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Le 27 décembre 1859 est fondé le Suprême Conseil de Colón, premier Suprême Conseil du Rite Écossais Ancien et Accepté pour Cuba, alors colonie espagnole. Placé sous le patronage symbolique de Christophe Colomb, Colón en espagnol, il naît la même année que la Grande Loge de Colón, dans un contexte où la maçonnerie cubaine s’organise malgré la méfiance des autorités coloniales. Les listes des Suprêmes Conseils d’Amérique latine placent bien en 1859 la création du Suprême Conseil de Cuba. La chronologie Kronobase, qui le situe au Panama, confond vraisemblablement le nom du conseil avec la ville panaméenne de Colón.
Date : 27 décembre 1859
Lieu : Santiago de Cuba, Cuba
La maçonnerie dans la Cuba coloniale

Au milieu du XIXe siècle, Cuba reste l’une des dernières grandes colonies espagnoles d’Amérique. Les loges y sont surveillées par les autorités, qui craignent leur rôle dans la diffusion des idées libérales et autonomistes. La maçonnerie cubaine se développe néanmoins, au contact des États-Unis tout proches et des maçonneries d’Amérique latine où se multiplient alors les Suprêmes Conseils nationaux.
Une vague de Suprêmes Conseils
Les années 1850 voient éclore des Suprêmes Conseils du 33e degré dans tout le continent : Uruguay en 1856, Argentine en 1858, Cuba en 1859, Mexique en 1860, République dominicaine en 1861, selon la liste établie par le Suprême Conseil de Bolivie. Aux États-Unis, Albert Pike devient en 1859 souverain grand commandeur du Suprême Conseil de la juridiction Sud, la puissance « mère » du Rite Écossais Ancien et Accepté, au moment même où le rite s’implante dans les Caraïbes.
La fondation de 1859
Le Suprême Conseil fondé le 27 décembre 1859 prend le nom de Colón, hommage au découvreur de l’île. Il a vocation à administrer les hauts grades du rite écossais, du 4e au 33e, à côté de la Grande Loge de Colón, chargée des trois grades symboliques. L’historiographie maçonnique cubaine situe à Santiago de Cuba, dans l’est de l’île, le berceau de ces deux institutions. Les détails de la cérémonie et l’identité des fondateurs n’ont pas pu être vérifiés dans des sources accessibles.
Portée

La création d’un Suprême Conseil donne à la maçonnerie cubaine une autonomie dans la gestion des hauts grades et une place parmi les puissances écossaises du monde. Dans les décennies suivantes, les loges cubaines sont étroitement liées à l’histoire politique de l’île : de nombreux acteurs des guerres d’indépendance contre l’Espagne, à partir de 1868, sont passés par les ateliers. La maçonnerie reste aujourd’hui une institution présente et visible dans la société cubaine.
Une confusion géographique
La chronologie Kronobase rattache ce Suprême Conseil au Panama, sans doute en raison du port panaméen de Colón. Les listes historiques des Suprêmes Conseils d’Amérique latine ne mentionnent pourtant aucun Suprême Conseil panaméen avant 1913 et placent en 1859 celui de Cuba, dont le titre de « Colón » explique la méprise.
Le Rite Écossais au XIXe siècle
Le Rite Écossais Ancien et Accepté, organisé à Charleston en 1801, se diffuse au XIXe siècle par la création de Suprêmes Conseils nationaux, chacun souverain sur son territoire. Sous la direction d’Albert Pike (1859-1891), la juridiction Sud des États-Unis devient un pôle majeur du rite ; Pike publie en 1871 Morals and Dogma, commentaire des trente-deux premiers degrés qui fera référence dans le monde anglo-saxon et au-delà. Le Suprême Conseil de Colón naît au début de cette période d’expansion.
Repères chronologiques
- 1856 : reconnaissance du Suprême Conseil de l’Uruguay.
- 1858 : création du Suprême Conseil d’Argentine.
- 1859 : Albert Pike devient souverain grand commandeur de la juridiction Sud.
- 27 décembre 1859 : fondation du Suprême Conseil de Colón.
- 1860 : création du Suprême Conseil du Mexique.
- 1868 : début de la première guerre d’indépendance cubaine.
- 1913 : création du Suprême Conseil du Panama.
Voir aussi dans le glossaire : Suprême Conseil, Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Albert Pike (Auteur).

