ven 09 décembre 2022 - 16:12

Y a-t-il une intention dans l’Univers ?

En posant cette question, en termes de raisonnement humain, nous postulons que le cosmos, et nous avec, serions régis par une Intelligence supérieure. Allez savoir ! Mais, dans les limites de notre propre intelligence, nous devons être conscients que dès lors, même derrière le point d’interrogation, notre langage formule déjà une croyance : à savoir que la logique de notre raison coïnciderait avec la logique de l’Univers et de son Grand Architecte. Entité révélée ou symbolique…

Or la logique de la raison humaine est basée elle-même sur ce qui lui semble être le réel. Dès lors, nous comparons ce réel à ce que nous croyons être le réel de l’Univers ! Mais le réel, c’est quoi ? La réalité ? La véracité ? La vérité ? « Le réel, c’est quand on se cogne » dit Jacques Lacan. Nos sens informent-t-ils vraiment chacun de nous avec exactitude ? L’étoile brille dans le ciel, la rose embaume le jardin : nous savons comment, pas pourquoi ! Seul le poète peut répondre ici ! De la sorte, sans même faire intervenir Dieu (« l’hypothèse Dieu » est à l’évidence commode puisqu’elle solutionne tout : c’est l’arme du « créationnisme » contre le « darwinisme »), on voit bien que nous ne cessons d’être dans ce que les philosophes appellent le « Croire ». Et ce « Croire » butte lui-même sur ces deux notions essentielles qui conservent tout leur mystère, malgré les travaux d’Einstein : L’espace et le temps !

L’homme a inventé la durée, certes, mais celle-ci n’apporte pas grand chose en matière de réflexion sur le sens : comment penser avec cette durée, en lilliputiens éphémères que nous sommes, la dimension du temps, spécifique à l’Univers ?! Nous retombons donc sans cesse dans l’hypothèse, donc dans le « Croire ». Mais ce « croire » est toutefois en lui-même précieux pour notre petit cerveau. C’est notre « consolatum », car il nous permet, disent les savants concernés, « de combler ce que notre biologie ne peut pas saisir en termes de compréhension intellectuelle ». A mon humble niveau d’homo sapiens, j’oserai une espiègle métaphore en arguant que – à défaut de Dieu pour les mécréants ou ceux qui doutent – nous disposons en nous de trois déesses laborieuses : la raison, l’imagination et l’intuition. Elles s’y chamaillent sans cesse, mais c’est bien leurs incessantes et subtiles oppositions, qui nous permettent de penser et de parler, d’agir et d’aimer. Donc de vivre notre vie d’Homme. La raison nous fait croire que nous sommes intelligents ; l’imagination nous fait croire aux mythes par nous inventés (dont Dieu !) ; l’intuition nous fait croire que nous comprenons l’Univers. Et c’est avec ces « croire » que nous réalisons notre parcours individuel et collectif. Parce que croire, c’est aussi rêver. Alors, tâchons d’être heureux, seuls et ensemble, pendant notre court passage sur notre belle planète bleue !

Gilbert Garibal
Gilbert Garibal
Gilbert Garibal, docteur en philosophie, psychosociologue et psychanalyste, est spécialisé dans l'écriture d'ouvrages pratiques sur le développement personnel et les faits de société ( parus, entre autres, chez Marabout, Hachette, De Vecchi, Dangles, Dervy, Grancher, Numérilivre-Bords de Seine), Il a écrit une trentaine d'ouvrages dont voici les principaux : - Turbulences initiatiques - (2018) - Editions Numérilivre - Bords de Seine - Le rite écossais ancien et accepté, 33 degrés de sagesse pratique (2018) - Editions Numérilivre - Bords de Seine - Approfondir l'art royal ) (2017) - Edition Numérilivre - Bords de Seine - Comprendre et vivre les hauts grades maçonniques - Tome 1 et 2 - 1er au 33ème degré (2015 - 2016) - Editions Numérilivre - Bords de Seine - Plancher, et après ? (2014) - Edition Numérilivre - Bords de Seine - Voyage en franc-maçonnerie (2010) - Editions de Vecchi - Vers une nouvelle franc-maçonnerie (2010) - Editions Dervy - Au cœur de la franc-maçonnerie (2009) - Editions Numérilivre - Francs-maçons et franc-maçonnes d'aujourd'hui (2006) - ABC de la franc-maçonnerie (2005) - Editions Grancher) - Bénévolat, mode d'emploi (2004) - Editions Numérilivre- Editions des Bords de Seine - Ombres et lumières sur la franc-maçonnerie (2004) - Editions Dervy - Emile Coué - L’homme, le pharmacien, le psychothérapeute (2002) - Edition Numérilivre - Bords de Seine - En finir avec le trac (2001 - Edition Numérilivre - Bords de Seine - Sigmund Freud. L'homme, le médecin, le psychanalyste (2001) - Editions Numérilivre- Edition des Bords de Seine - Guide du bénévolat et du volontariat (1998) - Editions Numérilivre - Bords de Seine - Vers la confiance en vous (1997) - Editions Dangles - La méthode Coué (1999) - L'homme, le pharmacien, le psychothérapeute - Editions Numérilivre - Bords de Seine - Le guide des sciences parallèles (1997) - Editions Numérilivre - Bords de Seine - Vaincre le stress et le trac (1996) - Editions Hachette - La voyance, guide pratique (1994 - Editions de Vecchi - Être franc-maçon aujourd'hui (1994) - Editions Marabout

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2 Commentaires

  1. Merci cher frère Gilbert pour ce parfait panorama de nos errances spirituelles ! Marc Halévy, qui participa à ce webzine à ses débuts, se dit dans ses livres très tenté de voir une intention dans l’univers. Son passé de physicien lui a fait considérer les durées pour que l’univers passe progressivement de la soupe énergétique post-Big Bang à la vie intelligente d’aujourd’hui. Certaines étapes semblent nécessiter le passage par le hasard pour se faire, et le hasard est souvent lent, aussi les 14 milliards d’années semblent trop courts sans l’intervention d’une intention. Mais comment ne pas déceler une « envie d’intention » ? La découverte des réactions de catalyse n’est qu’un exemple de fantastiques raccourcis que la nature intègre, impensables jusqu’à leur découverte. Qui dit science dit révision possiblement nécessaire, avec toutes les conséquences, à chaque nouvelle découverte !

  2. La question est récurrente. D’importance ? oui pour une satisfaction intellectuelle. Peut-être quelques angles de départ différents.
    Les gens parlent du « Croire » en pensant apparemment à Dieu. Mais ne pensent-ils pas plutôt « croire en une intervention divine » ? (voir prières, supplications etc…) Personne ne peut concevoir ce qu’est Dieu. On ne peut qu’observer et réfléchir.
    On constate que l’Univers est en homéostasie (de même que la vie au niveau de l’espèce), et si Homéostasie il y a, projet il y a et donc « Directeur de projet ».
    Y’a-t-il intention ? si Homéostasie il y a, toutes les chances qu’intention il y a !
    La Terre est l’une des rares planètes (sinon la seule) à avoir l’axe de sa rotation (24h), penché par rapport au plan de sa révolution autour du soleil (une année) -c’est ce qui permet les saisons-.
    L’eau se rétrécit en refroidissant (comme toute chose et les liquides) MAIS à 4° ça change et, pendant que l’on continue à la refroidir, l’eau se dilate ! et 2 ou 3° plus bas elle recommence à rétrécir. Cette petite particularité fait que la glace (eau congelée) flotte sur l’eau ! Heureusement, sinon le fond des océans serait gelé et… il n’y aurait pas de vie sous-marine. Projet ? intention ?
    En examinant le champ de l’anatomie fonctionnelle, là aussi difficile de ne pas penser à l’Homéostasie.
    Mais si intention d’un Directeur de projet il y a, ça ne signifie pas encore (loin de là) qu’Intervention Divine (du Directeur) il y a…
    Le concept « d’intervention divine » n’est que le fonds de commerce des religions. (impossible à démontrer donc modulable et transformable à souhait)
    Et Darwin ? « l’Évolution des espèces » et « la Sélection naturelle » les 2 piliers du darwinisme ont commencé, il y a un certain temps déjà, à prendre l’eau (voir le pavé de Stephen GOULD -l’Equilibre Ponctué-). Une lecture erronée des fossiles a fait croire à Darwin que l’évolution se faisait en continu. Une lecture plus moderne et précise de ces fossiles a montré que l’évolution s’est faite par saut de milliers -voire millions- d’années. Quant à l’ « Évolution » d’une espèce à l’autre, Toumay, Lucy et les autres sont trop peu nombreux pour permettre des conclusions tranchantes…
    La sélection naturelle ne favorise pas exactement « les plus aptes ». Dinosaures et mammouths ne sont plus là or que lézards et autres caméléons courent toujours…
    Intention y’a-t-il ? Oui ou non qu’est-ce que ça change ?
    Haim Cohen

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