Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

Le 28 avril 2012, en pleine crise de la Grande Loge nationale française, des frères en rupture avec le grand maître François Stifani constituent la Grande Loge de l’Alliance maçonnique française (GL-AMF) et en élisent le premier grand maître, Alain Juillet, ancien directeur du renseignement à la DGSE. Selon la chronologie Kronobase, l’assemblée fondatrice se tient à Tours. Masculine, spiritualiste, pratiquant de nombreux rites, la nouvelle obédience veut renouer avec la maçonnerie régulière internationale. Elle compte environ 5 000 membres en mai 2012, près de 15 000 trois ans plus tard.
Date : 28 avril 2012
Lieu : Tours, France
La GLNF dans la tourmente

Depuis décembre 2009, la GLNF est déchirée par la contestation de la gouvernance de François Stifani. En janvier 2011, la justice confie l’obédience à une administratrice judiciaire ; en septembre 2011, la Grande Loge Unie d’Angleterre suspend ses relations avec elle. Au total, 34 grandes loges étrangères suspendent leur reconnaissance en 2011-2012. Pour de nombreux frères, l’espoir d’une réforme interne s’amenuise.
Alain Juillet, chef de file
Né à Vichy, Alain Juillet a mené une carrière de dirigeant dans l’industrie agroalimentaire, chez Pernod Ricard, Jacobs Suchard ou à l’Union laitière normande, avant de devenir en 2002 directeur du renseignement de la DGSE, puis haut responsable chargé de l’intelligence économique auprès du Premier ministre jusqu’en 2009. À la GLNF, il fait partie des opposants à Stifani ; sa candidature à la grande maîtrise est écartée par l’instance de contrôle, qui la juge irrecevable.
La fondation du 28 avril 2012
Le 28 avril 2012, les frères qui ont choisi de quitter la GLNF constituent une nouvelle obédience et élisent Alain Juillet grand maître. La chronologie Kronobase situe l’assemblée à Tours et évoque 2 000 dissidents présents ; ces précisions n’ont pas pu être recoupées. La GL-AMF revendique environ 5 000 membres dès mai 2012. Son nom d’« Alliance » traduit l’ambition de fédérer plusieurs sensibilités et plusieurs rites au sein d’une même maison.
Une obédience multi-rites

Exclusivement masculine et spiritualiste, la GL-AMF pratique le Rite Écossais Ancien et Accepté, le Rite français, le Rite Écossais Rectifié, le Rite Émulation, le Rite Standard d’Écosse, le Rite d’York et le Rite de Memphis-Misraïm. Elle conclut des traités d’amitié permettant les inter-visites avec la Grande Loge de France, la GLERRO et la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra. Son siège est aujourd’hui à Clichy, où de nouveaux locaux de 1 000 m² sont inaugurés en 2018.
Une croissance rapide
Fin 2015, la GL-AMF compte 14 857 frères dans 747 loges. Mais son objectif initial – obtenir la reconnaissance de la Grande Loge Unie d’Angleterre – n’est pas atteint : Londres rétablit en juin 2014 sa reconnaissance à une GLNF réformée sous Jean-Pierre Servel. Alain Juillet, que la constitution empêche de se représenter, quitte la grande maîtrise en 2015 ; lui succèdent notamment Claude Beau, Dominique Moreau, Jean-René Dalle, Fred Picavet et, depuis 2024, Pierre Lucet.
Portée
La naissance de la GL-AMF est la conséquence la plus durable de la crise de la GLNF. Elle a fait apparaître dans le paysage français une obédience spiritualiste de taille importante, distincte à la fois de la GLNF et de la Grande Loge de France, et a contribué à rapprocher des maçonneries que séparait jusqu’alors la question de la régularité anglaise.
Repères chronologiques
- 4 décembre 2009 : début de la fronde contre François Stifani.
- 25 janvier 2011 : la GLNF placée sous administration judiciaire.
- 14 septembre 2011 : suspension des relations par Londres.
- 28 avril 2012 : fondation de la GL-AMF.
- 1er décembre 2012 : élection de Jean-Pierre Servel à la GLNF.
- Juin 2014 : Londres reconnaît de nouveau la GLNF.
- 2015 : fin de la grande maîtrise d’Alain Juillet.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Rite émulation (Rite maçonnique), Alain Juillet (Personnalité).

