sam 23 octobre 2021 - 10:10

ITALIE : La Grande Loge du Grand Orient à Rimini

De notre confrère italien lastampa.it

Entretien avec le Grand Maître Stefano Bisi : « Sans la franc-maçonnerie dans le monde, il y aurait moins de libertés et moins de droits » 

Entre demain et après-demain, le Grand Orient d’Italie célèbre la Grande Loge Nationale de 2021 au Palacongressi de Rimini, un événement en présence et avec des mesures de sécurité anti-Covid rigoureuses. La franc-maçonnerie a été le protagoniste de l’histoire : même sans être le marionnettiste qui tire toutes les ficelles, elle a été fondamentale dans la Révolution américaine, dans la Révolution française, dans le Risorgimento italien et aussi après. La plupart des pères fondateurs des États-Unis étaient des francs-maçons, de George Washington à Benjamin Franklin en passant par Thomas Jefferson, et la tradition s’est poursuivie jusqu’à FD Roosevelt et d’autres présidents de notre temps ; de nombreux protagonistes de l’Unité italienne ont été des francs-maçons, à commencer par Garibaldi Primo Massone Italie (bien que vous puissiez lire des biographies entières à son sujet qui ne mentionnent même pas ce fait) ; la formule « Liberté, égalité, fraternité », le drapeau de l’Union européenne et la musique choisie par l’UE comme hymne, composée par le franc-maçon Beethoven sur la base du texte du franc-maçon Schiller, sont d’origine maçonnique. Stefano Bisi, actuel Grand Maître du Grand Orient d’Italie, cite l’historien Marcello Flores : « Sans la franc-maçonnerie dans le monde, il y aurait moins de liberté et moins de droits de l’homme ».

Cependant, l’image de la franc-maçonnerie dans les journaux, à la télévision et dans les déclarations de nombreux politiciens est souvent négative, associée à la pègre ou même au crime organisé : comment répondez-vous Bisi ?

« J’invite ceux qui nous adressent ces critiques à approfondir notre histoire. Nous avons des livres et des sites Web. J’entends et lis des commentaires et des articles qui citent mal la franc-maçonnerie ou la terminologie maçonnique : par exemple, quel sens cela a-t-il à la télévision et dans les journaux d’appeler la soi-disant Loge hongroise une « Loge » ? Cela n’a rien à voir avec la franc-maçonnerie, mais le nom fait réfléchir ».Une autre objection. Il y a toute une tradition historique et philosophique occidentale qui est actuellement attaquée par la « culture de l’annulation ». La franc-maçonnerie est-elle également touchée ? Ou de nouvelles recrues arrivent-elles pour le redynamiser ?

« Il y a une très forte demande de nouveaux membres. En Italie, on compte 23 000 frères du Grand Orient et en ce moment il y a une intense activité dans les Loges pour rattraper le temps perdu pendant la pandémie et réaliser les cérémonies d’initiation des nombreux « heurtoirs » (candidats, NDLR) qui n’ont pas pu entrer dans les deux années du Covid. Parce que c’est le Grand Orient, rejoindre une initiation en présence est indispensable, vous ne pouvez pas prendre de carte en ligne ».

Comment expliquez-vous ce regain d’intérêt ?

« De nombreuses personnes en période de pandémie ont davantage raisonné sur leur propre être : « Qui sommes-nous et que voulons-nous être ? ». Beaucoup ont développé le besoin d’entreprendre un chemin intérieur d’approfondissement, qui est la base de la Franc-Maçonnerie ».

La Grande Loge de Rimini est-elle ouverte à tous ?

« Il y a des moments rituels réservés aux frères mais tout le reste, les conférences, les expositions, est ouvert au public. L’invitation que je me permets de faire est de venir nous rendre visite au Palacongressi sans préjugés ».

Y a-t-il une procédure à effectuer ?

«Oui, mais très simple. Il suffit de s’inscrire sur notre site et de présenter le Passe Vert. Tous nos salariés en contact avec le public sont vaccinés ».

Dans le passé, la franc-maçonnerie a également été accusée de collusion avec le fascisme ou de complots noirs.

« Nous, les francs-maçons, avons donné notre sang dans le Risorgimento puis dans la lutte contre le fascisme. Nous avons subi les conséquences de la dictature fasciste, lorsque les Loges ont été interdites et que le Grand Maître a été arrêté puis envoyé en détention. Nous avons participé à la renaissance de l’Italie après la guerre, mais la République ne nous a pas rendu le Palazzo Giustiniani à Rome, que Mussolini nous a pris. Un accord juridique a été conclu, par lequel nous reconnaissons la propriété de l’État mais en échange nous sommes assurés de construire un musée de la franc-maçonnerie de 140 mètres carrés au Palazzo Giustiniani. Mais les années passent et cet accord n’est pas respecté. Nous exhortons le Président du Sénat à nous rencontrer pour résoudre le problème sans autres poursuites ».

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