dim 26 septembre 2021 - 08:09

BUL.I.M. n°8 de la G.L.F.M.

Mes TT CC SS,

Mes TT CC FF,

La franc-maçonnerie repose sur trois piliers fondamentaux :

  • La morale à travers sa rituélie, son symbolisme, sa tradition qui résiste aux temps,
  • La philosophie et la modernité de ses visées,
  • La spiritualité dans toute sa diversité.



Philippe DHAINAUT
SGM de la Grande Loge Française de Misraïm

Le franc-maçon aspire à une amélioration de la société au sein de laquelle il évolue. Pour cela, deux grandes méthodes lui sont proposées. Celle dite « sociétale » et celle dite « spiritualiste ». Schématiquement, la première prétend qu’en améliorant la société elle améliorera l’Homme. La seconde pense qu’il faut améliorer l’Homme pour espérer améliorer la société.

L’éternelle opposition philosophique intérieure de Rousseau qui, adepte de Platon, s’interroge : « les hommes sont méchants » cependant « l’homme naît bon ».

Je me garderai bien de porter un jugement sur la pertinence, les qualités ou les carences de chaque méthode comme je me suis toujours refusé à juger les différents rites. Comme dit le proverbe « comparaison n’est pas raison » même si ma tendance naturelle serait d’affirmer avec humour que le rite que je pratique, le rite de Misraïm, est de loin le plus riche et le plus beau !

Le primordial est-il le rite ? est-il la méthode ? Une réponse est apportée par notre Frère Antoine de Saint Exupéry qui fait dire au petit prince : « on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ». Car, selon mes convictions profondes, la fraternité est le cœur de l’enseignement que nous recevons quel que soit notre choix. (D’ailleurs à ce sujet, il est intéressant de constater que ces certitudes se forgent par la pratique. Le profane, lorsqu’il intègre une loge ignore souvent à quelle obédience il adhère, quel rite et quelle méthode il va pratiquer).

Si par hasard nous croisons une sœur ou un frère en difficulté notre premier réflexe sera de le (la) dépanner ou de l’apaiser sans nous enquérir préalablement de son appartenance. Cet acte spontané m’amène à évoquer la chaîne d’union au sein de la franc-maçonnerie universelle.

Instant fort du rituel, traditionnellement positionné au moment de la fermeture des travaux, les Sœurs et les Frères forment une chaine symbolisant l’union de tous les francs-maçons du monde. Qu’elle soit longue ou courte, la gestuelle est immuable, la main gauche (celle du cœur) est ouverte pour donner, la main droite est fermée pour recevoir. Cet instant est propice à la méditation et l’altruisme. Selon le rite ou les coutumes des loges, les pratiques diffèrent, ainsi, au rite de Misraïm, le chant de l’au revoir est souvent entonné. Le chant et la musique sont des vecteurs d’amour, de rapprochement des êtres entre eux et envers le GADLU.

Mais me direz-vous, en quoi la chaîne d’union maçonnique diffère-t-elle des autres fraternités ou sociétés initiatiques ?

La chaîne d’union maçonnique comporte une multitude de spécificités : elle regroupe des Sœurs et des Frères de toutes cultures, de toutes opinions, de toutes confessions, de toutes classes sociales. Elle s’inscrit dans une symbolique issue d’une rituélie millénaire qui n’a pas changée sur le fond alors que les rituels évoluent sur la forme. Elle s’adapte à la pensée de ceux qui la composent, certains y verront une simple expression de la fraternité, d’autres la traduiront comme un projet utopique de société, d’autres enfin y verront une communion de vibrations qui permet un processus alchimique de recharge et une transmission des énergies.

La chaine d’union pratiquée en loge ne diffère pas des autres symboles. Elle trouve sa source dans un lieu sacralisé, le microcosme, pour s’épanouir dans le monde profane, le macrocosme. Elle provoque un phénomène vibratoire circulaire et spiritualisé qui a pour finalité de s’élever en empruntant le chemin du fil à plomb.

Bien entendu, le franc-maçon ne manquera pas, par analogie, d’intégrer la chaine d’union à son moi intérieur. De réfléchir à cette chaine progressive qui met en action le monde émotionnel avec les mondes intellectuels et spirituels. Il prendra conscience de cette complémentarité des différents organes qui composent son corps et des énergies qui le traversent. De l’intérêt vital de prendre soin tant de son organisme que de son âme. En faisant le chemin inverse, de l’immanence à la transcendance, il découvrira la nécessité d’aimer les Hommes et les mondes qui l’entourent et de les respecter.

Il existe donc plusieurs chaînes d’union selon que l’on se situe sur l’un des piliers que j’évoquais dans mon propos liminaire mais un seul terme peut agréger les intentions, les énergies et les désirs des participants : l’égrégore.

A l’heure où beaucoup de valeurs semblent se déliter, la franc-maçonnerie brandit l’étendard de la fraternité et de l’union entre les êtres. A contrecourant diront certains, utopie diront d’autres. Rousseau et son « discours sur les sciences et les arts » est immortel. Je laisse ces réflexions à votre pertinence préférant adopter la position de Socrate : « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien ».

Dans l’attente de nous revoir assemblés physiquement dans notre chaine d’union.

Recevez, Mes Très Chères Sœurs et Mes Très Chers Frères, mon accolade la plus fraternelle.

J’ai dit.

Vie Force Santé

Philippe DHAINAUT

SGM Directeur de la publication

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1 COMMENTAIRE

  1. De nombreuses religions sont fondées sur l’idée de fraternité, mais elle diffère en plusieurs points e la fraternité des francs-maçons :
    • La fraternité religieuse est toujours « verticale » car elle relie les humains en tant qu’enfants d’un être supérieur, leur père.
    • Être issus tous du même père tout puissant est rassurant.
    • La fraternité qui en résulte est fondée sur la soumission à ce père et à ceux qui le représentent.
    N’appelle-t-on pas les prêtres père, les fidèles étant leurs fils ?
    • Elle est synonyme de l’amour qui, à l’instar des familles de même sang, devrait régner entre les
    membres des églises.
    • Cette fraternité se limite presque toujours aux seuls adeptes de chaque religion.
    • Certaines églises ont tenté d’imposer leur croyance même aux non-croyants par le feu et l’épée, moyens pas vraiment appropriés pour répandre fraternité et amour…

    • La fraternité maçonnique est « horizontale ». Elle résulte d’une décision individuelle de percevoir les autres comme ses frères et d’être reconnu à son tour comme leur frère.
    • A priori, l’homme se méfie de tous ceux qui diffèrent de lui. Considérer par un choix volontaire,
    directement, sans intermédiaire, les autres, tous les autres, comme frères demande un grand effort. La « méthode maçonnique » prépare les « initiés » à fournir cet effort et leur offre les outils nécessaires.
    • La fraternité qui en résulte est fondée sur la liberté et l’égalité. Elle implique le respect des autres. Les savants et philosophes de l’Académie Royale avaient besoin de ces valeurs pour confronter sans préjugés ni craintes leurs recherches et opinions.
    • Plus que l’amour, la fraternité maçonnique exprime un lien. Il s’agit de comprendre et de ressentir à
    quel point les humains sont interdépendants à la fois entre eux et avec tout ce qui les entoure. Le
    caractère viscéral de ce lien pouvait être supposé depuis longtemps, grâce à l’observation de la nature.
    Au XIXe siècle, la force de ce lien a été prouvée par Darwin, puis confirmée encore plus fermement un siècle plus tard par la génétique et l’écologie.
    • Les observations scientifiques actuelles prouvent que la diversité est la condition indispensable du
    développement et du maintien de la vie sur la terre.
    Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne ont eu l’intuition de l’importance vitale de la diversité.
    Leur concept de fraternité universelle enseigne la compréhension de toutes les visions du monde et, compte-tenu de ce qui précède sur l’évolution, le respect de toutes les formes de vie.
    • Les francs-maçons n’ont jamais voulu imposer par force l’adhésion à leur mouvement. Tous les honnêtes gens peuvent en faire partie, en suivant leurs libre arbitre.
    On voit donc que la fraternité religieuse et la fraternité maçonnique ne s’excluent pas mais qu’elles jouent chacune un rôle différent.
    Ces deux concepts de la fraternité se rencontrent dans la devise républicaine Liberté, égalité, fraternité.
    Curieusement, alors que pour les chrétiens comme pour les francs-maçons la fraternité semble primordiale, on l’oublie presque en égrenant la triade des frontons des Mairies et des Palais de Justice.
    Dans nos sociétés de domination des uns sur les autres, la liberté et l’égalité sont entravées par :
    • les inégalités économiques et sociales,
    • toute sorte de parasites qui s’accrochent à l’échelle
    des pouvoirs,
    • les idéologies qui justifient leurs privilèges,
    • la bureaucratie.
    Ces obstacles hissent très haut le mur qui nous sépare de la fraternité.

    “Les francs-maçons arrêtés au milieu du gué”, ECE-D, 11/2020, pp. 25 – 27.

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