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Paul Doumer, de son vrai prénom Joseph Athanase, naît le 22 mars 1857 à Aurillac et meurt assassiné à Paris le 7 mai 1932. Fils d’une famille très modeste devenu professeur de mathématiques, journaliste, ministre des Finances, gouverneur général de l’Indochine, président de la Chambre puis du Sénat, il est élu président de la République en 1931. Initié en 1879, il fut secrétaire du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France.
De l’atelier de graveur à l’enseignement

Issu d’un milieu très modeste, Paul Doumer obtient son certificat d’études en 1870 et travaille dès treize ans comme coursier puis ouvrier graveur. Il passe le baccalauréat ès sciences en 1876 et une licence de mathématiques en 1878, avant d’enseigner aux collèges de Mende puis de Remiremont.
Secrétaire de la fédération vosgienne de la Ligue de l’enseignement en 1880, il se tourne vers le journalisme : rédacteur en chef du Courrier de l’Aisne à Laon en 1883, puis premier directeur de La Tribune de l’Aisne.
Un républicain radical au cœur de l’État
Conseiller municipal de Laon, député de l’Aisne en 1888 puis de l’Yonne en 1891, il devient chef de cabinet du président de la Chambre Charles Floquet. Ministre des Finances en 1895, il est nommé gouverneur général de l’Indochine de 1897 à 1902.
De retour à la Chambre, il préside la commission du Budget puis la Chambre des députés en 1905. Candidat malheureux à l’Élysée en 1906, il devient sénateur de la Corse en 1912. Quatre de ses fils meurent pendant la Première Guerre mondiale. Président du Sénat en 1927, il est élu président de la République en 1931, avant d’être assassiné par Paul Gorgulov moins d’un an plus tard.
Un dignitaire du Grand Orient de France
Paul Doumer est initié le 1er décembre 1879 dans la loge parisienne L’Union fraternelle, du Grand Orient de France, et devient compagnon puis maître l’année suivante. Il s’affilie ensuite à plusieurs ateliers, dont Alsace-Lorraine et Voltaire, loge dont il est cofondateur et vénérable, puis au Réveil de l’Yonne lorsqu’il devient député de ce département.
Il siège au Convent de 1884 à 1888, puis au Conseil de l’Ordre de 1888 à 1895, dont il est secrétaire en 1892. Selon Wikipédia, ses relations maçonniques l’aident à devenir chef de cabinet de Charles Floquet.
La rupture de l’affaire des fiches

Lors de l’affaire des fiches, Doumer s’indigne du rôle joué par la franc-maçonnerie et le gouvernement, dénonçant des « procédés de basse police ». Son opposition au ministère Combes lui vaut d’être exclu par la loge La Libre Pensée, à l’Orient de Paris, et écarté du Grand Orient, tout en restant membre honoraire de L’Union fraternelle. À sa mort, les loges organisent des honneurs funèbres en sa mémoire.
Principales œuvres
- Le Livre de mes fils, 1906
- La Métallurgie du fer, 1912
Un président issu des loges républicaines
Paul Doumer illustre à la fois l’ascension sociale permise par l’école et la sociabilité maçonnique de la Troisième République, et les tensions qui traversèrent le Grand Orient au moment de l’affaire des fiches. Ancien secrétaire du Conseil de l’Ordre devenu chef de l’État, il demeure l’un des exemples les plus marquants des liens entre l’obédience et les élites républicaines.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Paul Doumer.
Voir aussi dans le glossaire : Convent, Sautoir de Vénérable Maître.

