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Sorti en 2020 aux États-Unis, Trump vs the Illuminati est un long métrage d’animation pour adultes, bricolé et outrancier, où un clone de Donald Trump affronte dans l’espace des Illuminati extraterrestres. Le film n’a rien à dire de la Franc-maçonnerie, mais il illustre à merveille ce qu’est devenu le mot « Illuminati » : une étiquette vide, recyclée par la culture populaire pour désigner n’importe quel pouvoir caché.
De quoi parle Trump vs the Illuminati ?
Le récit s’ouvre en 2044 : des robots dotés d’intelligence artificielle ont épuisé les ressources de la Terre et l’humanité s’enfuit dans l’espace. Un clone de Donald Trump, fabriqué en Chine et retenu dans un laboratoire, parvient à s’échapper et embarque clandestinement dans la dernière navette. Échoué sur Mars, il y erre pendant des siècles avant d’apprendre qu’une prophétie fait de lui l’homme capable d’abattre les Illuminati, présentés ici comme une puissance extraterrestre. Le voyage le conduit jusqu’au quartier général de ses ennemis, situé… en Enfer.
Signé du pseudonyme BC Fourteen et produit par Ruthless Studios, le film est sorti en octobre 2020, en pleine campagne présidentielle américaine. La critique l’a reçu avec une sévérité presque unanime, certains y voyant un « nanar » involontairement fascinant, d’autres relevant qu’il charrie de nombreux fantasmes d’extrême droite sous couvert de farce. Les informations fiables sur sa production restent rares.
Des Illuminati devenus simple décor
Il faut rappeler ce que furent les vrais Illuminés de Bavière : une société fondée en 1776 par le professeur Adam Weishaupt, qui chercha un temps à recruter dans les Loges, avant d’être interdite et démantelée par le pouvoir bavarois dans les années 1780. L’ordre a donc disparu depuis plus de deux siècles. Sa survie supposée, et la confusion entretenue avec la Franc-maçonnerie, relèvent de la littérature conspirationniste née après la Révolution française.
Le film pousse cette mythologie jusqu’à l’absurde : ses Illuminati sont commandés par une divinité égyptienne, côtoient des Atlantes et un acolyte dont le nom évoque l’occultiste Aleister Crowley. Plus rien ne renvoie à une histoire réelle. C’est précisément ce qui le rend instructif : il montre comment le complotisme transforme un nom historique en accessoire de jeu vidéo, prêt à accueillir toutes les peurs politiques du moment.
Ce qu’un maçon peut en retenir
Rien d’initiatique dans cette œuvre, et il serait vain de lui prêter une profondeur qu’elle n’a pas. Sa seule leçon tient dans le contraste : là où la Franc-maçonnerie propose un travail lent sur soi, sous le regard de Frères, le récit complotiste offre un ennemi tout fait et un sauveur providentiel. Le film figure dans la filmographie maçonnique comme un témoin, presque caricatural, de la banalisation du mythe Illuminati.
Fiche technique
- Titre original : Trump vs. the Illuminati
- Année : 2020
- Pays : États-Unis
- Réalisation : BC Fourteen
- Scénario : BC Fourteen
- Interprètes (voix) : Timothy Banfield, Marco Guzmán, Sophia Woods Stevens, Rich Daigle
- Durée : 1 h 09
- Genre : Animation pour adultes, science-fiction parodique
Voir aussi dans le glossaire : Illuminati, Bavarian Illuminati, Complotisme.
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