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François Guizot, né à Nîmes le 4 octobre 1787 dans une famille protestante et mort à Saint-Ouen-le-Pin le 12 septembre 1874, est un historien et homme d’État français, figure dominante de la monarchie de Juillet, ministre de l’Instruction publique, ministre des Affaires étrangères puis président du Conseil. Père de la loi de 1833 sur l’enseignement primaire et membre de l’Académie française, il figure parmi les personnalités de la franc-maçonnerie française, un lien de jeunesse ayant fait l’objet d’une étude universitaire.
De Genève à la Sorbonne

Ayant quitté Nîmes avec sa mère pendant la Révolution, Guizot est éduqué à Genève. Arrivé à Paris en 1805 pour étudier le droit, il est précepteur chez Philipp Albert Stapfer et collabore au journal Le Publiciste. En 1812, il obtient la chaire d’histoire moderne à la Sorbonne, où ses cours sur la civilisation européenne feront date.
Le doctrinaire de la monarchie de Juillet
Secrétaire général du ministère de l’Intérieur en 1814, il rejoint Louis XVIII à Gand pendant les Cent-Jours. Membre des « doctrinaires », il est élu député de Lisieux en janvier 1830, siège qu’il conserve toute sa carrière politique. Ministre de l’Intérieur en août 1830, puis de l’Instruction publique en 1832, il fait voter la loi du 28 juin 1833, qui impose une école primaire par commune et une école normale par département.
Ambassadeur à Londres en 1840, il dirige de fait le gouvernement à partir du 29 octobre 1840 comme ministre des Affaires étrangères, avant de devenir président du Conseil en 1847. Chef du « parti de la résistance », hostile à l’élargissement du suffrage, il est emporté par la révolution de février 1848 et s’exile à Londres.
Un lien maçonnique de jeunesse
L’article Wikipédia consulté ne mentionne ni loge ni obédience. Guizot est néanmoins rangé parmi les personnalités de la franc-maçonnerie française, et ses rapports avec l’ordre ont été étudiés dans un article intitulé Le jeune Guizot et la Franc-Maçonnerie, paru en 1962 dans la Revue d’histoire moderne et contemporaine. Les détails de cette appartenance (loge, date, grade) n’ont pas pu être vérifiés dans les sources consultées.
Protestant engagé, membre du consistoire de Paris, de la Société de la morale chrétienne et de la société « Aide-toi, le ciel t’aidera », il évolua dans des réseaux libéraux où la sociabilité maçonnique était alors répandue.
L’historien et l’académicien
Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1833) et de l’Académie française (1836), il consacre la fin de sa vie à l’histoire et à ses Mémoires.
Principales œuvres
- Essai sur l’état actuel de l’instruction publique en France, 1817
- Histoire des origines du gouvernement représentatif, 1822
- Histoire de Charles Ier, 1827
- Histoire générale de la civilisation en Europe, 1828
- Histoire de la civilisation en France, 1830
- De la démocratie dans les sociétés modernes, 1837
- Washington, 1841
- Mémoires pour servir à l’histoire de mon temps, 1858-1867
- Histoire de France racontée à mes petits-enfants, 1870-1875
Un homme d’État à la marge de l’histoire maçonnique
Guizot n’appartient pas aux grandes figures militantes de la maçonnerie du XIXe siècle, et sa trajectoire publique se confond avec le libéralisme conservateur de la monarchie de Juillet. Sa présence parmi les personnalités maçonniques rappelle cependant combien les loges du début du siècle accueillaient une élite libérale et protestante ; son œuvre scolaire de 1833, enfin, a préparé le terrain de l’école publique que défendront plus tard nombre de francs-maçons républicains.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à François Guizot.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique..

