lun 04 juillet 2022 - 10:07

AUTRICHE : « La Fraternité » (1959-1967) entre Lumières, Gnose, Église (et Conclave)

De notre confrère autrichien corrispondenzaromana.it – par le Père Paolo M. Siano

En 1949 dans la  » PaulsKirche « , une ancienne église luthérienne de Francfort-sur-le-Main (voir ici : https://de.wikipedia.org/wiki/Frankfurter_Paulskirche ), la Grande Loge Unie d’Allemagne ( » Vereinigte Großloge von Deutschland « ) a été fondée à partir de 1958, elle prit le nouveau nom de Grande Loge des Anciens Maçons Libres et Acceptés d’Allemagne (« Großloge der Alten Freien und Angenommenen Maurer von Deutschland » – GLAFAMvD).

En 1958, le GLAFAMvD et la Grande Loge Nationale des Francs-Maçons d’Allemagne ( » Große Landesloge der Freimaurer von Deutschland  » – GLLFvD) forment ensemble les Grandes Loges Unies d’Allemagne  » ( » Grandes Loges Unies d’Allemagne  » – VGLvD), auxquelles ils rejoindront en 1970 3 autres Grandes Loges allemandes (voir ici : https://de.wikipedia.org/wiki/Vereinigte_Gro%C3%9Flogen_von_Deutschland ).

En janvier 1959 parut le premier numéro de  » Die Bruderschaft  » (traduction italienne : La Fraternité ), le magazine des Grandes Loges Unies d’Allemagne ( » Journal des Grandes Loges Unies d’Allemagne « , VGLvD) que j’indiquerai par les initiales BRU . Le Grand Maître de VGLvD de l’époque est l’Ing. Theodor Vogel (1901-1977) (voir ici : https://www.corrispondenzaromana.it/un-ricordo-su-mons-ingo-dollinger-1929-2017/ ). 

Je rappelle quelques articles d’où, dans l’ensemble, ressortent :

1) les raisons de la profonde incompatibilité entre la Franc-Maçonnerie Allemande régulière et l’Eglise Catholique : en fait l’essence de la Franc-Maçonnerie comprend l’Humanisme anti-dogmatique (comme déjà aux Lumières), l’Esotérisme & la Gnose (union des contraires : Dieu-Diable, Lumière- Ténèbres … );

2) l’attention particulière de la Franc-Maçonnerie envers l’Église, le Concile et envers un futur Conclave.

Sur BRU, N° 1, 15 janvier 1959, dans l’article « Symbiose ou synthèse ? « Le franc-maçon Karl Hoede mentionne la figure de » Méphistos « (le Diable) et cite quelques passages du poème » Gingo Biloba « où le franc-maçon Goethe mentionne l’union des contraires: l’un se double et devient deux, les deux font un.. Hoede précise que les francs-maçons recherchent la conciliation des contraires, Dieu et l’homme, la lumière et les ténèbres … le signe : Gingo Biloba  » : p. 6). Il est logique de penser que Méphisto fait également partie de cette union.

Su BRU N° 2, 15 mars 1959, nell’articolo « La jeune génération maçonnique » (pp. 37-39) Le franc-maçon Kurt Mauch déclare que la jeune génération maçonnique sait bien que Dieu, comme la Nature, est Bon et Juste :

« Vous savez avec Hegel et Goethe que Dieu est « bon » et « mauvais » comme la nature et que, selon les belles paroles de notre frère Rückert, l’homme ne peut trouver Dieu que s’il le porte en lui.» (p. 39).

Sur BRU, N° 4, 15. Juillet 1959 , dans l’article  » La confrérie des maçons  » (pp. 97-100), le Franc-Maçon Ernst Nitsche explique que la Franc-Maçonnerie est fondée sur l’Initiation avec laquelle le Candidat sort des ténèbres de la monde profane et renaît à une nouvelle vie :

«[…] C’est pourquoi l’émission de lumière correspond à une nouvelle naissance. La loge, c’est la mère qui accouche, et tous ceux qui ont reçu la lumière dans la loge sont frères » (p. 99).

Nietzsche voit une parenté spirituelle entre les mystères de l’Égypte ancienne et la franc-maçonnerie (« Une telle connexion est historiquement démontrable, bien qu’une relation spirituelle soit indubitable »: p. 99).

Sur BRU N° 2, le 15. fév. 1960 , le franc-maçon Artur Kreiner , avec l’article « Symbole und Mysterien » (pp. 41-42), présente l’association culturelle maçonnique « Ordo Rosae Aureae » (ORA), dirigée par Bruder Martin Erler (1920-2014 : voir ici : https://www.ordo-rosae-aureae.de/ ). L’ORA se consacre à l’étude du Symbolisme, des Mystères Anciens et du Rosicrucianisme . Le MAINTENANT cherche l’expérience du Spirituel, de l’Invisible, du Sacré… (« une expérience du spirituel, de l’invisible, du sacré – même sans pensée conceptuelle !  » : P. 41).

Sur BRU N° 3, 15. März 1960 , dans l’article « Les maçons sont-ils une élite ? Le franc-maçon Ernst Nitsche soutient que la franc-maçonnerie est une « élite » de l’esprit qui veut libérer l’homme de la pensée dogmatique, nationaliste, totalitaire et matérialiste (cf. pp. 69-72).

Le BRU N° 5, 15. Mai 1960 , dans l’article  » Ex Occidente Lux  » (pp. 149-151), le Franc-Maçon Georg von Spallart précise que l’expression  » Lumière de l’Est  » (« Lumière de l’est  » « ) Fait référence à l’Orient intérieur, à une Lumière transcendante et d’un autre monde ( » lumière surnaturelle « ) qui porte divers noms dont  » TAO « , c’est-à-dire le rythme des contraires, par exemple la Vie et la Mort ( » vie et mort « ). L’homme doit rechercher la communion avec cet Être Suprême (« rechercher la communion personnelle avec cet être suprême « ) que les Maçons vénèrent sous le nom de Grand Architecte de l’Univers (« ABAW »).

Von Spallart déclare que de la lignée mythique de Caïn (« famille mythique de Caïn « ) viennent deux personnalités importantes dans le symbolisme maçonnique : « Tubalcain », le premier forgeron, et Hiram, l’architecte du Temple de Salomon (cf. p. 149 ) .

Sur BRU N°5, 15. Mai 1960 , dans l’article « Mysterienbund », le Franc-Maçon Hubert Übelacker explique qu’en Franc-Maçonnerie il y a deux courants : celui exotérique du rationalisme des Lumières, et celui ésotérique typique du Rosicrucianisme et des Mystères Anciens. Überlacker sait bien que la franc-maçonnerie ne peut se passer de l’aspect ésotérique ou mystérieux et mentionne l’expérience du groupe maçonnique « NOW » (cf. pp. 174-175).

Sur BRU N°8-9, le 1er sept. 1960 , dans l’article « Les papes et les francs-maçons (II) », le franc-maçon Karl Hoede espère la possibilité qu’un catholique et cardinal maçon puisse légitimement devenir pape :

«[…] Ergo il y a certainement la possibilité qu’un franc-maçon catholique puisse devenir légalement pape ; il n’a qu’à s’être rendu d’avance chez le cardinal. Pourquoi cette possibilité serait-elle hors de question ? Vous pouvez parler de n’importe quoi si vous cherchez une consolation. Mais toute pensée réconfortante, loin d’un sérieux plus profond, est nécessaire en ce temps de méfiance, de discorde et de lutte de tous contre tous » (p. 238).

Sur BRU N° 11, 1. Nov. 1960 , dans l’article  » La chaîne comme symbole  » (pp. 312-315), le Franc-Maçon Georg von Spallart déclare que la Chaîne est un symbole de l’union qui lie toutes les créatures entre elles et avec le Créateur (cf. pp. 312-313). Von Spallart propose la connaissance de TOUT-UNITÉ pour surmonter les antithèses de la pensée dualiste, c’est-à-dire Dieu et Diable, Lumière et Ténèbres, Ciel et Enfer, Esprit et Matière (cf. p. 313). Il semble que pour von Spallart le Diable ne soit pas un adversaire de Dieu (cf. p. 314) :

«[…] De ce nouveau point de vue, il devrait enfin être possible de résoudre les crevasses encore existantes des idées dualistes désespérément incohérentes de Dieu et du diable, de la lumière et des ténèbres, du ciel et de l’enfer, etc. Être comblé par la connaissance du TOUT – UNITÉ. (Le diable n’est pas plus un « adversaire » de Dieu qu’il ne nous viendrait à l’idée de faire en nous un instinct fatalement noir l’honneur de reconnaître cet aspect comme un adversaire égal.) 313-3.

Sur BRU N°1, 15 janvier 1961, Friedrich Domay passe en revue l’article « Les Francs-maçons » (trad. : « Les Francs-maçons ») publié par le Prof. Dr. K. Algermissen sur le 4e volume de la nouvelle édition de « Lexicon for Theology and Church » édité par Josef Höfer et Karl Rahner (1960 2). Domay explique que, depuis la première édition de 1932, Algermissen a révisé ses idées envers la franc-maçonnerie. Domay, très heureux, y voit un signe de la nouvelle attitude positive de l’Église envers la franc-maçonnerie (cf. p. 34).

Sur BRU N° 1, 1. Jan. 1962 , le Maçon Günter Wiemann , dans l’article « Le franc-maçon et le mysticisme » (pp. 11-16), déclare que de tout temps les mystiques enseignent que nous faisons partie du Cosmos et Dieu est en nous : il est la divinisation de l’Homme (« Déification de l’homme » : p. 12), il est l’identité Dieu = Homme (« C’est finalement l’équation : Dieu = homme, homme = Dieu  » : p. 12).

Il est intéressant de noter que sous le titre de l’article et le nom de Wiemann, il y a cette phrase :  » Vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal (Genèse 3, 5) ».

Wiemann explique que l’Homme = Dieu , n’est pas l’Homme terrestre, mais l’Homme-Priorial (« der Ur-Mensch ») et cela ne fait pas appel aux Églises d’orthodoxie doctrinale qui veulent plutôt l’Homme contrit, pécheur, repentant, conscient de sa propre faiblesse… Selon Wiemann, les Églises créent des dogmes pour dominer l’Homme (cf. p. 12) et n’acceptent aucun enseignement ésotérique (« kein esoterischen Lehren »: p. 13).

Wiemann interprète ainsi, de manière positive, la phrase de la Genèse « Eritis sicut Deus… » (sans préciser qu’elle appartient au Serpent) : pour les mystiques, l’Homme est égal à Dieu, c’est-à-dire qu’il est de la même essence que Dieu (cf. p. 13), de plus le dualisme n’est pas réel, Dieu est Un, Il est en toutes choses, le Bien et le Mal ne sont que des formulations de l’intellect humain… Dieu inclut tout, même le péché et le mal :

« Dieu est le principe positif. Cela inclut tout, même le péché, le mal » (p. 13).

Comme Jakob Böhme, Wiemann croit également que Dieu est double en lui-même, portant à la fois la Lumière et les Ténèbres (« la raison divine primordiale est un double principe : elle produit la lumière et les ténèbres »). Cette dualité en Dieu est déjà enseignée par le texte hindou Bhagavad-Gita (cf. p. 14). Wiemann affirme que le franc-maçon, dans un esprit paracelsien-faustien, se bat pour la connaissance et la liberté (« Dans un esprit paracelsien-faustien, il veut lutter pour la connaissance, pour la liberté », p. 16).

Sur BRU N° 5, 1. Mai 1962 , dans l’article  » Réflexions sur le Concile œcuménique  » (pp. 180-181) le maçon Hieronimus Frey cite le cardinal Frings qui espère réduire le pouvoir de la curie romaine au profit de la Évêques (cf. p. 180) … Frey se demande, entre autres, si le Concile conduira à une nouvelle attitude plus conciliante et fraternelle de l’Église envers la franc-maçonnerie et constate qu’à cet égard, il existe déjà en France un changement en cours avec le livre (philomassonique) d’Alec Mellor  » Nos Frères séparés – Les Francs-Maçons  » [Tours 1961] publié avec le  » nihil obstat  » du censeur ecclésiastique (un jésuite) et avec l’autorisation du Vicaire général de l’évêque de Tours (cf. p. 181).

Sur BRU N° 11, 1 nov. 1962 dans l’article « Humanité et symbole dans l’œuvre de Hauptmann. A l’occasion du 100e anniversaire du poète le 15 novembre 1962 « (pp. 346-350), le franc-maçon Wolfgang Kelsch déclare que l’œuvre du poète Gerhart Hauptmann (1862-1946) est gravée de l’esprit maçonnique ( » Das L’œuvre du grand poète est intimement liée à l’esprit de la Franc-maçonnerie » : p. 346). Captain prône également l’union de tous les contraires ( » l’union de tous les contraires  » : p. 347). Dans l’ouvrage  » Great Dream « , Captain voit la grande opposition entre le Christ et Satan résolue: tous deux, enfants de Dieu, s’unissent pour conduire l’Humanité à son être véritable … Kelsch écrit:

«Dans le Grand Rêve », le poète voit abolis les contraires éternels du monde : le Christ et Satanael, les deux fils de Dieu, s’unissent, l’humanité parvient enfin à l’être véritable, le cercle historique du salut. Dans les dernières grandes œuvres de Hauptmann, le monde dialectiquement divisé, ce sont les contraires tragiques abolis, les pôles apparemment irréconciliables s’unissent » (p. 350).

BRU N°12, 1. Déz. 1962 s’ouvre sur l’article  » Les Francs-Maçons et le Concile  » (pp. 369-371) du franc-maçon Kurt Mauch qui observe que si l’Église impose la langue latine, la franc-maçonnerie à la place (« keine Problematik der„ Latinität ») permet une grande liberté de rites et rituels dans les différentes Loges et Grandes Loges (pp. 369-370). Selon Mauch, la franc-maçonnerie a un caractère décentralisé et fédérateur (cf. p. 370). 

Mauch suggère-t-il que l’Église prenne la franc-maçonnerie comme modèle ?

Toujours sur BRU N°12/1962 , on trouve l’article non signé « Konzil und Freimaurerverschwörung » (pp. 397-398) qui présente le cas de l’article de l’écrivain Louise Rinser (voir ici : https:// it.wikipedia. org/wiki/Luise_Rinser ), publié dans le journal du dimanche  » Monde du dimanche » du 7 octobre 1962. Rinser déclare que certains cercles voient le Concile Vatican II comme une grandiose session maçonnique ( » eine grandiose Freimaurersitzung « ) bien conçue avec des intrigues et fermé au public (cf. p. 397). Le chroniqueur anonyme définit cette déclaration de Rinser (cf. pp. 397-398) comme fausse et stupide (« mal comme phrase stupide ») à laquelle le Dr Wolfgang Scherpe, Vénérable Maître de Loge a répondu « Carl zur gekrönte Säule ”de Braunschweig. Scherpe précise que la franc-maçonnerie jouit de l’estime même parmi le clergé catholique et les évêques allemands, et loue Mozart comme un vrai catholique et franc-maçon (cf. p. 398).

Sur BRU N° 1,   1. Jan. 1963 , dans l’article « Mysterienbund oder nicht? « (Pp. 5-9) Le franc-maçon Richard Moes explique que la franc-maçonnerie est la fille des Lumières ( » notre alliance est un enfant des Lumières  » : p. 5) mais elle a aussi des racines dans la magie, l’alchimie, dans le mystère des sociétés anciennes ( voir page 5). Selon Moes Goethe , Faust est un exemple pour tout franc-maçon : Faust a deux âmes dans sa poitrine, Dieu et le Diable, à qui Faust est lié :

« […] du Faust de Goethe, qui n’est pas censé être un modèle, mais une image de l’homme avec deux âmes dans la poitrine, bonne et mauvaise, Dieu et le diable, avec qui Faust est probablement quelque peu étroitement lié est à être un exemple pour nous » (p. 8).

Moes précise qu’en fait la franc-maçonnerie fait la même promesse que le diable biblique ou le « Méphisto » goethien:  » Eritis sicut deus « – tu seras comme Dieu. C’est aussi le conseil du diable dans Faust comme dans la Bible » (p. 8).

Moes déclare que la franc-maçonnerie guide les initiés à la renaissance dans l’Esprit (« à une renaissance hors du saint esprit »), de sorte que les francs-maçons peuvent être comme leur modèle ou Dieu (« Mais d’abord nous allons Ressemblant à l’archétype, nous serons comme Dieu » : P. 9).

Sur BRU N°2, 1er février 1963, il ya le court article « A patriarch as a seeker » qui reprend une nouvelle de « Alpina », magazine de la Grande Loge des Alpes Suisses : alors que le Concile est en cours, « Monsignore Johannes Maria Assendelft », Patriarche de l’Église catholique-apostolique d’Antioche de rite orthodoxe, syro-byzantin », présent à Rome comme Observateur au Concile, a été initié comme Franc-maçon dans la Grande Loge d’Italie (« Grande Loge Nationale AFAM d’Italie « ). Mons. Assendelft explique que les francs – maçons sont, et à un âge précoce de son père et son frère-frère qu’il connaissait la franc – maçonnerie … Le magazine » Alpina « voit au cours du Conseil de la croissance de l’opposition au dogmatisme (cf. p. 65).

Je cite textuellement :

« Le journal de la Grande Loge Suisse a joint à cette communication la déclaration que le cours du concile a montré que l’opposition au dogmatisme unilatéral dans l’Église catholique s’est accrue » (p. 65).

Sur BRU, N° 8-9, 1er sept. 1963 , dans l’article « Nomen est omen. Gedanken eines Freimaurers über Papst Johannes XXIII. » (Pp. 228-229) l’ancien Grand Maître de la Grande Loge des Alpes Suisses, Josef Böni , fait l’éloge du regretté Pape Jean XXIII, mais n’apprécie pas les « Pies » Papes (« Pie-Päpste »), à savoir Pie IX et Pie X Il les considère comme intolérants car l’un (Pie IX) a lutté contre les erreurs modernes, et l’autre (Pie X) contre le Modernisme (cf. p. 228).

Sur BRU N°1, 1er janvier 1964, dans l’article « Retour au commencement » (pp. 1-3), le franc-maçon Kurt Lähnparle de deux Principes (« deux principes ») qui décident de notre destin (« Le Destin de la Vie ») : Ciel et Enfer, Jour et Nuit, Plein et Vide (« Ciel et Enfer, jour et nuit, abondance et vide… »). La polarité (« la politique ») existe aussi sur le plan spirituel … Dans la Chine ancienne on parle des deux principes « Yin et Yang » … La totalité a été perdue (« Once the whole thing was lost through division » ) . Selon Platon, les sexes devraient être au nombre de trois : masculin, féminin, masculin-féminin (cf. p. 1). Le maçon Lähn affirme que chacun porte en lui l’équilibre comme une interpénétration harmonique des deux sexes : « Chacun porte en lui l’équilibre comme un emboîtement harmonieux des deux sexes » (p. 2).

Toujours sur BRU N° 1/1964, dans l’article « Heralds of Freemasonry – Mystery Covenants » (pp. 4-9), le franc-maçon Günter Wiemann voit les anciennes sociétés à mystères comme des précurseurs de la franc-maçonnerie ( « nous pouvons considérer les anciennes alliances mystérieuses comme des signes avant-coureurs de la franc-maçonnerie » : p. 4). Selon la doctrine du mystère, la Divinité est double, elle est personnelle et impersonnelle, et l’âme humaine est une émanation de la Divinité cherche à retourner à son origine :

« La divinité est un double principe ; impersonnel et personnel à la fois. L’âme humaine est une émanation (effluent) de la divinité. Alors elle s’efforce de le retrouver un jour » (p. 5).

Les anciens Mystères enseignent que l’homme peut chercher Dieu de manière adogmatique (« undogmatisch »: p. 6). Dieu, dans les différentes religions, veut être recherché de différentes manières et être appelé par des noms différents (cf. p. 6). L’Initié aux Mystères apprend l’union Lumière-Obscur, la naissance de la Lumière des Ténèbres (« die Vereinigung von Licht und Dunkel, die Geburt des Lichtes aus dem Dunkel »: p. 6).

Sur BRU, N° 2, 1er février 1964 , dans l’article « Es tagt in Rom » (pp. 58-59) à l’époque du Concile Vatican II, l’ancien Grand Maître de la Grande Loge des Alpes Suisses, Josef Böni (ex prêtre catholique puis pasteur protestant), partage la polémique du Cardinal Frings contre le Saint-Office et la Curie romaine : le Saint-Office n’est plus d’actualité et le Collège des évêques doit remplacer la Curie dans la gouvernance de l’Église. Le Grand Maître Böni considère qu’une telle décentralisation (« eine Dezentralisation der Kirchenleitung ») est nécessaire (« notwendig »).

Enfin, sur BRU N° 7, July 1967, dans la rubrique consacrée à la revue de presse (« Press review ») dans l’article « The dissimilar minded » il est souligné qu’avant le Concile Vatican II l’Eglise était hostile à la franc-maçonnerie mais alors un le changement a eu lieu :

« In früheren Jahren hatte die katholische Kirche der Freimaurerei feindlich gegenübergestanden, doch das Vatikanische Konzil brachte hier die entscheidende Wendung » (p. 187).

Oui, au niveau de la hiérarchie il y a eu un changement jusqu’à ce que, entre 1981-1985, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dirigée par le Cardinal Ratzinger, réaffirme clairement l’incompatibilité entre l’appartenance à la Franc-Maçonnerie et la foi chrétienne (cf. certaines de mes articles : ici http://amicideltimoneferrara.blogspot.com/2017/09/la-massoneria-negli-acta-del-concilio.html ; ici http://amicideltimoneferrara.blogspot.com/2017/04/massoneria- eglise- confusion.html ; ici http://amicideltimoneferrara.blogspot.com/2017/11/la-massoneria-vista-dalla-congificazione.html ; ici https://www.corrispondenzaromana.it/br-kurt-baresch-glvo- et-dialogue-église-franc-maçonnerie-1968-1983-1999 / ; icihttps://www.corrispondenzaromana.it/lificazione-della-s-penitenzieria-suprema-ecclesiae-bona/ ).

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