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Henry Corbin, né Henri Eugène Corbin à Paris en 1903 et mort dans la même ville en 1978, est un philosophe et islamologue français. Premier traducteur de Heidegger en français, successeur de Louis Massignon à l’École pratique des hautes études, il a révélé la philosophie iranienne et la gnose chiite. Franc-maçon à la Grande Loge nationale française, il s’est engagé dans le Rite écossais rectifié jusqu’au grade de Chevalier bienfaisant de la Cité sainte.
De Heidegger à Sohrawardi
Élève d’Étienne Gilson et de Jean Baruzi, Henry Corbin découvre grâce à Louis Massignon la « théosophie orientale » de Sohrawardi, qui oriente définitivement sa vocation. Après plusieurs séjours en Allemagne, il publie la première traduction française de Heidegger, Qu’est-ce que la métaphysique ? (1938), dont il retient sa conception de l’herméneutique.
En 1933, il épouse Stella Leenhardt, qui sera sa collaboratrice dans toute son œuvre.
Istanbul, Téhéran, Eranos
Attaché à l’Institut français d’Istanbul de 1939 à 1945, il fonde ensuite le département d’iranologie de l’Institut français de Téhéran et y crée la « Bibliothèque iranienne ». De 1949 à 1976, il participe chaque année aux rencontres d’Eranos, où il donne vingt-quatre conférences et se lie avec Carl Gustav Jung.
En 1954, il succède à Louis Massignon comme directeur d’études à l’École pratique des hautes études. En 1974, il fonde à l’Université Saint-Jean de Jérusalem un centre de recherche spirituelle comparée réunissant des spécialistes des trois religions abrahamiques.
Une philosophie du monde imaginal
Corbin développe une pensée centrée sur le monde imaginal, l’imagination créatrice, le corps spirituel et la terre céleste. Il défend une « philosophie prophétique » et présente l’ésotérisme abrahamique et l’œcuménisme spirituel comme une réponse au nihilisme et à la sécularisation.
Un chevalier du Rite écossais rectifié
Henry Corbin est initié dans le Rite écossais rectifié et appartient à une loge de Saint-Germain-en-Laye. Au sein de la loge Les Compagnons du Sept n° 3 (GLNF-Opéra), il est passé compagnon en 1963 et maître en 1964. Il est ensuite reçu maître écossais de Saint-André en 1972, puis écuyer novice et enfin Chevalier bienfaisant de la Cité sainte sous le nom d’ordre Eques ab insula viride.
Régularisé en 1974 à la Grande Loge nationale française, dans la loge Le Centre des Amis n° 1, il est membre du Grand Prieuré des Gaules et d’un chapitre de la Sainte Arche royale de Jérusalem. En 1975, il devient membre honoraire de la loge nationale de recherche Villard de Honnecourt ; il est aussi reçu dans la Grande Loge du Royal Order of Scotland à Édimbourg.
Principales œuvres
- Histoire de la philosophie islamique, 1964
- En Islam iranien, 2e éd. 1971
- L’Imagination créatrice dans le soufisme d’Ibn ʿArabî, 2e éd. 1977
- Corps spirituel et Terre céleste, 1979
- Temple et Contemplation, 1981
- Le Paradoxe du monothéisme, 1981
- Face de Dieu, face de l’homme, 1983
- L’Homme et son ange. Initiation et chevalerie spirituelle, 1983
Un passeur entre ésotérisme et Ordre maçonnique
Par son œuvre sur la chevalerie spirituelle et l’ésotérisme abrahamique, et par son engagement dans le Rite écossais rectifié jusqu’à l’ordre intérieur, Henry Corbin occupe une place singulière dans la maçonnerie française du XXe siècle. Il demeure une référence pour les frères attentifs à la dimension spirituelle et chevaleresque de la tradition maçonnique.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Henry Corbin.

