Jean-Dominique Fratoni (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Jean-Dominique Fratoni, né en Corse et mort à Lugano, en Suisse, à l’âge de 71 ans, est un chef d’entreprise français, gérant de casinos sur la Côte d’Azur, surnommé le « Napoléon des jeux ». Propriétaire du casino Ruhl à Nice, il fut l’un des protagonistes de la « guerre des casinos » niçoise des années 1970. Selon les journalistes Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre, il s’était engagé dans la franc-maçonnerie française.

Le « Napoléon des jeux »

Jean-Dominique Fratoni – portrait
Source : Wikimedia Commons – Nadia Bouloudene – CC BY 2.0

Originaire de Corse, Jean-Dominique Fratoni fait carrière dans l’exploitation des jeux. Il dirige le casino de Sainte-Maxime avant d’acquérir en 1974 le casino Ruhl de Nice, qui se hisse à la 21e place des 147 casinos français.

Il est décrit comme notoirement proche de Jacques Médecin, maire de Nice, dans le contexte d’une Côte d’Azur où les intérêts économiques et politiques du jeu étaient étroitement imbriqués.

La guerre des casinos de Nice

En 1977, Fratoni cherche à prendre le contrôle du Palais de la Méditerranée, établissement concurrent. Il propose trois millions de francs, par l’intermédiaire de Maurice Agnelet, pour obtenir les droits de vote d’Agnès Le Roux, héritière de l’établissement, qui disparaît pendant le week-end de la Toussaint 1977.

Cette affaire, devenue l’une des plus célèbres de la chronique judiciaire française, a inspiré plusieurs œuvres de fiction et documentaires.

Exil et condamnations

Jean-Dominique Fratoni
Source : Wikimedia Commons – Florent Abel – CC BY-SA 4.0

Inculpé, Fratoni quitte la France pour l’Italie en 1980, puis pour la Suisse. Il est condamné par défaut en 1983 et 1985 à cinq ans de prison au total et à 410 millions de francs d’amende pour des infractions fiscales et douanières. Le casino Ruhl est fermé sur décision du ministre de l’Intérieur. Il meurt à Lugano.

Un lien maçonnique peu documenté

L’article de Wikipédia indique, sur la foi de l’enquête des journalistes Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre, que Jean-Dominique Fratoni s’était engagé dans la franc-maçonnerie française. Les sources consultées ne précisent ni sa loge, ni son obédience, ni les dates de son appartenance, ni d’éventuelles responsabilités.

Son cas est généralement évoqué dans les travaux journalistiques consacrés aux réseaux d’influence sur la Côte d’Azur, où l’appartenance maçonnique de certains acteurs a souvent été mise en avant.

Une figure des dérives des réseaux

Jean-Dominique Fratoni n’occupe pas de place dans l’histoire institutionnelle de la franc-maçonnerie française. Son nom y apparaît surtout comme un exemple, souvent cité dans la presse d’enquête, des dérives affairistes que les obédiences elles-mêmes dénoncent : l’usage de la sociabilité fraternelle à des fins d’influence, à rebours des idéaux de probité qui fondent l’engagement maçonnique.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean-Dominique Fratoni.

Voir aussi dans le glossaire : Voile, Fraternité, Loge Bleue ou Loge Symbolique., Renaud Lecadre (Auteur), Ghislaine Ottenheimer (Auteur).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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