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Né à Toul en 1738 et mort dans la même ville en 1814, Charles François de Bicquilley fut garde du corps du roi, chevalier de Saint-Louis, mathématicien et économiste, auteur d’un traité pionnier sur le calcul des probabilités, puis maire de Toul au début de la Révolution. En 1782, il fonda à Toul la loge Les Sept-Sœurs, dont il fut le vénérable.
Une famille de notables toulois

Fils cadet de Pierre Bicqueley, conseiller du roi, lieutenant particulier et échevin de Toul, et de Jeanne Collot, Charles François de Bicquilley épouse le 14 janvier 1771 Marie Élisabeth Vuillemin. Parmi leurs enfants figure Pierre Marie (1771-1809), général de brigade d’artillerie.
Écuyer, il entre le 16 janvier 1764 dans la compagnie écossaise des gardes du corps du roi et reçoit la croix de chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis.
Un mathématicien de l’économie
Homme de science, il publie en 1783 Du calcul des probabilités et, en 1787, un Traité sur les assurances maritimes qui lui vaut de partager un prix académique. Il entretient des relations suivies avec Condorcet, Marmontel, Jacques Antoine Cousin et d’autres membres de l’Académie royale des sciences.
Sa Théorie élémentaire du commerce, publiée en l’an VIII à l’invitation de l’Institut, est présentée comme l’un des premiers traitements mathématiques de la science du commerce. Poète à ses heures, il adresse des vers à Voltaire, qui lui répond avec esprit.
Maire de Toul sous la Révolution
Le 4 février 1790, Bicquilley devient maire de Toul, fonction qu’il exerce jusqu’au 13 novembre 1791. Il siège ensuite au directoire du département de la Meurthe. Sous la Terreur, accusé de fédéralisme et de liens avec les Girondins, il est incarcéré.
Sous le Directoire, il est membre puis président de l’assemblée municipale de Toul. À la fin de sa vie, il enseigne gratuitement les mathématiques au collège de la ville.
Le fondateur des Sept-Sœurs de Toul
Le 17 janvier 1782, Bicquilley crée à Toul la loge Les Sept-Sœurs, dont il est le vénérable. L’atelier prospère rapidement et compte cinquante-cinq membres en 1783.
Le nom de la loge évoque celui des Neuf Sœurs parisiennes, haut lieu de la sociabilité savante des Lumières ; il illustre l’essor des loges de province rassemblant officiers, magistrats et savants à la veille de la Révolution. Les sources consultées ne précisent pas l’obédience de rattachement.
Principales œuvres
- Du calcul des probabilités, 1783
- Traité sur les assurances maritimes, 1787
- Théorie élémentaire du commerce, an VIII
Un savant maçon des Lumières lorraines
Charles François de Bicquilley incarne la figure du maçon éclairé de la fin de l’Ancien Régime : officier, savant en relation avec Condorcet, administrateur municipal, il fonde à Toul une loge nombreuse qui témoigne de la vitalité de la franc-maçonnerie lorraine dans les années 1780.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Charles François de Bicquilley.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Sautoir de Vénérable Maître, Lumières (trois), Initiation.

