lun 22 avril 2024 - 02:04

(Éphéméride) 13/I/1898 : Le « J’accuse » de Zola sur l’affaire Dreyfus à la Une de L’Aurore

En hommage au capitaine Dreyfus, souvenons-nous du colloque organisé par le Grand Orient de France en 2007, extrait :

« Dès le début de l’affaire Dreyfus, des Francs-Maçons clairvoyants ont compris que le Capitaine était la victime expiatoire de l’arbitraire d’État et de l’antisémitisme des foules. Cependant, l’institution fut lente à s’engager ; l’engagement de la Franc-Maçonnerie fut finalement acquis au moment de la révision du procès, en juin 1899.

Il se trouve que cet engagement a eu des effets à l’intérieur même de la Maçonnerie. Cela représente une raison suffisante pour que le Grand Orient de France marque le centenaire de l’affaire Dreyfus. L’année 2006 a été marquée de nombreuses initiatives permettant de retracer l’histoire du Capitaine Dreyfus et de l’affaire qui porte son nom, depuis sa première condamnation le 22 décembre 1894 jusqu’à sa réhabilitation finale le 12 juillet 1906. Au-delà de la commémoration historique, il reste à dire fortement que l’affaire Dreyfus a non seulement bouleversé les Français au tournant du XX° siècle, mais aussi qu’elle a profondément marqué la conscience républicaine. C’est ce point de vue citoyen que le GODF a retenu pour interroger l’Affaire.

Non seulement l’Affaire Dreyfus a marqué les consciences au moment de son déroulement, mais elle a déclenché des événements particuliers, dont les effets perdurent. On peut citer : la naissance de la Ligue des Droits de l’Homme, les premières Universités populaires, la fortune du mot « Intellectuels ». Ajoutons que certains y voit le moment où la Justice a affirmé son indépendance, celui où la revendication des droits de l’homme émerge au sein du mouvement socialiste, celui où l’antisémitisme est devenu un sentiment réprouvé ; et dans le débat sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat l’affaire apparaît comme un nouvel excès d’intolérance.

Vincent Duclert, historien de la France politique, un des meilleurs spécialistes d’Alfred Dreyfus, estime que l’Affaire fut un moment de refondation de la République dont les effets sont toujours sensibles. Il écrit : « L’affaire Dreyfus a été au cœur de l’histoire de la République. Elle a d’abord signifié une crise aiguë de la démocratie républicaine ». Elle est, « avec la Révolution française, l’événement qui a le plus marqué les conceptions de la République au XXe siècle et qui continue à agir sur son devenir comme si ce passé ne cessait de rester présent. »

Il lui a été demandé de développer cette thèse. Aux autres intervenants, historiens, chercheurs, militants, il a été demandé d’indiquer comment l’affaire Dreyfus avait pu être fondatrice du concept de Droits de l’homme, d’indépendance judiciaire, et même de séparation des Églises et de l’État, … »

Un colloque qui réunissait une table ronde avec :

  • Erwan Lecœur, Directeur de l’Observatoire du débat public
  • Gilles Manceron, Vice-président de la Ligue des droits de l’Homme
  • Jean-Michel Quillardet, Grand Maître du GODF, avocat à la Cour d’Appel de Paris
  • Vanessa Ragache, historienne, auteure de Le GODF et l’affaire Dreyfus
  • Pierre Tournemire, Secrétaire général adjoint de la Ligue de l’Enseignement

Et un conférence de Vincent Duclert, professeur à l’École des hautes études en sciences sociales sur « L’histoire de l’affaire Dreyfus fournit des enseignements essentiels pour la compréhension de la démocratie et la connaissance du chemin par lequel la République peut être celle de tous les citoyens hier comme aujourd’hui et comme demain » (Dictionnaire critique de la République, article « L’affaire Dreyfus » rédigé par Vincent Duclert, Flammarion, 2002).

Source : GODF, colloque de 2007.

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Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti est directeur de la rédaction de 450.fm. Il a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du Compagnon de l’Union Compagnonnique des Compagnons du Tour de France des Devoirs Unis (UC) Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire, membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France (IMF) et médiateur culturel au musée de la franc-maçonnerie (Musée de France), il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour plusieurs revues obédientielles dont « La Chaîne d’Union » du Grand Orient de France et « Perspectives » de la Fédération française de l’Ordre Mixte International Le Droit Humain ou encore « Le Compagnonnage » de l’UC. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en a été le commissaire général. En 2023, il est fait membre d'honneur des Imaginales Maçonniques & Ésotériques d'Épinal (IM&EE).

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