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En 1735, le comte Axel Wrede Sparre, officier de cavalerie suédois qui avait été reçu franc-maçon en France, réunit à Stockholm la première loge connue du royaume. Cette date est retenue comme celle de l’introduction de la franc-maçonnerie en Suède et de la naissance de l’Ordre maçonnique suédois, la plus ancienne société fraternelle du pays encore en activité. Interdite un temps par le roi Frédéric Ier, la maçonnerie suédoise se développe ensuite sous la protection de la cour et donne naissance au Rite suédois, système chrétien en dix degrés pratiqué dans toute la Scandinavie.
Date : 1735
Lieu : Stockholm, Suède
Le contexte : la Suède de l’« ère de la liberté »

Après la mort de Charles XII en 1718, la Suède entre dans une période où le pouvoir royal est limité et où les élites aristocratiques dominent la vie politique. Les jeunes nobles voyagent en Europe, notamment en France, où les premières loges parisiennes apparaissent dans les années 1720. C’est par ces voyages que la franc-maçonnerie gagne le royaume.
L’événement
Le comte Axel Wrede Sparre, officier de cavalerie, déclare avoir été initié à Paris. De retour en Suède, il réunit à Stockholm une loge placée sous son nom, qui se tient, selon les sources, au domicile du baron Gabriel Sack. Cette réunion de 1735 est considérée par l’Ordre suédois comme son acte de naissance. Kronobase associe à cette fondation le comte Tessin, grande figure politique et culturelle de l’époque ; ce point n’a pas pu être confirmé dans les sources consultées.
Une interdiction de courte durée
Comme ailleurs en Europe, la nouvelle société secrète inquiète les autorités. Le roi Frédéric Ier interdit la franc-maçonnerie par décret, mais la mesure est levée quelques mois plus tard. La maçonnerie suédoise s’installe dès lors durablement dans l’aristocratie et à la cour.
Du premier atelier à l’Ordre suédois

Le comte Knut Carlsson Posse fonde ensuite la loge Saint-Jean auxiliaire, qui se proclame loge mère de Suède, et le baron Charles-Frédéric Scheffer en devient grand maître. Carl Friedrich Eckleff crée en 1756 la première loge de Saint-André, pour des grades au-delà des trois premiers, puis un Grand Chapitre en 1759. Une Grande Loge est établie en 1760-1761. Le duc Charles de Sudermanie, futur roi Charles XIII, grand maître à partir de 1774, achève d’organiser le système, pleinement constitué vers 1800.
Le Rite suédois aujourd’hui
L’Ordre maçonnique suédois, placé sous le haut patronage du roi de Suède et reconnu par la Grande Loge unie d’Angleterre, compte environ 16 500 membres. Il pratique un rite en dix degrés répartis entre loges de Saint-Jean, loges de Saint-André et chapitres, et exige de ses membres une profession de foi chrétienne. Le Rite suédois est pratiqué principalement dans les pays nordiques, notamment au Danemark depuis 1855 et en Finlande, et sous une forme nuancée en Allemagne.
Le saviez-vous ?
La Suède a aussi connu une maçonnerie d’adoption féminine. Le 2 mai 1776, la duchesse Charlotte, épouse du futur Charles XIII, fut installée grande maîtresse d’une loge de femmes, « Le véritable et constante amitié », qui se réunissait au palais royal et fut confirmée par la Grande Loge de France le 8 mai 1776. Elle fut supprimée en 1803, lorsque les sociétés secrètes furent bannies de la cour.
Repères chronologiques
- 1718 : mort de Charles XII, début de l’« ère de la liberté ».
- 1735 : première loge à Stockholm sous l’impulsion d’Axel Wrede Sparre.
- Après 1735 : interdiction par Frédéric Ier, levée quelques mois plus tard.
- 1756 : première loge de Saint-André fondée par Eckleff.
- 1759 : premier Grand Chapitre.
- 1760-1761 : établissement d’une Grande Loge de Suède.
- 1774 : le duc Charles de Sudermanie grand maître.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Rite suédois (Rite maçonnique), Chapitre, Grande Loge.

