ven 02 décembre 2022 - 03:12

Sophia du Désir – La voie interne de Saint-Martin

Suivi de la reproduction intégrale du Documents martinistes n° 14

Sagi Nahor – Préface de Serge Caillet

Les Éditions de la Tarente, 2021, 184 pages, 21 €

Présentation de l’éditeur :

Après avoir quitté l’Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l’Univers, Louis-Claude de Saint- Martin (1743 – 1803) réunit quelques intimes pour leur prodiguer sous la forme de conférences particulières l’enseignement, théorique et pratique sur la « grande affaire » humaine qui est la « Réintégration des êtres dans leur première propriété, vertu et puissance spirituelle divine ».

Sous le hiéronyme « Le Philosophe Inconnu », il publia de nombreux ouvrages, tentant d’éveiller chez ses lecteurs le Désir, désir de Dieu et de Sa Sagesse : Sophia.

Pour y parvenir, Louis-Claude de Saint-Martin proposa une voie directe, dépouillée de tout merveilleux et de tout fantastique, une voie interne. Cette voie interne est dite aussi « cardiaque » depuis que Papus (1865 – 1916) créa l’Ordre Martiniste pour perpétuer cet enseignement, ce cheminement d’esprit, dans l’Esprit.

Philosophique, théosophique, mystique et initiatique, le Martinisme, aujourd’hui polymorphe, continue à éveiller ce saint Désir pour en révéler la sagesse : la Sophia du Désir.

Biographie de l’auteur :

Né en 1962 dans le Lyonnais, Sagi Nahor s’intéresse très tôt aux traditions occidentales et principalement au judéo-christianisme sous ses aspects théologique, mystique, symbolique et initiatique. Il découvre l’œuvre de Louis-Claude de Saint-Martin en 1979 et s’engage dans la carrière des hommes de Désir en 1984. En 2006, il fonde en Avignon la loge martiniste Maharba en hommage à Robert Amadou.

[NDLR : Quand nous pensons Sagi Nahor, nous pensons immédiatement à Isaac l’Aveugle, dit « le Pieux » (1160-1235), l’un des plus grands kabbalistes juifs. Vous l’avez compris, Sagi Nahor est le nomen mysticum de l’auteur qui écrit sous pseudonyme nous livrant tout de même une photo avec sa biographie.

Sagi Nahor

Rappelons aussi que pour tout martiniste le nom de Maharba, anagramme d’Abraham, est la signature pseudonyme de Robert Amadou (1924-2006), écrivain qui a joué un rôle important dans la diffusion de la parapsychologie en France et surtout dans l’étude de l’ésotérisme (Franc-Maçonnerie, martinisme, soufisme, etc.). Aussi connu, dans les milieux autorisés, pour sa publication, en 1969 dans « Le Symbolisme » (n° 391, d’octobre décembre 1969), sous ce pseudo de son célèbre « À propos du Régime Écossais Rectifié et de la Grande Profession ». Une première levée du voile sur cette classe secrète du Régime rectifié…

Sagi Nahor est l’auteur chez lulu.com – réseau d’impression à la demande -, en 2017, de « LA RÉHABILITATION DE L’HOMME-ESPRIT », préfacé par Rémi Boyer et, en 2012 déjà, de « SOPHIA DU DÉSIR – La voie interne de Saint-Martin », préfacé par Serge Caillet, élève et collaborateur de Robert Amadou, historien spécialisé dans l’étude des sociétés initiatiques modernes.

Cette préface s’offre à nous comme une confidence, une tranche de vie où, à vingt ans, Serge Caillet rencontre l’Ordre Martiniste Traditionnel (OMT) et Sagi Nahor. Rappelons que l’OMT perpétue un ésotérisme lié à la mystique judéo-chrétienne, souvent présenté comme une « voie cardiaque », privilégiant la quête initiatique. Ils abordent ensuite ce qu’il appelle « Le dépôt de Papus », nous contant comment le martinisme s’est développée au cours du siècle dernier…. Non sans l’avoir défini au préalable. Ce courant du christianisme ésotérique et du mysticisme judéo-chrétien qui se réclame des doctrines de Martinez de Pasqually (martinésisme) et de Louis-Claude de Saint-Martin (martinisme) « Le plus instruit, le plus sage et le plus élégant des théosophes modernes », qui concerne la chute du premier homme – Adam, premier homme à avoir été créé par Dieu lors du sixième jour de la Création à partir de la poussière de la terre qu’il façonna à son image, avant de l’animer de son souffle – , son état de privation matérielle de sa source divine, et son

« illumination ».

Puis l’avant-propos nous précise il s’agit d’un recueil de textes de « conférences particulières » selon l’expression chère au Philosophe Inconnu. L’auteur s’est employé à réactualiser l’idée en l’adaptant aux formes contemporaines. Sagi Nahor inclut aussi dans sa démarche le Régime Écossais Rectifié par le fait que son créateur Jean-Baptiste Willermoz fut aussi un disciple de Martinès de Pasqually.

L’ouvrage permet de découvrir sous différents chapitres – la Voie Saint-Martinienne, l’Âme, l’Esprit, la prière, le Lieu du Cœur, les Noces Sophiques, le Martinisme contemporain, « une école de chevalerie morale » selon Papus, l’action – en quelque sorte les rituels et cérémonial Martinistes qui composent les enseignements traditionnels de l’Ordre. La clarté des propos et la pédagogie de l’auteur, dans ce qui pouvait sembler ardu et complexe de prime abord, devient compréhensible et abordable pour tout lecteur.

En vérité, l’auteur nous conduit au travers de ce qui pourrait ressembler à un véritable labyrinthe que sont l’étude des questions religieuses fondée sur les textes sacrés, les dogmes et la tradition, en fait la théologie, la liturgie et son ensemble d’actes, de symboles et de paroles par lesquels l’Église aide les hommes à rendre un culte à Dieu – pour une transmission de la vrai connaissance de Dieu aux hommes puis de la théurgie, méthode faisant appel aux esprits surnaturels dont l’homme utilise les pouvoirs.

L’annexe reprend les Documents martinistes n° 14reproduit intégralement grâce à l’aimable autorisation de Catherine Amadou. Notons que ce cahier de l’Ordre était réservé aux Loges régulières et aux initiateurs. Ce document écrit par Robert Amadou en 1981 reproduit pour l’essentiel les cas d’enseignement propre à chacun des trois grades martinistes, suivi du rituel de l’initiateur. Des textes – rarement accessibles aux communs des mortels – mis au point entre 1887 et 1891. Ils indiquent bien le but de l’Ordre à savoir « Que le Profane, l’Initié et l’Initiateur sachent bien que le but de l’Ordre n’est pas de faire des maîtres dogmatisant, mais au contraire des Étudiants humbles et dévoués au culte de l’Éternelle Vérité ».]

Yonnel Ghernaouti
Retraité, Yonnel Ghernaouti a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du compagnon de l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire et membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour « La Chaîne d’Union », revue trimestrielle d'études maçonniques, philosophiques et symboliques du Grand Orient de France. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en est le Commissaire général.

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