jeu 23 mai 2024 - 05:05

À Brest, l’enseignant Grégory Moigne passe le druidisme à la loupe

De notre confrère Le Parisien – Par  Nora Moreau 

Grégory Moigne, enseignant en breton et chercheur à l’Université de Bretagne occidentale (UBO) soutient sa thèse sur le druidisme ce lundi 6 février. C’est aujourd’hui l’ouvrage le plus complet qui existe sur le sujet. Il envisage une publication chez un éditeur.

Cela fait sept ans que le Finistérien Gregory Moigne, 43 ans, professeur d’histoire-géographie en breton, musicien, et personnage impliqué dans les milieux métal et dark-folk, travaille sur le sujet. Le « druidisme », dont le mot même et les pratiques d’apparence obscures, fascinent encore aujourd’hui, est décortiqué et étudié en profondeur dans la thèse de ce chercheur au profil peu banal. Celle-ci est d’ailleurs présentée ce lundi à 13h30, salle Yves Moraud, à la faculté Victor-Ségalen, à Brest (Finistère).

Le druidisme, c’est une forme moderne de spiritualité qui promeut l’harmonie avec la nature. Il est essentiellement présent dans le monde anglo-saxon, en Europe, et particulièrement dans les pays celtes. « On va éviter de faire l’amalgame avec les druides de l’antiquité gauloise, piliers de la société celtiques de cette période, et donc toute association avec des figures populaires comme Panoramix ! », s’amuse le chercheur. Ces personnes, souvent dans un idéal de réflexion personnelle, de croyances et d’humanisme, se retrouvent à l’occasion de cérémonies, dirigées par un druide, en tenues spécifiques qui s’apparentent à des robes. Des cérémonies se déroulant le plus souvent lors des équinoxes, des solstices ou de dates qu’elles ont intégrées à leurs propres calendriers de rites.

Le druidisme, qui est contemporain, est « l’ensemble des usages, pratiques, rites, et croyances des pratiquants d’un paganisme celtique ; ce mouvement se développe depuis trois siècles – il trouve ses racines au début du XVIIIe siècle, à Londres, dans le milieu des intellectuels d’Oxford et de la Franc-Maçonnerie », explique-t-il. Aujourd’hui, ils seraient plus de 200 en Bretagne, mais comme ils peuvent être, selon les groupes, difficiles à répertorier sur Internet, les compter reste compliqué ». En France et en Europe, où ils sont le plus présents, d’autant plus.

Nombreuses études de terrain

« Le druidisme en Bretagne : militantisme celtique, spiritualité païenne et naturalisme holistique », thèse de Grégory Moigne, est une solide étude universitaire de quelque 900 pages (« soit 2,8 km de papier ! »), et le fruit de nombreuses années d’études. « Depuis mon mémoire de Master 2, qui portait déjà sur le druidisme (et plus particulièrement sur le cinquième grand druide de Bretagne, issu de la Gorsedd, plus ancien groupe breton), j’avais envie d’approfondir, poursuit Gregory Moigne. Cette thèse se veut une clé pour comprendre ce qu’était vraiment le druidisme en tant que phénomène culturel, social et religieux ».

Druides, Gorsedd Bretagne.

Aussi raconte-t-il dans cet ouvrage particulièrement riche, les origines et l’histoire complète du mouvement, l’évolution et les pratiques des druidistes jusqu’à nos jours. « Je me suis demandé pourquoi et comment un tel mouvement spirituel est apparu et s’est développé en Bretagne. Je me suis limité à notre région car c’est par là qu’elle est arrivée sur le continent, à la fin du XIXe siècle, après sa naissance au Royaume-Uni ». Concernant la méthode de recherche, Gregory Moigne a beaucoup bougé, et fait beaucoup de d’études de terrain, parfois participatives (à des cérémonies officielles, notamment).

Gorsedd des Bardes, 1907.

« J’ai pu rencontrer de la sorte la Gorsedd, en Bretagne, et d’autres groupes régionaux, moins connus, et j’ai eu la chance de pouvoir aussi aller au Pays de Galles pour rencontrer l’Archidruide de Galles lors de fêtes traditionnelles. J’ai également pu assister à une cérémonie du Chief Druid, en Angleterre, qui préside le Druid Order – le plus ancien groupe druidique à ce jour. J’ai même passé une journée avec lui ! ». Pour la recherche pure, Gregory a également eu accès aux archives du Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC), à Brest, à des archives à l’étranger comme à l’université de Dublin, ou du Pays de Galles, mais aussi à des fonds privés.

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