Luc-Pierre Richard-Gardon (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né Luc Pierre Riche à Lyon et mort à Paris, dans le 2e arrondissement, Luc-Pierre Richard-Gardon est un avocat et journaliste français du XIXe siècle. Franc-maçon, il se fait connaître sous le Second Empire par son opposition tenace à Lucien Murat, grand maître du Grand Orient de France. Déiste, attaché aux références à Dieu dans les rituels, il anime plusieurs journaux d’inspiration initiatique entre 1855 et 1861 et fonde le « Temple des familles », un organisme paramaçonnique mixte.

Un avocat lyonnais venu au journalisme

Les sources consultées restent brèves sur ses origines. Né sous le nom de Luc Pierre Riche à Lyon, il exerce comme avocat avant de se tourner vers le journalisme, sous le nom de Richard-Gardon. Il meurt à Paris, dans le 2e arrondissement ; les dates précises de sa naissance et de sa mort ne figurent pas dans l’article Wikipédia qui lui est consacré.

Son parcours public est indissociable de la vie maçonnique parisienne du Second Empire, période où l’autorité de la grande maîtrise du Grand Orient de France fait débat parmi les frères.

Une presse d’inspiration initiatique

Richard-Gardon se signale d’abord comme éditeur de périodiques. En 1855, il publie La Vie humaine, journal qui prend en 1860 le titre d’L’Histoire ancienne et moderne, puis devient en 1861 Le Journal des initiés. Cette succession de titres traduit le glissement progressif d’une publication généraliste vers un organe explicitement tourné vers le monde maçonnique.

À travers ces feuilles, il fait entendre une voix indépendante à l’intérieur de l’obédience, à une époque où la presse maçonnique demeure peu développée et étroitement surveillée.

Un opposant au grand maître Lucien Murat

Franc-maçon, Richard-Gardon s’illustre par son opposition publique et tenace à Lucien Murat, grand maître du Grand Orient de France sous le Second Empire. Les sources consultées ne précisent ni sa loge, ni la date de son initiation, ni les fonctions qu’il a pu exercer, mais elles retiennent la constance de sa contestation de l’autorité du grand maître.

Déiste convaincu, il s’oppose également à l’abandon des références à Dieu au sein du Grand Orient. Il se situe ainsi dans le camp des maçons attachés à la dimension spiritualiste de l’Ordre.

Le « Temple des familles », une expérience mixte

Richard-Gardon fonde le « Temple des familles », présenté comme un organisme paramaçonnique mixte. Cette initiative, qui associait hommes et femmes dans un cadre inspiré de la maçonnerie, s’inscrit dans les tentatives du XIXe siècle pour ouvrir la sociabilité initiatique aux femmes, plusieurs décennies avant la naissance des obédiences mixtes.

Selon le Dictionnaire de la franc-maçonnerie dirigé par Daniel Ligou, cité par Wikipédia, il ne semble plus avoir d’activité maçonnique à partir de 1872.

Une voix dissidente du Second Empire

Figure secondaire mais révélatrice, Luc-Pierre Richard-Gardon témoigne des tensions qui traversent le Grand Orient de France sous le Second Empire : contestation d’une grande maîtrise imposée, débat sur la place de Dieu dans les rituels, premières tentatives d’ouverture aux femmes. Son œuvre de journaliste maçonnique et son « Temple des familles » en font un précurseur discret de questions qui structureront la franc-maçonnerie française à la fin du siècle.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Luc-Pierre Richard-Gardon.

Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Mixité, Loge Bleue ou Loge Symbolique., Daniel Ligou (historien).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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