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Anne, dite Madeleine Pelletier, naît à Paris le 18 mai 1874 et meurt à Épinay-sur-Orge le 29 décembre 1939. Issue d’un milieu pauvre, elle devient la première femme diplômée en psychiatrie en France, militante féministe, socialiste puis communiste. Initiée en 1904 à la Grande Loge symbolique écossaise, vénérable de plusieurs loges, elle mène un combat acharné pour l’admission des femmes en franc-maçonnerie avant de rejoindre le Droit humain.
Une pionnière de la médecine

Contrainte d’arrêter l’école à douze ans, Madeleine Pelletier passe seule son baccalauréat en 1896 et 1897, puis entreprend des études de médecine. En 1903, elle obtient le droit de concourir à l’internat des asiles, jusque-là fermé aux femmes, et soutient sa thèse. En 1906, elle est la première femme diplômée en psychiatrie en France, et devient médecin des Postes.
Féministe et militante politique
Présidente de « La solidarité des femmes » de 1906 à 1910, elle adhère à la SFIO en 1906, siège à sa commission administrative permanente en 1909 et se présente aux élections de 1910. Elle soutient la révolution russe, rejoint les communistes après le congrès de Tours, se rend clandestinement en Russie soviétique en 1921 et quitte le parti en 1926.
Militante du droit à l’avortement, elle est inculpée en 1939 ; hémiplégique, elle est internée d’office et meurt à l’asile d’Épinay-sur-Orge.
Le combat pour les femmes en loge

En 1904, elle est initiée à la loge n° 3 Philosophie sociale, de la Grande Loge symbolique écossaise, ouverte aux femmes. Elle y voit une école de formation politique et lance aussitôt une campagne pour l’ouverture des loges aux femmes, convainquant Louise Michel de rejoindre sa loge. En 1905, elle publie L’Admission des femmes dans la franc-maçonnerie et devient vénérable de la loge Diderot.
Secrétaire de la GLSE en 1906, elle siège à la commission du bulletin hebdomadaire commun, une première pour une femme. Elle s’oppose avec virulence à l’exclusion des loges mixtes, puis est exclue de la GLSE en 1907, tout en restant vénérable de la loge Stuart Mill, devenue indépendante.
Après la Première Guerre mondiale, elle rejoint le Droit humain, l’obédience mixte fondée par Maria Deraismes, puis, en 1937, le groupement Mundia de maçons pacifistes.
Principales œuvres
- L’Admission des femmes dans la franc-maçonnerie, 1905
- La Femme en lutte pour ses droits, 1908
- Dieu, la morale, la patrie, 1910
- Philosophie sociale, 1912
- Le Droit à l’avortement, 1913
- Mon voyage aventureux en Russie communiste, 1922
- Une vie nouvelle, 1932
- La Femme vierge, 1933
Une pionnière de la mixité maçonnique
Médecin, féministe et franc-maçonne, Madeleine Pelletier a été l’une des premières à poser publiquement la question de la place des femmes dans les obédiences françaises. Son combat, souvent solitaire et conflictuel, annonce les débats qui traverseront la maçonnerie française tout au long du XXe siècle, jusqu’à l’ouverture progressive des grandes obédiences à la mixité.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Madeleine Pelletier.
Voir aussi dans le glossaire : Mixité, Sautoir de Vénérable Maître, Loge d’Adoption.

