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Né le 2 janvier 1897 à Cayenne et mort le 7 novembre 1991 à Paris, Gaston Monnerville est un avocat et homme d’État français, figure du Parti radical. Député de la Guyane, résistant, il préside le Conseil de la République puis le Sénat de 1947 à 1968, avant de siéger au Conseil constitutionnel. Initié à 21 ans à la Grande Loge de France, il y devient vénérable et accède aux hauts grades du Rite écossais ancien et accepté.
Un avocat guyanais à Toulouse et à Paris

Après des études à Toulouse, où il soutient en 1921 une thèse de doctorat en droit, Gaston Monnerville s’inscrit au barreau de Toulouse en 1918 puis à celui de Paris en 1921. Collaborateur de César Campinchi pendant huit ans, il préside l’Union des jeunes avocats de Paris en 1927.
En 1931, sa plaidoirie dans l’affaire Galmot obtient l’acquittement des accusés guyanais et lui vaut une grande notoriété.
Du Palais-Bourbon à la Résistance
Élu député de la Guyane en 1932, réélu en 1936, il est sous-secrétaire d’État aux Colonies en 1937-1938. Pendant la guerre, il s’engage dans la marine puis rejoint le mouvement Combat sous le nom de « Saint-Just ».
Membre des Assemblées constituantes de 1945 et 1946, il est élu sénateur de la Guyane en 1946, puis sénateur du Lot de 1948 à 1974 ; il préside le conseil général du Lot et sera maire de Saint-Céré.
Vingt et un ans à la présidence de la Haute Assemblée
Élu président du Conseil de la République en 1947, réélu jusqu’à la fin de la IVe République, il devient en 1958 le premier président du Sénat de la Ve République et le reste jusqu’en 1968, soit vingt et un ans au total à la tête de la seconde chambre.
En 1962, il s’oppose au référendum sur l’élection du président de la République au suffrage universel direct et qualifie de « forfaiture » l’attitude du gouvernement, ce qui entraîne une longue brouille avec l’exécutif gaulliste. De 1974 à 1983, il siège au Conseil constitutionnel.
Un frère de la Grande Loge de France

Gaston Monnerville est initié à 21 ans à la loge « La Vérité » de la Grande Loge de France. Élu conseiller fédéral de l’obédience en 1932, il est vénérable maître de la loge « La Prévoyance » de 1935 à 1937.
Il poursuit son parcours dans les hauts grades du Rite écossais ancien et accepté : il entre dans un chapitre de perfection en 1935 et siège au Suprême Conseil à partir de 1937.
Principales œuvres
- Labbé et la théorie de l’enrichissement sans cause, 1921
- Le Conseil de la République, 1946-1956
- Le Sénat : institution fondamentale d’une République démocratique
- Clemenceau
- Témoignage : de la France équinoxiale au palais du Luxembourg
- Vingt-deux ans de présidence, 1980
Une grande figure de l’écossisme républicain
Avocat guyanais devenu deuxième personnage de l’État, Gaston Monnerville est l’une des personnalités les plus emblématiques de la Grande Loge de France au XXe siècle. Son engagement maçonnique précoce et durable, jusqu’au Suprême Conseil, accompagne une carrière consacrée à la défense des institutions parlementaires et de l’État de droit.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Gaston Monnerville.
Voir aussi dans le glossaire : Suprême Conseil, Sautoir de Vénérable Maître.

