ven 02 décembre 2022 - 20:12

Le regard médical peut-il aider à réformer la franc-maçonnerie ?

C’est une lapalissade de constater que la franc-maçonnerie ne se porte pas très bien.

Théoriquement, la loge maçonnique œuvre pour une fraternité universelle fondée sur le respect mutuel, la recherche de la perfection et le respect de hautes valeurs morales. C’est ainsi que la franc-maçonnerie devrait naître, se développer et se répandre dans le monde !

Le problème c’est que cela ne se passe pas tout à fait comme cela !

Résumons les différentes caractéristiques de ce mal être :

  • Le fonctionnement des loges maçonniques est incapable d’éviter les conflits interpersonnels qui polluent les travaux maçonniques ;
  • L’ambition de faire des loges maçonniques et des obédiences des think tank capables d’élaborer des idées nouvelles pour un mieux vivre sociétal se révèle un vœu pieux !
  • La lecture mystique des rituels maçonniques n’intéresse qu’une minorité de sœurs et de frères qui semblent se complaire dans une approche à connotation délirante.
  • Le fonctionnement des obédiences secrète la constitution d’un groupe intermédiaire pervers de femmes et d’hommes de « cour » plus intéressés par les plaisirs de la cordonite que par un bon fonctionnement qui profiterait à tous.
  • Le fonctionnement des loges semble incapable de s’adapter à l’exigence d’une réelle prise en compte de la féminité !
  • Quelle que soit l’obédience, des sœurs et des frères en arrivent à se lasser de tant de contresens et d’abandonner leur engagement.
  • La franc-maçonnerie suscite une activité économique avec de manifestes conflits d’intérêt qui bénéficient d’une omerta problématique.
  • Les francs-maçons sont divisés du fait de relations inter-obédientielles exécrables et concurrentielles.
Au total, si le projet maçonnique apparaît comme riche de potentialités, sa mise en œuvre suscite l’insatisfaction.

Tout se passe comme si, au-delà des personnalités des uns et des autres, le fonctionnement de la structure était incapable de trouver en elle-même la capacité de réaliser les objectifs affichés.

Que faire ?

La démarche de bon sens serait que les responsables obédientiels décident de convenir d’échanges sincères en vue de l’élaboration de modifications de fonctionnement sans culpabiliser personne et dans l’intérêt de tous !

Manifestement cette méthode de bon sens ne semble pas intéresser nos conseils de l’ordre !

L’autosatisfaction, le déni et l’irresponsabilité semblent interdire toute volonté de résoudre les problèmes vécus !

Si on voulait faire une comparaison médicale, on pourrait dire que tout se passe comme si on était face à un patient qui développe une pathologie pour laquelle le médecin propose une stratégie thérapeutique que le patient refuse de suivre !

Toute association, toute structure, est sous la responsabilité légale de ses dirigeants ! Si ceux-ci se révèlent incapables de trouver des solutions, mais restent en place, l’association continue son existence en « gérant les affaires courantes » ; les membre n’y croient plus beaucoup mais on fait comme si.

Dans les soins aux patients, le refus de soin n’est pas rare !

 « Il faut bien mourir de quelque chose ! »

« Je vais guérir, je n’ai pas besoin de vous ! ».

 Il y a aussi la peur des traitements : « Je ne supporterai pas ! » « Ce sont des poisons chimiques ! »

Face à cette situation de refus de soin, le praticien ne peut qu’accepter ; par définition, soigner suppose l’accord du patient ; nous ne sommes plus à l’époque où on imposait des soins contre son gré à des malades ! Quoi que …. Il existe encore des situations en particulier en milieu psychiatrique où les médecins sont autorisés à utiliser la force…. à la limite de la barbarie ?

Donc dans les cas les plus fréquents, le praticien accepte de faire une pause dans son désir de convaincre et selon les cas, il arrive que cela favorise une discussion plus respectueuse des points de vue !

Il faut expliquer en quoi devrait consister le traitement, rassurer quant à la prise en charge de la douleur et démontrer que seul le traitement pourra éviter une évolution dramatique.

Parfois, il arrive que ces échanges produisent un effet et qu’un accord de soin devienne envisageable !

Et par rapport à la franc-maçonnerie ?

La situation est comparable ! Il est inutile de dénoncer, condamner, infantiliser ! Mieux vaut faire une pause !

Pourquoi ne pas imaginer dans chaque obédience, un comité des sages qui n’aurait aucun pouvoir mais qui serait autorisé à réfléchir sur le fonctionnement de l’obédience et d’échanger avec tout le monde ?

Peut-être que ce comité des sages pourrait faire office du médecin qui propose des voies de guérison !

Pour que le comité des sages joue son rôle, il serait nécessaire qu’il rassemble un faible nombre de personnes avec un chiffre pair : dix me semblerait bien ! La parité s’imposerait pour les obédiences mixtes.

Les membres de ce comité des sages seraient tirés au sort une fois par an (à l’occasion du convent par exemple) parmi les membres de l’obédience, apprenti-e-s compris-es, pour une période d’un an non renouvelable.

Le comité des sages serait libre de fonctionner comme ses membres l’entendent :

  • Choix d’un responsable ou d’un binôme,
  • Fréquence des réunions et des audiences
  • Compte-rendu des travaux.
  • L’efficacité de leur action serait proportionnelle à leur capacité à favoriser l’émergence de solutions les plus consensuelles possibles.

Dépourvu du tralala représentatif, ce comité des sages pourrait rendre ses conclusions au convent de l’année suivante ; lesquelles pourraient être soumises au vote des délégués des loges avec effet immédiat.

Simplicité, authenticité, rapidité, permettraient peut-être d’améliorer la mise en œuvre de cette fraternité universelle que l’on recherche tant et qui peine à se réaliser !

Alain Bréant
Alain Bréant
Médecin généraliste, orientation homéopathie acupuncture initié en 1979 dans la loge "La Voie Initiatique Universelle", à l'orient d'Orléans, du GODF Actuellement membre de la RL "Blaise Diagne" à l'orient de Dakar - GODF Auteur sous le pseudonyme de Matéo Simoita de : - "L'idéal maçonnique revisité - 1717- 2017" - Editions de l'oiseau - 2017 - "La loge maçonnique" - avec la participation de YaKaYaKa, dessinateur - Editions Hermésia - 2018 - "Emotions maçonniques " - Poèmes maçonniques à l'aune du Yi King - Editions Edilivre - 2021

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