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En 2015, Jean-Pierre Servel est réélu Grand Maître de la Grande Loge nationale française (GLNF) avec 98,69 % des suffrages, puis réinstallé dans ses fonctions en décembre. Ce score quasi unanime contraste avec les divisions qui avaient déchiré l’obédience quelques années plus tôt. Élu fin 2012 pour sortir la GLNF de la crise, il a obtenu le retour de la reconnaissance de la Grande Loge unie d’Angleterre et des Grandes Loges européennes. Sa réélection consacre ce redressement et ouvre un second mandat tourné vers la réorganisation des provinces.
Date : 2015
Lieu : Paris, France
Le contexte : une obédience à reconstruire

Lorsque Jean-Pierre Servel prend ses fonctions, fin 2012, la GLNF sort de trois années de crise. La grande maîtrise de François Stifani a été contestée pour sa gouvernance, un administrateur judiciaire a été nommé en 2011, et l’obédience a perdu ses reconnaissances : celles de cinq Grandes Loges européennes le 10 juin 2012, puis celles d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande le 19 septembre 2012.
Les effectifs ont fondu : d’environ 43 500 membres avant la crise, l’obédience est tombée à quelque 26 200, tandis que plusieurs groupes ont fondé de nouvelles obédiences, de la Grande Loge de l’Alliance maçonnique française à la Grande Loge indépendante de France.
Un premier mandat de rupture
Dès son installation, Jean-Pierre Servel affiche sa volonté de tourner la page. Le 4 décembre 2012, il suspend son prédécesseur, qui sera radié en avril 2013. Dans son discours, il dénonce aussi les exclusions prononcées pour délits d’opinion pendant la crise et appelle à restaurer la confiance.
Son action vise d’abord Londres. La Grande Loge unie d’Angleterre rétablit sa reconnaissance, et les cinq Grandes Loges européennes de l’appel de Bâle restaurent à leur tour leurs relations avec la GLNF. En 2014, il clarifie aussi la question des hauts grades en déclarant incompatible l’appartenance à la GLNF et au Suprême Conseil pour la France, ce qui conduit à la création du Suprême Conseil national de France.
L’événement : une réélection plébiscitaire
Candidat à sa propre succession, Jean-Pierre Servel est réélu en 2015 avec 98,69 % des suffrages, selon le chiffre rapporté par la presse. La réinstallation du Grand Maître, en décembre 2015, est saluée par la presse maçonnique comme un événement historique, tant le climat a changé depuis les assemblées houleuses de 2011 et 2012.
Le score traduit à la fois l’adhésion à la politique de reconstruction et l’absence d’opposition organisée, une partie des contestataires ayant quitté l’obédience pendant la crise.
Le second mandat : la réorganisation territoriale

Le second mandat est marqué par la refonte de la carte des provinces. En 2016, le Grand Maître sillonne l’outre-mer pour installer les nouveaux Grands Maîtres provinciaux : il doit en installer trente, dont trois pour les Caraïbes, un pour la Martinique, un pour la Guadeloupe et les îles du Nord, un pour la Guyane. En mai 2016, il se rend aussi en Nouvelle-Calédonie pour y installer un nouveau représentant provincial.
À ses interlocuteurs, il martèle que la GLNF ne recherche aucun pouvoir politique, rappel appuyé de la neutralité exigée par la maçonnerie régulière, après les controverses de l’ère précédente. Il annonce plus de 29 000 membres.
Postérité
Jean-Pierre Servel a pour successeurs Jean-Pierre Rollet puis Yves Pennes. Son passage à la tête de la GLNF reste associé à la sortie de crise : retour dans le concert des Grandes Loges régulières, stabilisation des effectifs et apaisement interne.
Repères chronologiques
- 4 décembre 2009 : début de la contestation interne à la GLNF.
- 19 septembre 2012 : suspension de la reconnaissance anglaise, écossaise et irlandaise.
- Fin 2012 : élection et installation de Jean-Pierre Servel.
- 4 décembre 2012 : suspension de François Stifani.
- 29 août 2014 : lettre déclarant incompatible l’appartenance au SCPLF.
- 2015 : réélection de Jean-Pierre Servel avec 98,69 % des voix ; réinstallation en décembre.
- 2016 : installation de trente Grands Maîtres provinciaux.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Musée-bibliothèque de la Grande Loge Nationale Française (Musée maçonnique), Patente du marquis de Gages, Grand Maître provincial des Pays-Bas autrichiens, 22 janvier 1770 (date historique), Yves Pennes (Personnalité).

