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Né à Vire (Calvados) et mort à Villejuif, Edgar Charles François Louis Monteil est un écrivain, journaliste, homme politique et préfet français de la seconde moitié du XIXe siècle. Proche de Gambetta, mêlé à la Commune, libre-penseur militant, il devient conseiller municipal de Paris puis préfet. Vénérable de la loge parisienne La Clémente Amitié, membre du conseil de l’ordre du Grand Orient de France en 1898, il fut surnommé le « préfet des Loges ».
Un journaliste républicain

Fils d’un avoué, Edgar Monteil fonde en 1867 à Paris L’Étudiant, journal destiné aux élèves de l’enseignement supérieur. Il écrit au Rappel dès 1869, puis à La République française, La Petite République, La Lanterne ou au Gil Blas, parfois sous le pseudonyme de « Jean de la Seine ».
En 1881, il fonde l’Association syndicale professionnelle des journalistes républicains français.
De Gambetta à la Commune
En 1870, il est chargé d’une mission à Tours auprès de la délégation du gouvernement de la Défense nationale et devient collaborateur de Gambetta en province. Pendant la Commune, il sert auprès de La Cécilia, du général Eudes puis de Delescluze ; arrêté par les Versaillais, il est condamné à un an de prison.
Condamné pour diffamation après la publication de l’Histoire d’un frère ignorantin, il s’exile à Anvers, où il publie en 1877 son Catéchisme du libre-penseur, avant de rentrer en France en 1879.
Élu parisien et préfet de la République
Conseiller municipal de Paris pour le quartier du Petit-Montrouge jusqu’en 1887 et conseiller général de la Seine, il échoue en 1887 à une législative partielle dans l’Isère. Il devient ensuite préfet de la Creuse, puis de la Haute-Vienne, avant d’être nommé directeur de l’asile public d’aliénés de Villejuif, fonction qu’il quitte par démission.
Le « préfet des Loges »
Initié à la loge parisienne « La Clémente Amitié », Edgar Monteil y gravit les trois grades symboliques et en devient vénérable maître en 1891. Ses fonctions préfectorales le conduisent à fréquenter « Les Préjugés vaincus » à Guéret et « Les Artistes réunis » à Limoges.
Élu en 1898 au conseil de l’ordre du Grand Orient de France, il reçoit le surnom de « préfet des Loges », qui résume l’étroite imbrication de son action administrative et de son engagement maçonnique.
Principales œuvres
- Histoire d’un frère ignorantin, 1873
- Catéchisme du libre-penseur, 1877
- Des prisons et des peines, 1878
- Souvenirs de la Commune, 1871, 1881
- Manuel d’instruction laïque, 1884
- Code de la séparation des Églises & de l’État, 1886
- La Grande Babylone, 1887
- L’Administration de la République, 1893
Un militant de la laïcité maçonnique
Edgar Monteil incarne la génération de francs-maçons libres-penseurs qui ont porté, dans la presse, les assemblées locales et l’administration préfectorale, le programme laïque de la Troisième République. Sa présence au conseil de l’ordre du Grand Orient de France à la fin du XIXe siècle couronne un parcours où l’écriture anticléricale et l’engagement de loge se répondent.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Edgar Monteil.
Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître, Libre pensée (antimaçonnisme), Haine de la laïcité (antimaçonnisme).

