jeu 26 janvier 2023 - 22:01

19/01/23 : Timqet, l’Éthiopie et l’Arche d’alliance…

Une fois de plus, nous souhaitons vous faire découvrir des usages du bout du monde. Où la tradition, cultures ou religions de certains pays font échos aux Maçons que nous sommes…

Trumeau aux attributs maçonniques – détail –, école bordelaise de la fin du XVIIIe siècle. Une douzaine d’exemplaires similaires sont répertoriés dont un au musée de la franc-maçonnerie (musée de France) au siège Grand Orient de France.

Histoire, culture, spiritualité, tels sont nos leitmotivs ! Partager et transmettre, « Voilà mes plaisirs », reprenant à mon compte la phrase du célèbre trumeau maçonnique, œuvre anonyme de la région du Bordelais ou de la Saintonge, un polychrome de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle évoquant les plaisirs de la vie du Franc-Maçon dont l’appartenance à l’Ordre est affirmée par la symbolique maçonnique présente dans la peinture !

Célébration de Timqet à Gonder

Timqet est une célébration religieuse qui signifie célébration du baptême de Jésus. Dans le calendrier éthiopien, elle a lieu le 10 Terr, soit le 19 janvier.

Timqet (amharique : ጥምቀት, français : baptême) est la célébration éthiopienne orthodoxe à la fois du baptême de Jésus dans le Jourdain et de l’Épiphanie.

Elle a lieu le 19 janvier (le 20 pour les années bissextiles). La fête est connue pour sa reconstitution rituelle du baptême (similaire aux reconstitutions de nombreux pèlerins chrétiens en Terre sainte lorsqu’ils se rendent au Jourdain).

Les premiers Européens ayant assisté à ces reconstitutions en Éthiopie firent une confusion avec le véritable baptême et utilisèrent cela comme une preuve d’erreur religieuse puisque les chrétiens croient en « un seul baptême pour la rémission des péchés ».

Ferveur populaire – Épiphanie éthiopienne.

Dixit le Symbole de Nicée, une profession de foi commune aux trois grandes confessions chrétiennes, le catholicisme, l’orthodoxie et le protestantisme et élaborée au cours du Ier concile de Nicée, en 325, réuni par l’empereur Constantin Ier. En langage chrétien, la rémission désigne le pardon.

L’Arche d’alliance au regard de tous, ou presque

L’Arche d’alliance de la chapelle de l’Adoration (Église Saint-Roch, Paris Ier), détail.

Timqet est une des cérémonies durant laquelle les tabots, répliques de l’Arche de l’alliance (en hébreu אֲרוֹן הָעֵדוּת, Aron ha’Edout, « Arche du témoignage »), sont retirés des églises pour être vus par la foule, des tissus sont toutefois enroulés autour. Pendant la procession, qui a lieu la veille, les prêtres, vêtus de costumes colorés, portent les tabots sur leur tête pour les amener vers le bord d’un cours ou d’une étendue d’eau.

Prêtre portant un tabot durant la cérémonie à Gondar.

Vers deux heures du matin, la Divine Liturgie y est célébrée. Vers l’aube, le jour de la fête, l’eau est bénie et la foule est arrosée, certaines personnes entrent entièrement dans l’eau afin de symboliquement renouveler leurs vœux de baptême. Vers midi, les tabots retournent vers les églises, à nouveau durant une procession colorée pendant laquelle les prêtres ainsi que les participants chantent et dansent. Les familles retournent ensuite au domicile pour continuer les célébrations.

Bas-relief d’un autel de la cathédrale d’Auch (France), représentant le transport de l’Arche d’alliance.

En savoir plus sur les tabots

Selon la tradition éthiopienne, l’Arche d’alliance est conservée dans une chapelle en Ethiopie. L’Arche d’alliance est nommée le « Tabot sacré ».

La Reine de Saba devant Salomon, par Pietro da Cortona, palais Mattei di Giove, Rome.

La reine de Saba, souveraine de l’Ethiopie, s’est retrouvée enceinte par le roi Salomon qui possédait l’Arche. Azarias, fils de Zadok, grand prêtre du Temple a dérobé l’Arche et l’a amené en Éthiopie ou le prince Ménélik* a décidé de la conserver.

Selon les Falashas (« juifs noirs » d’Ethiopie, adhérents à des anciennes coutumes depuis longtemps abandonnés ailleurs), Salomon a eu un fils avec la reine de Saba (nommé Ménélik) et un avec sa servante. Le demi-frère de Ménélik a fondé la dynastie des rois Falashas – nombreuses sont les singularités prêtées aux Falachas, une population entourée de mystère quant à son appellation, son identification, ses croyances et son origine.

Le roi David portant l’Arche d’alliance à Jérusalem. Tableau de Domenico Gargiulo, Musée des beaux-arts Pouchkine, Moscou.

Les « tabots » sont des copies de l’Arche d’alliance. Il y a un tabot dans chaque église en Ethiopie.

« C’est une tradition fort curieuse et, autant que je le sache, sans précédent dans aucune autre branche de la chrétienté. ». Mais l’aspect physique des tabots est différents de celui décrit dans la Bible.

L’Arche d’alliance contient les Sifrei Thora.

Le Professeur Edward Ullendorff (1920-2011), professeur spécialisé sur l’Éthiopie à l’université d’Oxford et membre de l’académie britannique, écrivait : « L’Arche originale est censée se trouver à Aksoum (en Éthiopie). Toutes les autres églises n’en peuvent posséder que des répliques. Dans la plupart, ce ne sont pas des copies de l’Arche mais seulement de son contenu supposé,

Représentation de l’Arche à Beit Bialik, Tel Aviv.

c’est-à-dire les tables de la Loi. Autrement dit, la description de ces tables de bois ou de pierre désignées sous le nom de tabotat est seulement, par le biais de la partie pour le tout, une manière de désigner ce que l’Arche d’alliance recèle de plus important, à savoir les tables de la Loi. »

Solomon and Sheba, en français Salomon et la Reine de Saba, (1959) film réalisé par King Vidor avec Yul Brynner et Gina Lollobrigida.
 

*Menelik Ier ou Ebnä Hakim ou encore Ibn al-Hakim (« le fils du sage ») est le premier empereur légendaire d’Éthiopie ainsi que le premier roi de la dynastie salomonide. D’après la tradition rapportée par le Kebra Nagast, il est le fils de la reine de Saba – aussi appelée « Makada » -, et du roi Salomon.

Sources : Wikipédia ; https://veritas-europe.com/arche-d-alliance/ ; Wikimedia Commons

La Reine de Saba chez Salomon (2015) de Hocine Ziani.
Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Retraité, Yonnel Ghernaouti a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du compagnon de l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire et membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour « La Chaîne d’Union », revue trimestrielle d'études maçonniques, philosophiques et symboliques du Grand Orient de France. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en est le Commissaire général.

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