mar 28 juin 2022 - 05:06

29/05/22 : Fête des Mères. Nous honorons aussi les femmes de lettres

Savez-vous d’où vient cette tradition ?

Cette célébration aurait vu le jour à l’époque de la Grèce antique. Chaque printemps, les Grecs avaient ainsi pris pour habitude de vénérer la déesse Rhéa (ou Cybèle), la mère des Dieux.

Mais ce n’est que bien plus tard, en 1907, et aux États-Unis, que la fête des Mères est devenue une véritable tradition. Comment ? Grâce à Anna Marie Jarvis qui décida de faire campagne pour lancer une journée spéciale dédiée aux mères, afin de rendre hommage à sa maman décédée deux ans auparavant. Très vite, l’engouement se fait sentir autour de ce « Mother’s day ». Aussi, en 1914, le président Woodrow Wilson désigne cette fête comme jour férié national.

Et en France alors ?

Si l’idée d’organiser une journée dédiée aux mères est évoquée par Napoléon en 1806, la fête des Mères française voit véritablement le jour en 1906 en Isère. C’est ici, le 10 juin, que le village d’Artas organise la première cérémonie en l’honneur de mères de familles nombreuses.

Femmes de lettres françaises
Femmes de lettres françaises

Alors que la ville de Lyon organise à son tour en 1918 une journée rendant hommage aux mères et épouses ayant perdu leurs fils et/ou mari durant la Première Guerre mondiale, la journée des mères est officialisée le 20 avril 1926, tandis que le Maréchal Pétain institue officiellement la « Journée nationale des mères » le 25 mai 1941 dans le cadre de sa politique nataliste.

La fête des Mères s’inscrit définitivement dans la loi du 24 mai 1950 qui précise que « la République française rend officiellement hommage chaque année aux mères françaises ».

On rappelle que de nombreux autres pays célèbrent également les mères, mais les dates ne sont pas forcément identiques – par exemple, en Angleterre en mars ; en Norvège en février ; en Yougoslavie en décembre.

En ce dimanche 29 mai 2022, jour de la Fête des Mères, nous souhaitons rendre hommage à toutes les mamans, à toutes les femmes, à toutes nos Sœurs, mais aussi à toutes les femmes de lettres.

Et ce, à travers le hors-série de Lire Magazine Littéraire intitulé « Femmes de lettres françaises »

La présentation de l’éditeur : Lire Magazine Littéraire met à l’honneur 7 autrices emblématiques de la littérature française dans un mook regroupant 200 pages d’archives inaccessibles du magazine !

Redécouvrez les entretiens, documents et dossiers enrichissants qui vous redonneront envie de vous plonger dans les livres de ces écrivaines majeures.

Sommaire : Simone de Beauvoir/Colette/Marguerite Duras/Madame de La Fayette/Françoise Sagan/George Sand/Marguerite Yourcenar

Un numéro disponible chez votre marchand de journaux et/ou chez votre libraire préféré.

Les illustrations sont sous ©Gisèle Murias

[NDLR : Lire Magazine Littéraire a pour devise « La passion des livres et des écrivains ! ». C’est exactement le message que nous souhaitons transmettre. Pour ce hors-série, le magazine reprend des documents d’archives de Lire et de Magazine littéraire, déclare dans son éditorial Baptiste Liger, Directeur de la rédaction chez Lire Magazine littéraire.

George Sand

En tant que Maçon, nous avons une pensée toute particulière pour George Sand (1804-1876) que certains décrivent, tels nos Sœurs et Frères de la Fédération française du DROIT HUMAIN comme une visionnaire de la franc-maçonnerie mixte.

La romancière George Sand a, au cours de sa vie, croisé la Franc-Maçonnerie, et, pendant un temps, s’en est, on peut dire, entichée. Bien sûr elle ne pouvait, alors, être initiée. Mais elle a beaucoup lu, beaucoup parlé aussi avec des Maçons,

Pierre-Henri Leroux

dont son ami Pierre-Henri Leroux (1797-1871), éditeur, philosophe, homme politique et théoricien du socialisme. Il fut initié en 1848 au sein de la Loge Les Artistes Réunis, à l’Orient de Limoges et fut aussi membre de la Loge Les Droits de l’Homme à l’Orient de Grasse.

George Sand est une précurseure visionnaire qui a imaginé, bien avant l’heure, un Ordre maçonnique mixte et international !

Rappelons que depuis 1893, l’Ordre Maçonnique International LE DROIT HUMAIN initie des femmes et des hommes en toute égalité, et sur tous les

continents et qu’il est fort aujourd’hui de 30 000 Sœurs et Frères, répartis dans plus de 60 pays. Pour ces femmes et ces hommes, un idéal commun : rendre le monde plus beau et plus fraternel.

Quant à notre écrivaine, c’est dans le troisième volume de son roman Consuelo : La comtesse de Rudolstadt qu’elle exprime l’idée d’une évolution de la Franc-Maçonnerie.

Le roman raconte les aventures de Consuelo, veuve d’Albert de Rudolstadt, cantatrice à Berlin, puis emprisonnée pour avoir refusé de trahir à Fréderic de Prusse les confidences de sa sœur la princesse Amélie, et permet au lecteur de rencontrer beaucoup de figures historiques, en commençant par Voltaire. Un roman qui espère aussi les espoirs de George Sand quant à une réforme de la société.

L’héroïne, la cantatrice Consuelo, épouse du comte Albert de Rudolstadt, est contactée par une société secrète de type maçonnique, Les Invisibles, dont le Grand Maître (le nom n’est pas dévoilé par George Sand) est une Polonaise, Wanda, Consuelo étant elle-même italienne et son mari d’Europe centrale. Enquêtée par Wanda masquée, puis initiée après des épreuves plus réalistes que symboliques, Consuelo est admise dans l’ordre. Elle y retrouve le Chevalier d’Eon, le comte de Saint-Germain, mais aussi d’autres initiés des Lumières : le libraire de Berlin Nicolaï, membre de l’ordre des Illuminés ou le musicien Schubart, membre, lui, de la Stricte Observance Templière et bien d’autres personnages réels de l’Europe des Lumières.

Le récit de l’initiation de Consuelo peut paraître un brin fantaisiste, les développements de George sur l’ordre des Invisibles un brin échevelés, le tout étant enveloppé dans des décors, des costumes et des rites où tout se mélange un peu, il n’empêche : l’Ordre des Invisibles est mixte, international, il travaille pour le progrès de l’humanité et le temple où Consuelo est admise porte, sur son fronton, la devise Liberté, Égalité, Fraternité.

George Sand, qui a toujours plaidé pour la liberté des femmes (elle a été un excellent exemple de femme libre) ne pouvait que rêver d’une maçonnerie mixte. La fiction accomplit ce que ne peut le réel : laboratoire d’idées républicaines, volonté d’émancipation de la femme, au gré de rencontres porteuses des idéaux de l’auteur.

Un autre indice avec sa proximité avec les société initiatique

De plus, cette société initiatique, véritable école de vie et de formation professionnelle exigeante qu’est le compagnonnage, synonyme d’amour du métier, de « belle ouvrage », de rigueur morale et professionnelle n’est-il pas nommé par George Sand de chevalerie ouvrière ?

Nous en voulons aussi pour preuve son roman Le compagnon du Tour de France (l’édition originale 1840) à lire en ligne https://bit.ly/3LOAo3Z

Et cependant, ce roman socialiste, qui doit beaucoup aux idées de l’utopiste Pierre-Henri Leroux et au Livre du compagnonnage d’Agricol Perdiguier, est celui de l’espérance. L’auteure aborde la question sociale en défendant les ouvriers et les pauvres, mais aussi avec Mauprat (1837) et Le Meunier d’Angibault (1845) imagine une société sans classes et sans conflit .

L’illustratrice Gisèle Murias est basée à Madrid, en Espagne. Elle aime faire des illustrations aux couleurs vibrantes qui excitent, des formes simples, vives et spontanées.

Gisèle Murias

Son talent a été maintes fois récompensé en tant que finaliste de la Foire du livre jeunesse de Bologne 2022, du Concours d’Illustration « Dulce » La Tolosana 2021, du Concours d’Illustration Amanuta 2021 et en tant que gagnante de la bourse Domestika 2021.

De plus, avec chaque chapitre, un QR code permet d’accéder à la plateforme « ausha » et d’écouter le podcast de Lire Magazine Littéraire sur l’auteure concernée.

Par ailleurs, nous nous invitons, si tel est votre désir à consulter le site de la BnF sur « Femmes de lettres » https://www.bnf.fr/fr/femmes-de-lettres, ainsi que « Le Dictionnaire universel des créatrices ».

Femmes de lettres françaises

Collectif – Lire Magazine Littéraire, Hors-Série, Avril-Mai 2022, 194 pages, 19 €

Sources : Sortir à Paris ; LE DROIT HUMAIN]

Yonnel Ghernaouti
Membre de la Respectable Loge « Le Centre des Amis » N° 1 et du Collège de la Loge Nationale de Recherche « Villard de Honnecourt » N° 81 de la Grande Loge Nationale Française, Yonnel Ghernaouti est chroniqueur littéraire. Dans le cadre de la culture et de la communication, il met en œuvre et collabore à l'organisation de salons maçonniques – notamment celui des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon en qualité de Commissaire général - et à la ligne éditoriale de réseaux sociaux. Membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il coopère également à de nombreux ouvrages maçonniques.

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1 COMMENTAIRE

  1. En Angleterre, vers 1600, on a fêté pour la première fois les mères de famille. Le jour s’appelait «Mothering Sunday» et, ce jour-là, les personnes qui travaillaient comme domestiques dans des familles avaient le droit, à cette occasion, de retourner voir leur mère.

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