Bertrand Barère (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Bertrand Barère, dit aussi Barère de Vieuzac, naît le 10 septembre 1755 à Tarbes et meurt dans la même ville le 13 janvier 1841. Avocat au parlement de Toulouse, député du tiers état de Bigorre en 1789, président de la Convention puis rapporteur du Comité de salut public, il compte parmi les grandes voix de la Révolution. Avant 1789, il fréquente plusieurs loges maçonniques, ce qui le rattache à la sociabilité éclairée qui nourrit la génération révolutionnaire.

Un juriste de Bigorre formé à Toulouse

Bertrand Barère – portrait
Source : Wikimedia Commons – Jean-Louis Laneuville – Public domain

Né rue Brauhauban à Tarbes, Bertrand Barère étudie au collège des Doctrinaires de sa ville natale, puis à la faculté de droit de Toulouse à partir de 1772. Bachelier en 1774, licencié en 1775, il est reçu avocat au parlement de Toulouse en 1775. L’année suivante, il obtient une charge de conseiller du roi à la sénéchaussée de Bigorre.

Homme de lettres autant que de loi, il se fait connaître par des éloges académiques consacrés à Louis XII, à Michel de L’Hospital, à Montesquieu ou à Jean-Jacques Rousseau. Ces exercices oratoires, très prisés des académies provinciales, l’introduisent dans les milieux éclairés de Toulouse.

De la Constituante au Comité de salut public

Le 23 avril 1789, les états de Bigorre l’élisent député du tiers état à l’Assemblée nationale constituante. Il y fonde un quotidien, Le Point du Jour, qui rend compte des débats de 1789 à 1791. Envoyé ensuite au Tribunal de cassation, il est élu en septembre 1792 à la Convention nationale par les Hautes-Pyrénées, avec 274 voix sur 278 votants, et la préside en novembre et décembre 1792.

D’avril 1793 à fructidor an II, il siège au Comité de salut public, dont il est le rapporteur attitré : ses rapports à la tribune, notamment sur la Vendée ou sur l’éducation révolutionnaire, scandent l’action du gouvernement révolutionnaire.

Proscriptions, exils et retours

Mis en accusation après Thermidor, il publie pour sa défense les brochures intitulées Les Alors. Élu au Conseil des Cinq-Cents en 1797, il voit son élection invalidée. Sous le Consulat et l’Empire, il met sa plume au service de la propagande contre l’Angleterre, avec La Liberté des mers et la rédaction du Mémorial anti-britannique.

Élu à la Chambre des représentants pendant les Cent-Jours, il doit s’exiler sous la Restauration. Revenu en France après 1830, il est élu député des Hautes-Pyrénées en 1834, mais l’élection est cassée pour vice de forme. Il finit sa vie à Tarbes, conseiller général, et repose au cimetière Saint-Jean.

Un révolutionnaire passé par les loges

L’article Wikipédia en français indique que Barère a fréquenté les loges « La Paix », « Les Vrais Amis réunis » et « L’Encyclopédique », sans préciser la date de son initiation, l’obédience de rattachement ni les fonctions qu’il aurait pu y exercer. La version anglaise le qualifie de franc-maçon en s’appuyant sur l’histoire des journaux révolutionnaires de Léonard Gallois.

Ces mentions éclairent surtout le milieu dans lequel s’est formé le jeune avocat : celui des loges méridionales de la fin de l’Ancien Régime, lieux d’échange entre juristes, négociants et gens de lettres, où se diffusaient les idées de réforme que la Révolution allait porter à la tribune.

Principales œuvres

  • Le Point du Jour, 1789-1791
  • Rapports à la Constituante et à la Convention, 1790-1794
  • Les Alors, brochures de défense, après Thermidor
  • La Liberté des mers, ou le Gouvernement anglais dévoilé, 1798
  • Le Mémorial anti-britannique, 1803-1804
  • De la pensée du gouvernement républicain
  • Mémoires, publication posthume avec Hippolyte Carnot

Une figure de la Révolution au seuil des loges

Bertrand Barère n’a pas laissé d’œuvre maçonnique et les sources ne lui attribuent aucun rôle dans la vie des obédiences. Sa présence dans plusieurs loges avant 1789 en fait pourtant un exemple de ces élites provinciales que la franc-maçonnerie des Lumières a rassemblées, et dont beaucoup se retrouvèrent ensuite sur les bancs des assemblées révolutionnaires.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Bertrand Barère.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Lumières (trois), Initiation.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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