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Au début de septembre 2005, à l’issue du convent annuel, le conseil de l’Ordre du Grand Orient de France (GODF) porte à sa présidence l’avocat parisien Jean-Michel Quillardet, qui devient ainsi grand maître de la première obédience française. Selon la chronologie Kronobase, l’élection a lieu le 3 septembre et se joue à une voix près, par 18 voix contre 17. Réélu en 2006 et 2007, Quillardet dirige l’obédience pendant trois ans. Son mandat est marqué par un engagement fort en faveur de la laïcité et par l’ouverture d’un grand débat interne sur l’initiation des femmes.
Date : 3 septembre 2005
Lieu : France (convent du Grand Orient de France)
Le Grand Orient au milieu des années 2000

Fondé en 1773, le Grand Orient de France a supprimé en 1877 l’obligation de croire en Dieu et en l’immortalité de l’âme, choix qui fonde sa tradition libérale et adogmatique. Au début du XXIe siècle, il reste la plus nombreuse des obédiences françaises. Sa vie interne est alors agitée : après la longue présidence d’Alain Bauer (2000-2003), se succèdent Bernard Brandmeyer puis, très brièvement en 2005, Gérard Pappalardo. La question de la mixité, que réclame une part croissante des frères, divise profondément les loges.
Un mode d’élection singulier
Au GODF, le grand maître n’est pas élu directement par les délégués des loges. Le convent, réuni chaque année à la fin de l’été, renouvelle une partie du conseil de l’Ordre ; ce dernier, composé de représentants des régions maçonniques, élit ensuite son président, qui porte le titre de grand maître. Le mandat est annuel, renouvelable deux fois. C’est dans ce cadre que Jean-Michel Quillardet est désigné. La chronologie Kronobase fait état d’un scrutin très serré, 18 voix contre 17, que les sources consultées ne permettent pas de recouper.
Jean-Michel Quillardet, avocat et laïque
Né à Paris, avocat au barreau de Paris, Jean-Michel Quillardet est initié en 1985 à la loge Diogène, dont il devient ensuite vénérable maître. Auteur de plusieurs ouvrages, dont Le Malentendu maçonnique, Pour un humanisme universel et Les Colonnes de la République, il signe aussi des guides juridiques et des articles dans la Gazette du Palais. Son profil associe culture juridique, attachement aux institutions républicaines et goût du débat public.
Un mandat de trois ans

Réélu en 2006 puis en 2007, Jean-Michel Quillardet consacre une large part de son action à la défense de la laïcité, thème identitaire du Grand Orient. Il organise surtout un vaste débat interne sur l’initiation des femmes, qu’il soutient tout en s’engageant à respecter les règles démocratiques de l’obédience, c’est-à-dire le vote des loges. À l’issue de ses trois années, son rapport moral est adopté par près de 97 % des délégués. Ne pouvant se représenter, il cède la place en septembre 2008 au cardiologue marseillais Pierre Lambicchi.
Après la grande maîtrise
Jean-Michel Quillardet prolonge ensuite son engagement dans la sphère publique. Il fonde avec Antoine Sfeir l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires, siège à la Commission nationale consultative des droits de l’homme, enseigne la laïcité à l’université d’Évry à partir de 2011 et devient le premier titulaire de la chaire Jean Zay créée avec Sciences Po Bordeaux. Il participe aussi à la rédaction de la charte de la laïcité à l’école et préside l’association « Jean Zay au Panthéon ».
Portée de l’événement
L’élection de 2005 ouvre une période de relative stabilité au sommet du Grand Orient, après plusieurs mandats écourtés. Elle place aussi au centre du débat la question de la mixité, qui ne sera tranchée qu’en 2010, lorsque le convent laissera chaque loge libre d’initier des femmes. La grande maîtrise de Jean-Michel Quillardet apparaît ainsi comme une étape dans la lente évolution d’une obédience longtemps strictement masculine.
Repères chronologiques
- 1773 : fondation du Grand Orient de France.
- 1877 : suppression de l’obligation de croire en Dieu.
- 2000-2003 : grande maîtrise d’Alain Bauer.
- 3 septembre 2005 : élection de Jean-Michel Quillardet.
- 2006 et 2007 : réélections successives.
- 4 septembre 2008 : Pierre Lambicchi lui succède au convent de Lyon.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Lalande, Helvétius et les débuts de la réforme du Grand Orient de France, 1771 (date historique), Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Convent, Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Alain Bauer (Auteur), Jean Zay (Personnalité).

