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Né à Paris en 1870 et mort à Neuilly-sur-Seine en 1926, Jean-Baptiste Bidegain fut franc-maçon et secrétaire adjoint du Grand Orient de France, rue Cadet. En 1904, il livra à des adversaires du gouvernement Combes les documents qui provoquèrent l’affaire des fiches, l’un des plus graves scandales de la Troisième République. Devenu ensuite polémiste antimaçonnique, il demeure une figure de la trahison dans la mémoire maçonnique.
Origines et entrée en maçonnerie

Issu d’une famille de paysans basques catholiques et pauvres, Jean-Baptiste Bidegain naît dans le quartier du Sentier, à Paris, et fait ses études chez les Frères des écoles chrétiennes.
En 1893, il entre « par curiosité » dans une loge de la Grande Loge symbolique écossaise, où il subit l’influence d’Oswald Wirth. En 1895, il sollicite son admission dans l’ordre martiniste, comme l’atteste une lettre du fonds Papus de la Bibliothèque municipale de Lyon.
Au secrétariat de la rue Cadet
Accueilli au Grand Orient de France par le docteur Blatin, président de l’obédience en 1894, il obtient un emploi au secrétariat de la rue Cadet. À partir de 1900, il assiste aux séances du Conseil de l’ordre ; nommé secrétaire adjoint et élevé au 18e degré, il joue un rôle central en l’absence du secrétaire général Narcisse-Amédée Vadecard.
En 1902, il fonde la Revue du XXe siècle et, avec Lucien Deslinières, la loge L’Action socialiste, de tendance guesdiste, dont il est secrétaire. En 1903, un deuil et l’ajournement de la promotion qu’il espérait l’éloignent progressivement de l’obédience.
L’homme de l’affaire des fiches

En 1904, sous l’identité de « G. T. », il entre en contact avec le député nationaliste Jean Guyot de Villeneuve et remet à l’abbé de Bessonies un dossier de lettres, de fiches et de photographies. Ces documents révèlent le fichage, par l’intermédiaire du Grand Orient, des opinions religieuses et politiques des officiers au profit du ministère de la Guerre.
L’interpellation de Guyot de Villeneuve à la Chambre déclenche l’affaire des fiches, qui ébranle le ministère Combes. Bidegain est exclu du Grand Orient de France ; une estampe de l’époque le désigne comme « le traître Bidegain ». Gaston Méry prend sa défense dans La Libre Parole.
Principales œuvres
- Le Grand-Orient de France, sa doctrine et ses actes, 1905
- Masques et visages maçonniques, 1906
- Magistrature et justice maçonniques, 1907
- Une conspiration sous la IIIe République. La vérité sur l’affaire des fiches, 1910
Une trahison qui marque l’histoire maçonnique
Bidegain occupe une place à part dans l’histoire de la franc-maçonnerie française : employé de confiance devenu dénonciateur, il est à l’origine d’un scandale qui a durablement terni l’image du Grand Orient et nourri, par ses écrits ultérieurs aux accents antimaçonniques et antisémites, la littérature hostile à la maçonnerie au début du XXe siècle.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean-Baptiste Bidegain.
Voir aussi dans le glossaire : Affaire Dreyfus (antimaçonnisme).

