Léon Richer (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né en 1824 à L’Aigle, dans l’Orne, et mort en 1911 à Paris, Léon Richer est un journaliste libre-penseur et l’un des pionniers du féminisme français. Fondateur de l’hebdomadaire Le Droit des femmes et organisateur du premier congrès international du droit des femmes en 1878, il travaille longtemps aux côtés de Maria Deraismes. Franc-maçon, il organise des conférences au Grand Orient de France et milite pour l’admission des femmes en loge.

Du notariat au journalisme

Léon Richer – portrait
Source : Wikimedia Commons – Jean Baptiste Piquée – Public domain

Destiné au notariat, Léon Richer est, après des revers de fortune, clerc de notaire à Choisy-le-Roi pendant une quinzaine d’années, puis employé à la compagnie du Paris-Orléans. Il entre dans le journalisme vers le milieu des années 1860, attaché à L’Opinion nationale d’Adolphe Guéroult.

Il devient ensuite rédacteur en chef du Petit Parisien, où il signe des chroniques sous le pseudonyme de « Jean Frollo ». Membre de la Société des gens de lettres, il sera doyen de l’Association des journalistes républicains.

Le Droit des femmes, combat d’une vie

Richer fonde l’hebdomadaire Le Droit des femmes, dont il est rédacteur en chef et qui paraît jusqu’en 1891. Avec Maria Deraismes, il crée l’Association pour le droit des femmes, puis la Société pour l’amélioration du sort de la femme, la Ligue française pour le droit des femmes et la Fédération internationale pour la revendication des droits de la femme, qu’il préside.

En 1878, pendant l’Exposition universelle, il organise le premier Congrès international du droit des femmes. En 1886, il obtient la création d’une commission extra-parlementaire à laquelle il présente trois propositions de loi. Son Code des femmes (1883) synthétise ses revendications juridiques.

Un franc-maçon au service de l’émancipation

Léon Richer est franc-maçon, appartenance attestée par l’Encyclopédie de la franc-maçonnerie d’Éric Saunier, citée par Wikipédia, qui ne précise ni sa loge ni la date de son initiation. Il organise et dirige des cycles de conférences parisiennes, notamment au Grand Orient de France, rue Cadet, où il prend lui-même plusieurs fois la parole.

En sollicitant Maria Deraismes, il cherche aussi à convaincre ses frères d’admettre les femmes dans la franc-maçonnerie. Le Grand Orient ne se prononce pas en ce sens ; Maria Deraismes fondera ensuite l’obédience mixte Le Droit humain.

Un libre-penseur militant

Libre-penseur, Richer publie des ouvrages de combat anticlérical, comme les Lettres d’un libre-penseur à un curé de village, écrites avec Adolphe Guéroult, Propos d’un mécréant ou Le Tocsin. Il publie également des écrits sur le divorce, dont un projet de loi. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Principales œuvres

  • Lettres d’un libre-penseur à un curé de village, avec Adolphe Guéroult
  • Le Livre des femmes, avec Victor Poupin
  • Lettres parisiennes : la politique en 1873
  • Le Divorce : projet de loi
  • La Femme libre
  • Le Code des femmes, 1883
  • Propos d’un mécréant

Un trait d’union entre loge et féminisme

Léon Richer occupe une place singulière dans l’histoire de la franc-maçonnerie française : celle d’un frère qui, depuis l’intérieur du Grand Orient, porte la cause des droits des femmes et prépare, aux côtés de Maria Deraismes, le terrain sur lequel naîtra la maçonnerie mixte. Son action illustre le lien étroit entre libre pensée, républicanisme et féminisme dans les loges de la Troisième République.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Léon Richer.

Voir aussi dans le glossaire : Mixité, Libre pensée (antimaçonnisme), Éric Saunier (historien).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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