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Le 9 décembre 2014, la Grande Loge nationale française (GLNF) met officiellement fin, par décret, à toute relation avec le Suprême Conseil pour la France (SCPLF), juridiction des hauts grades du Rite écossais ancien et accepté qui recrutait traditionnellement parmi ses membres. Préparée par la lettre du Grand Maître Jean-Pierre Servel d’août 2014 et par la création, en septembre, d’un Suprême Conseil national de France concurrent, cette décision scelle un divorce né pendant la crise de la GLNF. Elle bouleverse la carte des hauts grades écossais en France.
Date : 9 décembre 2014
Lieu : Paris, France
Une relation ancienne et fragile

Le Suprême Conseil pour la France administre les degrés du 4e au 33e du Rite écossais ancien et accepté. Né d’une scission des années 1960 liée à la Grande Loge de France, il s’est adossé à la GLNF, seule obédience française reconnue par Londres, dont ses membres devaient être issus. Il se flattait d’occuper le deuxième rang de préséance internationale, juste après la Juridiction Sud des États-Unis.
Les relations étaient encadrées par un décret n° 1115 du 1er décembre 2007, signé par le Grand Maître Jean-Charles Foellner, qui renvoyait à une déclaration de principes que le Souverain Grand Commandeur d’alors, Serge Poulard, avait refusé de signer, selon le SCPLF lui-même. Les tensions étaient donc anciennes.
La crise de 2011-2012
Pendant la crise de la GLNF, François Stifani rapporte le décret de 2007 en mai 2011 et suspend à titre conservatoire, par l’ordonnance n° 1388, le responsable de la juridiction. Le SCPLF conteste la légitimité de ces décisions, affirme ne pas être « souché » sur la GLNF et proclame qu’il accueillera les frères de la GLNF quelle que soit leur situation dans l’obédience.
En avril 2012, sous la conduite de son Souverain Grand Commandeur Jean-Luc Fauque, le SCPLF accompagne la création de la Grande Loge de l’Alliance maçonnique française, issue de la GLNF. Ses effectifs se recrutent dès lors de plus en plus dans cette nouvelle obédience.
La marche vers la rupture
Élu Grand Maître de la GLNF fin 2012, Jean-Pierre Servel affirme avoir attendu plus de dix-huit mois avant de normaliser la situation. Le 29 août 2014, il écrit aux membres de la GLNF que l’appartenance à l’obédience et au SCPLF est incompatible et leur laisse jusqu’au 15 novembre 2014 pour en tirer les conséquences. Entre-temps, le 29 septembre, des frères fidèles à la GLNF fondent le Suprême Conseil national de France, avec Jacques Prats pour Souverain Grand Commandeur.
Le SCPLF, de son côté, envisage un rapprochement avec le Suprême Conseil de France, juridiction associée à la Grande Loge de France, ce qui achève de l’éloigner de la GLNF.
L’événement : le décret de décembre 2014

Le 9 décembre 2014, un décret de la GLNF, portant le n° 1654 selon la chronologie Kronobase, met fin à toute relation avec le SCPLF. La décision officialise un état de fait : les frères de la GLNF qui pratiquent le REAA au-delà du grade de maître sont désormais appelés à rejoindre le SCNDF. La presse maçonnique y voit la véritable rupture entre les deux institutions.
Conséquences
Privé de son vivier traditionnel et associé à des obédiences non reconnues par Londres, le SCPLF voit sa position internationale s’affaiblir. Selon la presse maçonnique, il perd dans les années suivantes la reconnaissance de grandes juridictions du REAA, notamment américaines. En janvier 2017, son nouveau Souverain Grand Commandeur, Henri Lustman, s’adresse aux frères pour dénoncer les départs vers d’autres juridictions de hauts grades.
Repères chronologiques
- 1er décembre 2007 : décret n° 1115 de Jean-Charles Foellner sur les relations avec les juridictions de hauts grades.
- Mai 2011 : François Stifani rapporte ce décret et suspend le responsable du SCPLF.
- Avril 2012 : le SCPLF accompagne la naissance de la GL-AMF.
- 29 août 2014 : lettre de Jean-Pierre Servel déclarant les deux appartenances incompatibles.
- 29 septembre 2014 : création du Suprême Conseil national de France.
- 9 décembre 2014 : la GLNF rompt officiellement avec le SCPLF.
- 23 janvier 2017 : lettre du Souverain Grand Commandeur Henri Lustman aux frères du SCPLF.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Suprême Conseil, Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

