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Né le 20 octobre 1744 à Toulouse et mort le 18 octobre 1818 au château de Lapeyrouse, en Haute-Garonne, Philippe-Isidore Picot de Lapeyrouse est un naturaliste, botaniste et homme public français. Spécialiste de la flore des Pyrénées, maire de Toulouse de 1800 à 1806 et doyen de la faculté des sciences, il fut un franc-maçon actif, fondateur de la loge Les Amis du désert et vénérable de la Grande Loge provinciale de Toulouse.
Du parlement de Toulouse à l’histoire naturelle

Fils d’un capitoul de Toulouse, aîné de sept enfants, Philippe-Isidore Picot se destine d’abord à la magistrature. En 1768, il est avocat général à la chambre des eaux et forêts du parlement de Toulouse, puis avocat aux requêtes jusqu’en 1777. Il démissionne après les réformes de Maupeou et hérite en 1775 de la fortune et du titre de son oncle, le baron de Lapeyrouse.
Libéré des charges judiciaires, il se consacre aux sciences naturelles. Ses premiers Mémoires d’histoire naturelle (1774-1778) portent sur les cristallisations, le lagopède et les plantes des Pyrénées ; il étudie aussi les fossiles et publie en 1786 un traité sur les mines de fer et les forges du comté de Foix.
Le botaniste des Pyrénées
Son œuvre majeure est consacrée à la flore pyrénéenne : Figures de la flore des Pyrénées (1795), puis Histoire abrégée des plantes des Pyrénées (1813). En 1797, il prend part à l’expédition vers le Mont-Perdu, dont il tire un récit. Correspondant de l’Académie des sciences et membre de l’académie de Stockholm, il est à l’origine de la création du Muséum d’histoire naturelle de Toulouse. Son abréviation botanique standard est « Lapeyr. »
Un notable de la Révolution à l’Empire
En 1789, il rédige les cahiers de doléances de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse ; en 1790, il préside l’administration du district. Arrêté sous la Terreur, il reste emprisonné dix-huit mois. Il devient ensuite inspecteur des mines et professeur à l’école centrale de Toulouse.
Maire de Toulouse de 1800 à 1806, premier président du conseil général de la Haute-Garonne, baron d’Empire et chevalier de la Légion d’honneur, il est élu mainteneur des Jeux floraux en 1806, secrétaire perpétuel de l’Académie de Toulouse rétablie en 1807, puis professeur et doyen de la faculté des sciences en 1811.
Un maçon toulousain influent

Wikipédia le décrit comme un franc-maçon actif, influencé par Jean-Jacques Rousseau. Il fonde la loge « Les Amis du désert », dont la date de création n’est pas précisée par les sources consultées, et il est vénérable de la Grande Loge provinciale de Toulouse de 1814 à 1818. Il était lié d’amitié avec l’archéologue Alexandre Du Mège.
Principales œuvres
- Mémoires d’histoire naturelle, 1774-1778
- De l’administration diocésaine en Languedoc, 1789
- Histoire des plantes des Pyrénées, 1791
- Figures de la flore des Pyrénées, 1795
- Voyage au Mont-Perdu et dans la partie adjacente des Hautes-Pyrénées, 1797
- Monographie des saxifrages, 1801
- Histoire abrégée des plantes des Pyrénées, 1813
- Considérations sur les lycées, 1815
Science, cité et loge à Toulouse
Savant reconnu, administrateur de sa ville et responsable maçonnique jusqu’à sa mort, Picot de Lapeyrouse résume la sociabilité éclairée toulousaine qui traversa la Révolution pour s’épanouir sous l’Empire. Il témoigne de la continuité, dans les grandes villes de province, d’une franc-maçonnerie de notables savants, attachés à la connaissance et au bien public.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Philippe-Isidore Picot de Lapeyrouse.
Voir aussi dans le glossaire : Vénérable (Vénérable Maître en chaire), Loge Bleue ou Loge Symbolique..

