lun 27 mai 2024 - 14:05

III- Le Cabinet de réflexion en Franc-maçonnerie, repaire du temps qui passe

Indéniablement sablier, crâne et coq sont des symboles du cabinet de réflexions évoquant le temps qui passe, celui sur lequel nous glissons, celui de notre éphémère, celui de l’alternance des jours et des nuits.

Le sablier

« Les clepsydres à eau existaient depuis l’antiquité comme un des moyens les plus simples de mesurer l’écoulement du temps. Cependant, il y a un problème avec la clepsydre : quand la moitié de l’eau est tombée, c’est moins de la moitié du temps qui s’est écoulé ! Le sablier a amélioré tout ça ! Introduit en Europe au cours du moyen-âge, les marins se sont vite rendus compte que le sablier était plus stable que la clepsydre, et que sa vitesse d’écoulement constante le rendait plus pratique pour mesurer les durées intermédiaires ».

« Les horloges à eau, à sable et à feu ne sont pas des instruments de mesure cosmique, comme le soleil. Ce sont des appareils telluriques, qui tirent parti des éléments, eau, terre et feu, mais non de la lumière universelle. La mesure se fonde, non sur le rayon, mais sur la masse et le poids de la matière. Il faut qu’elle prenne appui sur des formes matérielles, des récipients pansus, des lampes, des verres, qui laissent s’écouler ou recueillent un contenu. De telles horloges ne sont pas moins utilisables quand se ferme le ciel des astres.» (Ernst Junger, Le traité du sablier).

Présent dans le cabinet de réflexion, généralement formé de deux fioles transparentes, le sablier laisse s’écouler entre elles une matière visible granuleuse. Le contenu peut être de la poussière de marbre ou du sable, matériau le plus courant aujourd’hui. Le sable s’écoule de la partie supérieure vers la partie inférieure, verticalement, comme une perpendiculaire reliant le ciel,le spirituel dans la fiole du haut, à la terre, la matière dans la fiole du bas et justifiant la gravitation de Newton.

Le mouvement du sable indique un pôle d’attraction. La liaison entre ses deux sphères n’est qu’un étranglement, une difficulté à franchir, une porte étroite qu’il faut traverser pour changer de plan, parvenir à un autre monde, s’approcher de la pierre cachée que l’on trouvera au bout du voyage à l’intérieur de la terre. Cette porte étroite est à la fois l’inversion, les fioles retournées, le bas devenant le haut et le haut devenant le bas, l’analogie avec les dualités obscurité/lumière, mort/naissance. Pour arrêter le mouvement l’intervention humaine est une nécessaire manifestation de la volonté de changer le cours des choses. C’est bien là le sens du verbe « couler », provenant d’un entonnoir, le colum de glace,  sur lequel les romains versaient le vin pour le rafraîchir et qui par suite désigna le filtre du lait frais utilisé par les paysans. Il y a avec ce mot l’idée de séparation du moins bon au meilleur (voir à partir de la page 38, Les origines de la géométrie par Michel Serre, éd. Champs, Flammarion, 1993).

D’un point de vue matériel, le sablier du cabinet de réflexion, attribut de Saturne, symbolise le temps qui s’écoule inexorablement, qu’on ne peut pas arrêter mais qui ne disparaît pas, conduisant cependant vers la mort comme l’indique, aussi, le crâne. Ils sont donc à considérer comme une projection  psychique ou métaphysique.

Le sable, formé de minuscules pierres roulées et taillées  par les eaux qui les rassemblent dans un matériau composite polymorphe, pourrait être une allégorie de la Franc-maçonnerie.

Mais n’oublions pas qu’un sablier se renverse pour nous souvenir de la Table d’Émeraude : «ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour accomplir les miracles de l’Un seul». Ainsi la mort serait à son tour une naissance !

Un collectionneur de sabliers est un sabulométrophile.

Le Crâne 

« Contemple cette ruine : c’est un crâne. Jadis, recelant des esprits éthérés, ce réduit étroit était le siège de la vie, cet espace était le lieu mystérieux des pensées. Quelles images chatoyantes ont pu traverser ces orbites ? Des rêves de plaisir maintenant oubliés… Aucune joie, aucun sentiment d’amour, aucune crainte n’ont laissé de trace ici, seule subsistera l’espérance. Dans ces trous inertes, furent les yeux vifs d’un regard parfois lumineux. Dans cette caverne sinistre était pendue une langue prompte à la parole, déliée, et bonne pour chanter les événements heureux. Contemple les arches brisées, les parois sinistres, les cavités désertes… cavités aveugles, muettes, évidées… Oui ! Voici ce qui reste du palais chimérique des utopies et des ambitions, de ce dôme de la pensée, de ce temple de l’âme…» (Rite Standard d’Écosse, 3ème degré)

Le crâne évoque la mort physique, symbole de la mort du profane qui renaît à la vraie vie par l’Initiation.

Présent dans le cabinet de réflexion, il rappelle le thème alchimique de la putréfaction. Dans cette demeure alchimique, le crâne possède encore un autre secret qui n’apparaît qu’au moment délicat de la sublimation alchimique, c’est celui du Caput mortem, lorsqu’il faut couper la tête, afin de voir apparaître le cygne blanc, thème alchimique de la putréfaction, c’est le résidu terreux des expériences dont on ne peut plus rien tirer après avoir ôter le soufre et le mercure. 

« On notera que c’est sur la fontanelle du crâne que nombre de cérémonies maçonniques imposent l’apposition de l’épée flamboyante en vue de la transmission. La fontanelle est rouverte l’instant d’un éclair par l’épée/rayon. Le crâne est la clef de voûte et pierre du dôme, lieu du croisement de l’épée sur la tête. C’est aussi un chakra axial qui fait le lien entre la terre et le ciel. Il est intéressant de souligner que la voûte protectrice des regards profanes est présente dans certains grades supérieurs. Dans les légendes européennes et asiatiques, le crâne humain est un homologue de la voûte céleste. Il est une caverne en miniature qui, elle-même, est une représentation en miniature du Ciel. »

Le crâne est souvent représenté entre deux tibias croisés en X, formant une croix de saint André, symbole de l’écartèlement de la nature sous l’influence prédominante de l’esprit, symbole de perfection spirituelle.

C’est surtout au 4ème degré du REAA  qu’est interrogé le symbolisme de cette « boîte d’os » associé au secret qui y est contenu et dont il faut trouver la clef.

Le crâne, placé devant le Vénérable, avec l’approche symbolique et les psychodrames de renaissance et de résurrection successives qui interrogent et répondent sur la mort, est une juste indication d’un des rôles de  la Franc-maçonnerie: apprendre à mourir.

À lire l’excellent travail à propos de ce sujet : Le crâne du franc-maçon.

Tout homme éclairé doit sonder chaque observance en une recherche approfondie afin de faire passer de la puissance à l’acte, ainsi il séparera la vie cachée de la mort apparente.

La tête de mort, le crâne, le point de l’interrogation, la perplexité au plus intime de nous-mêmes ! Le grand oui, c’est le oui à la mort, on peut le proférer de plusieurs manières. La vie, est-elle comme pour Bichat l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort, ou bien selon Cioran, l’ensemble des fonctions qui nous y entraînent ? Je dirai comme Bichat, parce que cela permet l’espérance, dans cette résistance à toutes les morts, de se constituer un excédent d’être, auquel la Franc-Maçonnerie peut contribuer.

Vanité des vanités dit Qohéleth. Vanité des vanités, tout n’est que vanité. Mais, le dernier paragraphe du texte précédent l’Ecclésiaste, à savoir la fin du Cantique des cantiques, dit aussi : L’amour est aussi fort que la mort.

Les vanités sont des tableaux du XVIIIe siècle, sur lesquels se retrouvent quelques symboles communs : le crâne, le sablier, une nature morte. La beauté immobile, dans un contact presque sensuel de la mort ressentie en artiste, comme une plénitude de tact et de goût, annonce l’agonie triomphante. C’est alors fixer notre pensée sur le macabre stérilisé et enjolivé, et nous détourner de l’usure de nos glandes, de la puanteur et des immondices de notre dissolution.

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d’été si doux : Au détour d’un sentier une charogne infâme Sur un lit semé de cailloux, Les jambes en l’air, comme une femme lubrique, Brûlant et suant les poisons, Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique Son ventre plein d’exhalaisons. Le soleil rayonnait sur cette pourriture, Comme afin de le cuire à point, Et de rendre au centuple à la grande Nature Tout ce qu’ensemble elle avait  joint ; Et pourtant vous serez semblable à cette ordure, À cette horrible infection, étoile de mes yeux, soleil de ma nature, Vous mon ange et ma passion !” Charles Baudelaire

Mais, ne nous laissons pas piéger par l’esthétisme de la mort car tout ce que la chair m’enseigne m’abolit sans recours. La chair ne peut à elle seule dicter une philosophie, ne répugne-t-elle pas à l’illusion. ? Ne vient-elle pas, en interprète de nos cendres, contredire à tout moment nos espoirs ?

Alors la mort c’est aussi ce que nous propose Pascal : «Vous avez deux choses à perdre, le vrai et le beau et deux choses à engager, votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude ; et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée en choisissant l’un ou l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte en prenant choix que Dieu est. Estimons les deux cas ; si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc que Dieu est sans hésiter». Ainsi en est-il de ce pari dit ridicule par Prévert.

Un Pascal, un Baudelaire, circonscrivent la mort ; l’un la réduit à nos terreurs physiologiques, l’autre à notre quête du salut. Si la mort écrase l’homme, elle n’en demeure pas moins à l’intérieur de l’humain. Tout à l’opposé, les élisabéthains ou les romantiques allemands en firent un devenir cosmique, un devenir orgiaque, un néant qui vivifie, une force où il s’agit de se retremper et avec laquelle il importe d’entretenir des rapports directs.

Pour le français, ce qui compte ce n’est pas la mort elle-même, mais notre comportement en face de nos semblables, la stratégie des adieux, la contenance  que nous imposent les calculs de notre vanité, l’attitude en un mot. Tout l’art du français est de savoir mourir en public. Saint-Simon ne décrit pas l’agonie de Louis XIV, de Monsieur ou du Régent, mais les scènes de leur agonie. Les habitudes de la cour, le sens de la cérémonie et du faste, tout un peuple en a hérité ; épris qu’il est d’appareil et soucieux d’associer un certain éclat au dernier soupir. Mitterrand, grand prêtre  solitaire de la République, a inauguré son premier septennat dans les fastes d’une visite au tombeau.

L’approche symbolique, les psychodrames de renaissance et de résurrection successifs nous interrogent et nous répondent sur la mort. La Franc-Maçonnerie nous apprend à mourir.

Séduction, l’anti-crâne

Cependant de toutes les réponses à vivre pour apprivoiser la mort, il en est une qui n’est jamais de l’ordre du naturel mais celui de l’artifice, jamais de l’ordre du réel mais de celui du signe et du rituel : la séduction. La séduction représente la maîtrise de l’univers symbolique, alors que le pouvoir ne représente que la maîtrise de l’univers réel. La séduction en tant que stratégie des apparences s’oppose radicalement à l’anatomie comme destin, à la mort en tant que crâne.C’est un processus circulaire réversible de défis, de surenchère de mort symbolique et de renaissance. Il s’agit de produire un simulacre en pleine conscience du jeu et de l’artifice, en mimant et en outrepassant l’effet du réel et en s‘en dessaisissant à travers l’excès même des apparences de ce réel, comme une ironie du trop de réalité. La séduction par le chant, par l’absence, par le regard ou par le fard, par la beauté ou par la monstruosité, par l’éclat, mais aussi par l’échec, par le masque et par la folie, par le sublime, c’est mourir comme réalité et c’est se produire comme symbole, donc comme langage.La séduction est ésotérique et initiatique. La séduction est dans le règne des signes, éprouvant la relation, pour en faire surgir des volumes éthiques, des épaisseurs métaphysiques.La prodigalité de l’être est une des vertus de la séduction.

La mort donne le prix ; elle fixe le sens de ce capital qui est la vie.  Mais ce feu qui consume ne vise pas la cendre, il vise l’énergie dégagée, la royauté de la lumière qui embrase : L’éclat comme mode d’apparition ! L’éclat, en tant que séparé, mais aussi en tant que brillant de son reflet de lumière. Ce que veut la séduction, c’est la métamorphose de l’existence en territoire permettant l’expérimentation pour des myriades d’actualisations, pour du temps au présent animé. La séduction vise l’œuvre ouverte, jamais déterminée, toujours en mouvement. Elle est une philosophie de l’esthétisme, pour l’invention de nouvelles possibilités de vie, pour magnifier l’instant et construire des situations où le débordement de l’être soit manifesté et magnifique. L’existence devenant la trace du signe !

Dans la vielle logique du même et de l’autre, on s’en doute, la séduction est du côté de l’autre ; de la différence, et par une sorte d’effet de retour, elle modifie l’être qui le met en «je». La séduction comme la politesse est aux interstices, aux articulations, dans l’ombre d’un souffle, dans la transparence de l’ineffable ou de l’indicible. Elle scrute le moindre geste, le moindre signe ; elle veut l’extrême clairvoyance dans les domaines les plus exigeants, en finesse. L’ensemble du corps est en jeu, la totalité des sens est convoquée. Il s’agit de voir l’invisible, d’entendre l’inaudible, de percevoir l’infime et de distinguer la multiplicité des variations dont sont capables une lumière, une couleur, un son, une voix. C’est l’art des enquêtes microscopiques par lesquelles il est possible d’aboutir au savoir des intentions de l’autre, du moins à l’idée que l’on se fait, pour une prescience du plaisir d’autrui. C’est d’évidence une relation hédoniste mais aussi eudémoniste. Manquer à l’autre, oublier son plaisir, le négliger, c’est produire à terme sa propre éviction. À ne pas savoir écouter, on s’expose à ne pas être entendu ! L’hédonisme est prévenances manifestes, non dans l’hypothèse et l’illusion, mais dans la pratique et la réalité, même et surtout si la relation s’exprime sur des passerelles de symbolisme.

Séduire, se déduire, non pour se réduire, mais bien pour révéler de nouveaux visages, le sien et celui de l’autre. L’interprétation de l’autre n’est pas seulement la perception de l’autre, mais c’est aussi une constitution de sens en lui donnant un visage, en dévoilant de l’être.

Et ce débordement est une bénédiction, un dit qui est bien à dire, qui dit du bien, qui déploie des modes possibles d’être ; une ouverture sur des avènements, un recommencement. Dans la séduction se mesure la résistance à son propre totalitarisme. C’est un temps où la relation n’est ni une affirmation de soi, ni une saisie de l’autre. C’est le temps de l’expérience de l’altérité comme étrangeté de l’autre, non comme mêmeté, mais comme ipséité et, comme le nomme Lévinas, cela s’appelle caresse et s’oppose à la griffe. Entendre, s’interpeller, se surprendre et s’interroger, invite à une réponse qui doit se situer dans la même dimension que le questionnement : être une question elle-même. Ce n’est pas le dialogue qui fait la relation, mais la relation qui fait le dialogue et la séduction, cette relation-symbole advient comme langage dans cet inter-dit, je dirai plus, comme une éloquence.

La séduction c’est comme une lecture de l’autre, lettre à lettre, et non comme un mot complet ; c’est un « je ne sais ni lire ni écrire », je ne sais qu’épeler structurant lettre à lettre l’espace de la signification. Chaque lettre est un monde, chaque mot un univers. Lire lettre après lettre, c’est comprendre la constitution des choses selon leur essence, c’est saisir le balbutiement du langage qui se crée, qui éclot à la lumière du monde. Lire les mots, c’est s’enfermer dans la totalité, sans avoir parcouru le chemin difficile de l’assemblage d’une lettre à l’autre, sans comprendre le cheminement secret du passage de l’une à l’autre, de la création du sens qui s’ajoute à chaque lettre dans sa relation aux autres. Dans cet entre-deux, le rapport introduit le non-repos, l’inquiétude, la remise en question. Il s’agit d’être ébranlé, mis en échec, débordé, de vibrer à ses limites. C’est le refus de me rendre  maître de la liberté de l’autre pour que, par son libre arbitre, il puisse me reconnaître à son tour. C’est un ternaire qui échappe à la synthèse : un ternaire non pas clos par le définitif comme dans la pensée maïeutique, celle qui présuppose une vérité à découvrir et où thèse et antithèse se confondent dans l’accomplissement du Un de la certitude détenue par Platon. Non, c’est un ternaire ouvert sur la relation elle-même, non pas immanente mais transcendante et qui laisse à chacun, dans la relation, sa capacité réciproque d’être un devenir. Les relations sont alors des incarnations de l’autre inné dans l’autre rencontré, et ce face à face qui ne fait rien pour nous conserver en vie, nous donne cependant le pressentiment de l’éternité; car toute rencontre n’est ni l’initialisation ni le terme du chemin ; elle en est éternellement le milieu.

La séduction c’est comme la parole de Rabbi Nahman de Braslaw : « Il est interdit d’être vieux » ; il est interdit d’être un crâne, achevé et immuable. Alors, la Franc-maçonnerie peut être considérée comme un voyage de vie dans de semblables directions.

Le Coq

Assistant d’Esclépios, le dieu de la médecine, le coq en devient l’un de ses attributs avec le caducée.

Par son chant, le coq chasse la ténèbre et permet au soleil de se lever et de briller. Il incarne l’Initié qui renaît après la mort initiatique de la nuit à la lumière d’une vie nouvelle et purifiée de toutes les souillures.

Jadis, les compagnons bâtisseurs utilisaient le coq pour exorciser leurs constructions. C’est un compagnon qui allait placer le cochet, la girouette en forme de coq, au sommet du clocher des églises à la fin de leur construction. Attesté depuis le début du VIe siècle par saint Eucher, son rôle est de désigner les églises orientées, c’est-à-dire tournées vers l’Orient, le soleil levant, l’Est. Si l’édifice n’est pas tourné vers l’Est pour un motif particulier, le coq est absent du clocher. Il est remplacé, par exemple, par une étoile ou un croissant de lune, ou encore par un globe ou un soleil flamboyant. Ainsi l’étoile indique que l’église a été bâtie dans l’axe d’une étoile fixe ou d’une planète. Aujourd’hui encore, les couvreurs de toit marquent la fin de l’œuvre avec une girouette ou un drapeau.

Présent dans le cabinet de réflexion, veillant dans les ténèbres et annonçant la lumière qui peut surgir à tout moment dans le monde physique et dans le monde spirituel, c’est l’allégorie de la vigilance et de la persévérance, exemples dont l’apprenti doit s’inspirer. On le dit oiseau de Mercure, ce qui justifie sa place dans cet espace alchimique. La présence de ce gallinacée, dont le symbole est celui du vitriol en alchimie, indique que c’est avec l’acide gallique, tiré de la pomme du chêne, qu’il faut nettoyer le sel des alchimistes.

L’abraxas, symbole des gnostiques de l’École d’Alexandrie au IIe siècle, est une chimère à tête de coq, au corps humain et aux jambes serpentiformes (voir l’article À l’abri d’Abraxas)

Quand il est censé évoquer l’esprit gaulois, il n’est plus un symbole mais un emblème.

L’Alectryomancie (ou Alectromancie) est la divination par le moyen du coq, usitée chez les Anciens.

3 Commentaires

  1. Bonjour,
    n’ayant pas et accès à la 1ère planche sur le sujet, je reste sur ma faim, y a-t-il possibilité de l’avoir et par quel canal
    merci
    frat

  2. Les trois articles sur Le Cabinet de Réflexion sont riches d informations et d une grande clarté.
    C est un plaisir de les lire et relire.
    Quelle érudition ! Quel bonheur de nous faire partager tous ces points de vue sur ce lieu où le coeur frissonne et où notre esprit plonge dans le silence …
    Un moment intime où tout commence ….
    Bravo Solange ! Et merci pour ces exposés essentiels pour mieux saisir ce qu il en est de la démarche initiatique !✨

  3. Merci Soeur Solange pour vos planches très intéressantes et nous emmenant sur des réflexions approfondies. C’est un plaisir de vous lire. Et un réel atout pour progresser.

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Solange Sudarskis
Solange Sudarskis
Maître de conférences honoraire, chevalier des Palmes académiques. Initiée au Droit Humain en 1977. Auteur de plusieurs livres maçonniques dont le "Dictionnaire vagabond de la pensée maçonnique", prix littéraire de l'Institut Maçonnique de France 2017, catégorie « Essais et Symbolisme ».

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