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Le 12 janvier 2013 est consacrée rituellement la Grande Loge indépendante de France (GLIF), obédience masculine d’inspiration régulière fondée par des frères issus de la Grande Loge nationale française (GLNF). Née au cœur de la crise qui a privé la GLNF de ses reconnaissances internationales, elle se veut un refuge pour des maçons attachés aux usages traditionnels, en rupture avec la gouvernance contestée de leur ancienne obédience. Reconnue dans la foulée comme « régulière d’origine » par cinq Grandes Loges européennes, elle a fêté ses dix ans en 2023 avec une quarantaine de loges.
Date : 12 janvier 2013
Lieu : Paris, France
Le contexte : une GLNF en pleine tourmente

Entre 2009 et 2012, la Grande Loge nationale française traverse la crise la plus grave de son histoire. La gouvernance du Grand Maître François Stifani est contestée, un administrateur judiciaire est nommé et l’obédience perd ses appuis à l’étranger : cinq Grandes Loges européennes lui retirent leur reconnaissance le 10 juin 2012, puis les Grandes Loges d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande suspendent la leur le 19 septembre 2012.
Dans ce climat, de nombreux frères quittent la GLNF ou cherchent un cadre nouveau. Plusieurs obédiences naissent alors, dont la Grande Loge de l’Alliance maçonnique française en 2012 et, quelques mois plus tard, la GLIF.
Des Pères fondateurs à la consécration
Selon l’article consacré par 450.fm aux dix ans de l’obédience, le groupe à l’origine de la GLIF est fondé le 6 novembre 2011 par sept frères de la GLNF, les « Pères fondateurs », pour accueillir des maçons en difficulté. D’abord baptisé « La Fraternité des Anciens Devoirs », il prend ensuite le nom de Grande Loge indépendante de France ; le site officiel de l’obédience parle, lui, de neuf Pères fondateurs. La séparation d’avec la GLNF est décrite comme pacifique et respectueuse.
La création officielle intervient le 1er décembre 2012 et la consécration rituelle le 12 janvier 2013, à Paris selon les chronologies. Le nombre de loges pétitionnaires fondatrices varie selon les sources : quatorze pour 450.fm, qui y voit l’origine des sept équerres et sept compas du sceau de l’obédience, dix-sept pour d’autres chronologies.
La reconnaissance européenne
Fait notable pour une obédience aussi jeune, la GLIF obtient très vite une forme de légitimité internationale. Par la Déclaration de Vienne, signée le 29 janvier 2013, les cinq Grandes Loges européennes qui avaient rompu avec la GLNF la reconnaissent comme « régulière d’origine ». La GLIF se présente depuis comme une obédience attachée aux principes de la maçonnerie régulière, qui aspire à rejoindre pleinement la chaîne des Grandes Loges reconnues dans le monde.
Organisation et rites

L’obédience s’est dotée d’un Convent réunissant les délégués des loges, d’un Haut-Conseil formé des Pères fondateurs, d’une Chambre de justice et d’un Conseil national. Son siège est situé rue de Cronstadt, dans le XVe arrondissement de Paris.
Elle pratique plusieurs rites : le Rite écossais rectifié, le Rite français, le Rite anglais de style Émulation, le Rite standard d’Écosse et, plus récemment, le Rite écossais ancien et accepté dans sa version de 1802. Jean-François Buherne, présenté par les chronologies comme le premier Grand Maître, est toujours à sa tête en 2017 ; Robert Mouriez occupe la fonction en 2023.
Postérité : dix ans d’existence
Le 25 mars 2017, la GLIF signe à Paris le traité fondateur de l’Union des Grandes Loges régulières de France. Un projet plus ancien de « Confédération maçonnique de France », esquissé dès 2012, n’avait pas abouti. L’obédience entretient des relations fraternelles avec la Grande Loge de l’Alliance maçonnique française et la Grande Loge de France.
Fin 2023, pour son dixième anniversaire, la GLIF compte environ 600 membres répartis dans une quarantaine de loges ; son site officiel annonce de son côté 36 loges et plus de 500 membres. Elle illustre le paysage éclaté de la maçonnerie dite régulière en France après la crise de la GLNF.
Repères chronologiques
- 6 novembre 2011 : fondation du groupe des Pères fondateurs.
- 10 juin 2012 : cinq Grandes Loges européennes rompent avec la GLNF.
- 19 septembre 2012 : Angleterre, Écosse et Irlande suspendent leur reconnaissance de la GLNF.
- 1er décembre 2012 : création officielle de la GLIF.
- 12 janvier 2013 : consécration rituelle de la Grande Loge indépendante de France.
- 29 janvier 2013 : Déclaration de Vienne reconnaissant la GLIF « régulière d’origine ».
- 25 mars 2017 : signature du traité fondateur de l’Union des Grandes Loges régulières de France.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique).

