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Charles Camille Pelletan naît à Paris le 28 juin 1846 et y meurt le 4 juin 1915. Fils d’Eugène Pelletan, archiviste-paléographe devenu journaliste d’opposition, chef de file des radicaux intransigeants, député puis sénateur des Bouches-du-Rhône et ministre de la Marine du cabinet Combes, il est l’une des grandes voix du radicalisme. Il est reçu franc-maçon le 11 avril 1870 à la loge La Mutualité.
Un chartiste devenu journaliste

Élève du lycée Louis-le-Grand, Camille Pelletan sort de l’École des chartes archiviste-paléographe, avec une thèse sur les chansons de geste, et obtient une licence en droit. Journaliste dès vingt ans, il combat le régime de Napoléon III à La Tribune et au Rappel, pour lequel il couvre en 1869 l’inauguration du canal de Suez.
En 1871-1872, il fréquente les Vilains Bonshommes et les Zutistes, et croise Rimbaud à Paris.
Le chef des radicaux intransigeants
Après 1870, il anime avec Clemenceau les radicaux intransigeants hostiles aux opportunistes de Gambetta. Il milite dès 1879 pour l’amnistie des communards et dirige à partir de 1880 la rédaction de La Justice.
Député des Bouches-du-Rhône de 1881 à 1912, puis sénateur jusqu’en 1915, il combat l’expansion coloniale et le boulangisme, participe à la fondation du Parti radical-socialiste en 1901 et le préside en 1906-1907. Farouchement anticlérical, il vote la loi de séparation des Églises et de l’État.
Ministre de la Marine

De juin 1902 à janvier 1905, il est ministre de la Marine du cabinet Combes. Sa politique, inspirée de la Jeune École, est vivement critiquée, mais il crée le corps des Affaires maritimes et instaure la journée de huit heures dans les arsenaux.
Un frère de La Mutualité
Selon Wikipédia, Camille Pelletan est reçu maçon le 11 avril 1870 à la loge La Mutualité. L’article le décrit comme un membre respecté mais peu assidu ; cette mention n’y est toutefois pas sourcée, et l’obédience n’est pas précisée.
Son engagement radical et anticlérical, au cœur des combats du bloc des gauches sous le ministère Combes, recoupe largement les orientations de la maçonnerie républicaine de son temps, à laquelle son père Eugène Pelletan était lui aussi lié.
Le radicalisme et les loges
Journaliste de combat, tribun et ministre, Camille Pelletan incarne la République radicale du tournant du siècle, dont les réseaux maçonniques ont été un pilier. Sa réception en loge à la veille de la chute de l’Empire inscrit cette figure du radicalisme dans la longue histoire des liens entre franc-maçonnerie et République laïque.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Camille Pelletan.
Voir aussi dans le glossaire : Haine de la laïcité (antimaçonnisme).

