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Le 12 mai 1730, durant son séjour en Angleterre, Charles-Louis de Secondat, baron de Montesquieu, est initié franc-maçon à la loge qui se réunit à la Horn Tavern de Westminster, l’une des plus prestigieuses de Londres. L’auteur des Lettres persanes, futur auteur de De l’esprit des lois, devient ainsi l’un des premiers grands intellectuels français à entrer en maçonnerie. Il fréquentera ensuite des loges à Paris, aux côtés du duc de Richmond et de Désaguliers, puis à Bordeaux, au point d’être inquiété en 1737. Son initiation illustre le rôle de l’Angleterre comme foyer de diffusion de l’Ordre en France.
Date : 12 mai 1730
Lieu : Horn Tavern, Westminster, Londres, Royaume-Uni
Le contexte : un philosophe en voyage

En 1728, Montesquieu, déjà célèbre pour ses Lettres persanes (1721), entreprend un long voyage européen. Il fait route vers Vienne avec le comte Waldegrave, diplomate et franc-maçon anglais. À La Haye, celui-ci le présente à Lord Chesterfield, qui l’invite à Londres. Montesquieu passe environ deux ans en Angleterre ; il est présenté à la cour et élu membre de la Royal Society. Il observe de près les institutions anglaises, qui nourriront sa réflexion sur la séparation des pouvoirs.
L’initiation
Montesquieu est reçu en 1730 dans la loge de la Horn Tavern, à Westminster. Le 12 mai 1730 est la date le plus souvent retenue. La loge, dont le duc de Richmond a été le vénérable, réunit aristocrates, savants et hommes de lettres : Désaguliers, Anderson, Lord Paisley ou Waldegrave en ont été membres. Le chevalier Ramsay y avait été reçu quelques semaines plus tôt, selon plusieurs auteurs.
Montesquieu franc-maçon
De retour en France en 1731, Montesquieu poursuit son engagement. En septembre 1734, la presse londonienne le signale lors d’une tenue chez le duc de Richmond à Paris. En septembre 1735, il figure parmi les participants à la loge réunie par Richmond et Désaguliers à l’hôtel de Bussy, à Paris, en présence notamment du comte de Saint-Florentin. Son fils, Jean-Baptiste de Secondat, est initié à Paris en septembre 1734 par Richmond et Désaguliers. Montesquieu entretient avec Richmond une correspondance où il est question de maçonnerie.
Bordeaux et les ennuis de 1737

À Bordeaux, Montesquieu est associé à l’arrivée de la franc-maçonnerie dans le milieu du négoce. En 1737, son appartenance lui vaut d’être inquiété par l’intendant de Guyenne Claude Boucher et par le cardinal de Fleury, principal ministre, hostile aux loges. Il continue cependant, selon les sources, de fréquenter des loges parisiennes et bordelaises.
Portée
L’initiation de Montesquieu montre que la franc-maçonnerie anglaise, structurée depuis peu en Grande Loge, attire des esprits éclairés du continent et qu’elle se diffuse en France par des réseaux aristocratiques et intellectuels. L’astronome Lalande, dans son article sur la franc-maçonnerie, comptera Montesquieu parmi les fondateurs de la maçonnerie française. Son parcours est souvent cité comme emblématique des liens entre Lumières et franc-maçonnerie.
Le saviez-vous ?
Les registres de la loge Horn mentionnent Montesquieu comme visiteur vers 1738, signe qu’il garda le contact avec ses frères londoniens. Le journal 450.fm lui a consacré en mai 2026 un entretien imaginaire, « Rencontre au miroir du temps », qui rappelle la date du 12 mai 1730 et fait dialoguer le philosophe avec les enjeux d’aujourd’hui.
Repères chronologiques
- 1721 : publication des Lettres persanes.
- 1728 : départ de Montesquieu pour son voyage européen.
- 12 mai 1730 : initiation à la loge Horn de Westminster.
- 1731 : retour en France.
- Septembre 1735 : loge de l’hôtel de Bussy à Paris avec Richmond et Désaguliers.
- 1737 : Montesquieu inquiété par l’intendant de Guyenne et par Fleury.
- 1748 : publication de De l’esprit des lois.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Lumières (trois), Maître de loge ou Maître en chaire, Vénérable (Vénérable Maître en chaire).

