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Virginie Tostain est une professionnelle du patrimoine française, directrice du musée du Compagnonnage de Tours, musée municipal labellisé « Musée de France » installé dans l’ancienne abbaye Saint-Julien. Formée en histoire médiévale et en médiation du patrimoine, ancienne animatrice de l’architecture et du patrimoine du Grand Châtellerault, elle a présenté en 2022 à 450.fm son projet de modernisation d’un lieu de mémoire voisin de la tradition maçonnique.
Une vocation pour le patrimoine

Virginie Tostain découvre la médiation du patrimoine à 16 ans, dans un château de la Sarthe. Titulaire d’un master de recherche en histoire médiévale puis d’un master professionnel en régie des œuvres et médiation de l’architecture et du patrimoine, elle devient en 2009 guide-conférencière des Villes et Pays d’art et d’histoire et travaille en milieu rural sarthois.
À partir de 2012, elle est pendant sept ans animatrice de l’architecture et du patrimoine du Grand Châtellerault : gestion du label Pays d’art et d’histoire, expositions, suivi de chantiers de monuments historiques, inventaire. Ses collaborations fréquentes avec des artisans nourrissent son intérêt pour le compagnonnage.
Le musée du Compagnonnage de Tours
Elle prend la direction d’un musée à l’histoire singulière : né d’un musée associatif ouvert en 1911 par l’Alliance compagnonnique tourangelle, il est officiellement créé en 1968 par l’ethnologue Roger Lecotté, qui y fait représenter toutes les sociétés compagnonniques ; Laurent Bastard lui succède en 1993. Le musée occupe l’ancienne abbaye bénédictine Saint-Julien, classée monument historique dès 1840, et accueille 35 000 à 40 000 visiteurs par an.
Ses collections, très denses, comprennent chefs-d’œuvre, objets rituels et art populaire, notamment des estampes du XIXe siècle réalisées par des compagnons. Le musée publie la revue Fragments d’histoire du compagnonnage, créée en 1998.
Moderniser et ouvrir le musée
Virginie Tostain souhaite faire évoluer le parcours selon les vœux des compagnons, représenter de nouveaux métiers, dont les métiers de bouche, et donner davantage de visibilité au travail des femmes, accueillies dans le compagnonnage depuis 2004. Elle a mené une campagne de mécénat pour restaurer de nombreuses pièces en vue d’une exposition consacrée à la « conduite », cérémonie de départ des compagnons. Elle souligne que la notion de patrimoine culturel immatériel, dont relève le compagnonnage inscrit par l’UNESCO en 2010, reste « encore peu connue du public ».
Une passeuse entre compagnonnage et grand public
Si elle n’est pas présentée comme franc-maçonne, Virginie Tostain dirige une institution dont les collections éclairent une tradition initiatique de métier proche de la franc-maçonnerie par ses rites, ses symboles et ses valeurs de transmission. Son attachement aux musées de société en fait une interlocutrice précieuse pour les lecteurs intéressés par les sources opératives de l’Art royal.
À lire sur 450.fm : Entretien virginie tostain musee du compagnonnage de tours.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation.

