jeu 23 septembre 2021 - 13:09

PORTUGAL : Le Grand Orient lusitanien veut expulser les femmes !

De notre confrère portugais jornaldeleiria.pt

L’annonce de l’ouverture d’une loge maçonnique mixte, avec hommes et femmes, à Leiria, aura provoqué une certaine agitation parmi les francs-maçons portugais.

Dans un article publié dans le JORNAL DE LEIRIA, il y a deux semaines, David Martins, “une histoire du mouvement au niveau national”, et Mónica Santos ont révélé l’ouverture, prochainement, de la Loge Isabel de Aragão, affiliée à la Grande Loge Symbolique de Lusitanie.

Environ deux semaines plus tard, Martins, qui prétend être « le plus ancien maçon de Leiria et le cinquième du district », membre d’une loge du Grand Orient Lusitanien (GOL), « la plus ancienne puissance maçonnique portugaise, libérale et la plus dogmatique de la franc-maçonnerie », a été suspendu du GOL.

L’action a été entreprise par décret de l’actuel Grand Maître, Fernando Lima, qui l’accuse d'”un crime maçonnique grave”, pour avoir “transgressé les lois internes de cette organisation laïque, en soutenant et en favorisant l’apparition de la Loge maçonnique susmentionnée, sans autorisation du Grand Orient lusitanien”.

Contacté par JORNAL DE LEIRIA, David Martins a répondu qu’« il n’avait besoin d’aucune autorisation, car la nouvelle Loge, lorsqu’elle ouvrira, intégrera des hommes et des femmes et, par conséquent, apparaîtra sous les auspices d’un autre pouvoir maçonnique, la Grande Loge Symbolique da Lusitanie, mouvement mixte ». 

Le franc-maçon a ajouté que « malheureusement, l’initiation des femmes au GOL n’est pas autorisée ». Il reconnaît cependant qu’il peut être accusé d’avoir transgressé ces lois, voire d’adhérer simultanément aux deux organisations, mais qu’il l’a fait en toute connaissance de cause. 

« Le Grand Maître aurait pu agir autrement, notamment parce que la nouvelle Loge n’a rien à voir avec GOL. Maintenant, admettre que j’ai commis un délit maçonnique ? Non, ce sont des feux d’artifice pour intimider quiconque ose se rebeller contre les lois et règlements du passé, inspirés du XVIIIe siècle, craignant peut-être que l’exemple ne se multiplie.


David Martins, franc-maçon

“Ils disaient que j’étais “juste avant mon heure”, comme si c’étaient des causes d’avenir” 

Il semble qu’il y ait eu une certaine acrimonie dans la façon dont il a été contacté, et on dit que l’acte d’accusation fait des allégations sérieuses…
Je ne commente plus. Je réaffirme ce que j’ai toujours dit : mon engagement solennel est envers la Franc-Maçonnerie, ses Principes et ses Valeurs, et, parallèlement envers les Lois de la République et la Constitution de la République portugaise. Pour défendre ces principes, je suis prêt à aller jusqu’aux dernières conséquences. J’attends donc, sereinement, la notification du Tribunal maçonnique, et je me défendrai.

Il est question de rompre les serments…
Personne ne m’apprend la loyauté envers la cause, encore moins n’admet être montré du doigt. Je ne l’admets même pas du Grand Maître. J’ai 76 ans, et plus de la moitié de ma vie a été consacrée à défendre les grandes valeurs de la Franc-Maçonnerie, qui sont aussi les grandes causes de l’Humanité. Le premier serment du franc-maçon est “d’aimer ses frères et de leur venir en aide s’ils ont besoin d’aide”. Ici, vous pouvez comprendre en qualité de frères toutes les personnes qui ont besoin d’aide, pas seulement les autres francs-maçons. C’est le devoir d’un franc-maçon d’être solidaire, tolérant, fraternel…

Et tu ne l’as pas senti ?
J’ai senti, dans les mots de soutien de nombreux maçons – hommes et femmes – qui m’ont contacté, disant que j’avais raison. Certains, me critiquant, disaient même que j’avais « raison avant l’heure », comme s’il s’agissait de causes d’avenir et non d’aujourd’hui. Mais elles sont peut-être même d’hier… 

Quelles sont ces causes qui vous touchent ?
La liberté m’émeut, comme la première grande cause. Puis l’Egalité qui n’est possible que dans la Liberté et, enfin, la Fraternité entre tous les Francs-Maçons, en prélude à la Fraternité Universelle, entre tous les Hommes de bonne volonté. Est-ce une utopie ? Peut-être, mais je me bats pour elle ! D’un point de vue intrinsèquement maçonnique, la nouvelle Loge nous émeut, nous inspire. Nous sommes émus par le travail commun à développer avec les dizaines de francs-maçons, qui ont rejoint son Atelier ou qui, depuis avril, ont été initiés. Quand chacun a hâte de progresser dans les « mystères de la franc-maçonnerie », et d’en saisir toute sa symbolique et sa philosophie maçonnique, nous n’avons pas de temps à perdre en querelles stériles. Pour en revenir à la question de savoir de quoi ils m’accusent: de ne pas avoir prêté « serment ». Tout cela est un manque de préparation, d’ignorance et un manque de culture maçonnique de la part de ceux qui font ce genre de réflexions. Tu le sais bien, dans presque tous les pouvoirs maçonniques – et le GOL ne fait pas exception -, le néophyte, après l’initiation, doit jurer de se conformer à des lois qu’il ne connaît pas encore; il ne connaîtra que plus tard ce qui lui est révélé, devenant alors conscient de la portée de ses engagements. Je sais qu’à ce moment-là on vous assure que ces engagements ne violent pas les droits civils, religieux, moraux, etc… .

Vous sentez-vous ou vous êtes-vous senti trompé ?
Non! Je ne me suis jamais senti floué, car j’ai toujours eu un regard différent sur les engagements que j’ai pris et qui entrent dans la sphère du transcendant, mon intimité, ma dimension spirituelle, ma conscience libre. Ce que j’entends être: un homme libre dans mon cheminement intérieur de franc-maçon initié. Ils n’évoquent jamais ces raisons, juste parce que cela leur convient, pour consolider les autocraties et tromper les imbéciles qui confondent tout. Tout cela parce qu’ils sont entrés dans la franc-maçonnerie, mais n’ont jamais compris la franc-maçonnerie. En fait, il existe des règles internes qui violent les droits et libertés des citoyens, et c’est pourquoi je suis perplexe devant l’impudence de ceux qui invoquent de telles raisons pour m’attaquer. Après tout, je me limite à respecter et à défendre le droit libre d’association, à l’exercer. Je me limite à appliquer et défendre le principe d’égalité femmes-hommes au sein des Ateliers, à lutter pour que ces droits constitutionnels s’appliquent. Malheureusement, je ne me fais pas beaucoup d’illusions et je connais le sort de ceux qui osent défier l’autorité établie. C’est donc dans la Grande Loge Symbolique de Lusitanie, à laquelle j’appartiens également, que nous pouvons travailler avec la force et la vigueur possibles. Là, nous trouvons l’environnement propice à la construction de meilleures personnes, réalisant toute la portée de l’initiation. Je suis fier d’être franc-maçon et d’être reconnu comme tel par les francs-maçons. Ceux qui ne me reconnaissent pas peuvent appartenir à la franc-maçonnerie, mais je doute qu’ils soient francs-maçons. 


Existe-t-il des discriminations dans la franc-maçonnerie ?
Oui il y en a, dans certaines organisations maçonniques. Surtout contre les femmes. C’est pourquoi, maintenant, voir et promouvoir la création d’une loge maçonnique de personnes, sans étiquettes telles que, régulière, libérale, féminine, mixte, adogmatique, ou autres, est un rêve réalisable qui n’a rien de spécial, mais il est traité comme quelque chose de transcendant.

Croyez-vous que ces lois vont changer?
Je ne sais pas. Jusqu’à présent, la plus ancienne puissance maçonnique portugaise, n’a pas su trouver en elle les forces nécessaires. Ce contenu est exclusif aux abonnés.

Suite de l’interview sur le journal www.jornaldeleiria.pt

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