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Né à Besançon en 1812 et mort à Maisières-Notre-Dame en 1887, Hubert Joseph Édouard Ordinaire est un médecin, alpiniste, publiciste et homme politique républicain franc-comtois. Fouriériste dans sa jeunesse, ami et correspondant de Gustave Courbet, député du Doubs à la fin du Second Empire puis préfet en 1870, il entre en 1846 au Grand Orient de France, dans la loge bisontine où il sert l’année suivante d’interlocuteur à Proudhon lors de son initiation.
Un médecin fouriériste

Fils de Désiré Ordinaire, recteur de l’académie de Strasbourg, Édouard Ordinaire étudie la médecine à Strasbourg et obtient son diplôme en 1836. De 1837 à 1841, il vit à Paris, où il adhère au phalanstère fouriériste, tout en se présentant comme un médecin fouriériste dissident. Il exerce ensuite à l’école de médecine de Besançon jusqu’en 1851.
Un pionnier de l’alpinisme
Montagnard accompli, il gravit deux fois le mont Blanc en cinq jours en 1843. En 1847, avec Victor Puiseux notamment, il atteint le Silbersattel, à 4 515 mètres, par le glacier du mont Rose.
Un républicain sous l’Empire
En 1848, il fonde le journal Le Républicain de Franche-Comté et se présente sans succès aux législatives. Maire de Maisières de 1854 à 1870, il est révoqué après la publication d’un pamphlet sur une élection imaginaire, Une élection dans le Grand-duché de Gerolstein (1867).
Conseiller général du canton d’Ornans en 1867, il est élu en 1869 député républicain du Doubs et vote systématiquement contre le Second Empire. Préfet du Doubs en 1870-1871, il fonde la Ligue républicaine de l’Est, avant de se retirer de la vie politique. Il entretient une correspondance suivie avec Gustave Courbet, que ses fils assistent.
Le parrain maçonnique de Proudhon
En 1846, Édouard Ordinaire est reçu dans la loge « Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié », à l’Orient de Besançon, relevant du Grand Orient de France. En 1847, il sert d’interlocuteur à Pierre-Joseph Proudhon lors de l’initiation de celui-ci dans le même atelier, et il est élevé à la maîtrise la même année.
Ce rôle le place au cœur d’un épisode célèbre de l’histoire maçonnique française : la réception du penseur socialiste bisontin.
Principales œuvres
- Aux phalanstériens. La commission préparatoire de l’Institut sociétaire, 1837
- Une élection dans le Grand-duché de Gerolstein, 1867
- Lettre électorale d’un maire de village à ses collègues, 1868
- Des candidatures officielles et de leurs conséquences, 1870
- Du perfectionnement de la race préfectorale, 1870
- Veillées franc-comtoises, 1873
Un républicain des loges comtoises
Médecin socialisant, républicain intransigeant et humoriste politique, Édouard Ordinaire illustre la maçonnerie républicaine de province au milieu du XIXe siècle. Son nom reste attaché à la loge bisontine qui accueillit Proudhon, témoignage des liens étroits entre les loges du Grand Orient et les milieux fouriéristes et républicains de Franche-Comté.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Édouard Ordinaire.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Maître, Loge Bleue ou Loge Symbolique..

