

Dans le rituel maçonnique, Hiram représente le Soleil, plus idéalement la Lumière, celle dont il est question au début de la Genèse et celle de l’Évangile de saint Jean : lumière de l’esprit, intelligence suprême, connaissance de la chose en soi. Par la substitution du récipiendaire au héros mis à mort, Hiram réédite le mythe de la réintégration, c’est-à-dire le retour à l’unité qui permet de rassembler ce qui est épars.

Au retour d’Hiram dans le monde, les rideaux de la chambre lugubre s’ouvrent et laissent passer la lumière, celle de la vie, la lumière originelle débarrassée des scories accumulées au cours des errements antérieurs. La loge est reformée dans la Chambre du Milieu des maîtres maçons, lieu très éclairé comme il est dit dans le Rituel : «La loge retrouve le Corps Glorieux, devenu Corps de Lumière contenant l’espace / temps / univers / corps de lumière /corps de vie.» Implicitement, c’est l’arrêt de la chaîne des vies et des morts, du karma, c’est la libération.

C’est une libération identique à celle de tous les rites funéraires bardique, égyptien, tibétain,… Le nouveau maître est le libéré vivant, il a connu les deux côtés de la même pièce : celui de la vie, celui de la mort.

Compléter avec le texte Le double corps d’Hiram de Jean-Bernard Lévy.

Il reste à étudier plus avant un certain nombre de thèmes dont voici quelques sujets:
· La relation entre la triade supérieure et le socle quaternaire qui permet d’établir l’Homme archétype sur la base du septénaire…
· L’incarnation par le sacrifice.
· Le tableau de loge du maître.
· Le symbolisme ontologique du Temple de Salomon.
· L’acacia.
· Les outils utilisés pour tuer HiRaM.
· La portée spirituelle du mot du Maître qui t’a été révélé avec ton élévation et son origine à travers les textes anciens de la franc-maçonnerie.
· La résurrection, la réincarnation, la mort symbolique.
· L’énigme d’Hiram et de son meurtre, le mystère de son nom et les raisons de ce choix.
· Et d’autres thèmes d’étude vers lesquels la spiritualité de chacun le portera…

La semaine prochaine un conte alchimique, MARIH et l’aludel, vous racontera ce ritème avec une perspective depuis le dessous du drap noir.

6 Commentaires

  1. Les Maîtres Tailleurs de Pierre et les Maçons savent pourquoi il y’a 60 secondes dans une minute🤷‍♂️.. et Vous?

    • Je ne vois pas le rapport avec l’article mais ce que j’en sais Chatgpt nous en donne quelques raisons : Le découpage du temps en 60 minutes dans une heure est le résultat d’une convention historique qui remonte à l’Antiquité. Cette division du temps en 60 unités provient principalement des Sumériens, un ancien peuple de Mésopotamie, qui utilisaient un système sexagésimal (base 60) pour la numération. Cette base 60 est également à l’origine de notre découpage du cercle en 360 degrés.

      Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les Sumériens ont choisi cette base 60. L’une d’entre elles est que 60 est un nombre très divisible : il peut être divisé par 1, 2, 3, 4, 5, 6, 10, 12, 15, 20, et 30, ce qui le rendait pratique pour effectuer des calculs mathématiques à l’époque où les outils de calcul étaient limités.

      Au fil du temps, cette division du temps en 60 minutes par heure s’est transmise à travers les civilisations anciennes, comme les Babyloniens, les Grecs et les Égyptiens, et a finalement été adoptée par les Romains dans leur système horaire. Ce système s’est répandu dans le monde occidental et est resté en usage jusqu’à nos jours, malgré les changements ultérieurs dans la façon de mesurer le temps et la mise en place d’un système de mesure du temps basé sur le système décimal.
      Je retiendrai, pour l’avoir approché dans les tracés géométriques, l’utilité de la base 60 pour les degrés du cercle qui donne notamment l’exagone et surtout l’exagramme (l’étoile de David, voir mon article “Le Sceau dit de Salomon” (450.fm/2022/09/27/le-sceau-dit-de-salomon/).
      S’il y avait une autre explication, je serais contente de la connaître.
      Amicalement

  2. Importante étude sur le phénix, mais origine de ce symbolisme ? je ne l’ai jamais trouvée. Pourtant tout symbole ou mythe ou légende a une origine triviale : les lamentins observés ont donné le mythe des sirènes. L’éruption du Santorin l’Atlantide. Le serpent, vous le dites, “lmeurt” en abandonnat son vieux corps pour sirtir tout neuf…Le pélican, symbole utilisé dans les hauts grades de pas mal de rites, a une origine compréhensible : le pélican nourrit ses petits en régurgitant des poissons ingérés et prédigérés. En voyant les poussins picorer dans le gros bec ventru, les hommes ont cru qu’il s’ouvrait le ventre pour nourrir ses petits…
    Mais où et quand ont-ils cru voir un oiseau se consumer et donner un oeuf ? … Vivant une grande partie de l’année sur “la Côte”, j’en ai vu des feux de fôret, mais les oiseaux s’envolent, et les oeufs restés cuisent ou éclatent…

    • En effet, c’est le monde sensible qui produit l’idée et le mythe. Le phénix appartient au monde purement imaginaire comme la licorne ! Merci pour cette réflexion qui me donne à penser.

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Solange Sudarskis
Solange Sudarskis
Maître de conférences honoraire, chevalier des Palmes académiques. Initiée au Droit Humain en 1977. Auteur de plusieurs livres maçonniques dont le "Dictionnaire vagabond de la pensée maçonnique", prix littéraire de l'Institut Maçonnique de France 2017, catégorie « Essais et Symbolisme ».

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