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Clément Joseph Tissot (1747-1826), né à Ornans dans le Doubs et mort à Paris, est un médecin et chirurgien militaire français. Formé dans les hôpitaux militaires de Besançon, il sert l’armée sous l’Ancien Régime, la Révolution et l’Empire, jusqu’aux campagnes de la Grande Armée. Auteur d’une Gymnastique médicinale et chirurgicale traduite dans plusieurs langues, il fut aussi un franc-maçon assidu des loges militaires, député au Grand Orient de France et vénérable de la loge Maréchal de Saxe.
Un enfant d’Ornans formé à la chirurgie

Fils de Jean-Baptiste Tissot, maître-apothicaire et premier juré de la Faculté de Besançon, et de Catherine Moulinet, Clément Joseph Tissot appartient à une famille apparentée au médecin vaudois Samuel Auguste Tissot. Après des études classiques, il devient élève en chirurgie à Ornans puis dans les hôpitaux militaires de Besançon entre 1762 et 1764. Admis comme sous-aide-major à dix-sept ans, il est ensuite promu aide-major et poursuit des études de médecine.
Reçu docteur en médecine en 1776, à Besançon ou à Reims selon les sources, il devient chirurgien-major du 4e régiment de chevau-légers, commandé par le prince de Montbarrey, puis sert au bataillon de chasseurs des Vosges et au camp de Saint-Omer. Disciple et secrétaire de Tronchin, il obtient par lui le titre de médecin-adjoint de la maison d’Orléans, dont le brevet date de 1787.
De la Révolution à la Grande Armée
Pendant le siège de Lyon en 1793, Tissot dirige le service de l’hôpital militaire de la ville. Dénoncé et arrêté, il est libéré sur ordre de Collot d’Herbois et Delaporte. Il devient ensuite inspecteur des hôpitaux militaires de l’armée des Alpes, puis chirurgien en chef, adjoint ou titulaire, dans plusieurs armées, dont celles de Rhin-et-Moselle et de Sambre-et-Meuse.
Chirurgien en chef de l’armée des Grisons, puis chirurgien principal du camp de Montreuil sous Ney, il suit la Grande Armée en Prusse et en Autriche. En 1806, une mission en Souabe le conduit à combattre des épidémies dans des camps de prisonniers autrichiens, ce qui lui vaut la reconnaissance de l’archiduc Charles. Après un passage comme chirurgien en chef de l’armée d’Italie et à l’hôpital d’Aix-la-Chapelle, il prend sa retraite à soixante-deux ans.
Un parcours maçonnique dans les loges militaires
Tissot est initié à Paris dans la loge militaire La Candeur, où il atteint le grade de maître en avril 1775. En 1777, il figure sur le tableau de la loge Henri IV, anciennement Toul-Artillerie. Ces loges régimentaires, qui suivaient les corps de troupe dans leurs garnisons, constituaient alors un réseau important de la maçonnerie française.
En 1781, il siège comme député au Grand Orient de France, d’abord pour la loge Constante Amitié d’Ornans, sa ville natale, puis pour la loge Saint-Louis Saint-Philippe de la Gloire de Nancy. En 1783, il participe à la fondation de la loge militaire Maréchal de Saxe, à l’Orient de Septimanie-Cavalerie, dont il devient vénérable. Il représente aussi la loge militaire La Parfaite Union, à l’Orient de Royal-Champagne-Cavalerie.
Une note rapportée par sa biographie indique qu’en 1807 il aurait fondé avec Ney une loge La Candeur au sein du 6e corps d’armée, signe de la continuité des loges militaires sous l’Empire.
Médecin des passions et du mouvement

Retiré du service, Tissot exerce en clientèle privée à Paris. Chevalier de la Légion d’honneur, il devient vice-président de la Société de médecine pratique de Paris et médecin consultant du duc d’Orléans. Il anime aussi des comités pour un monument à Perrin de Précy et s’occupe d’un monument au général Pichegru.
Son œuvre écrite porte sur l’hygiène, le régime et l’exercice physique. Sa Gymnastique médicinale et chirurgicale de 1780 est traduite en allemand, en italien et, au XXe siècle, en anglais. Il s’intéresse aussi à l’influence des passions sur les maladies et à l’organisation sanitaire des armées.
Principales œuvres
- Du régime diététique dans la cure des maladies, 1779
- Gymnastique médicinale et chirurgicale, 1780
- Effets du sommeil et de la veille dans le traitement des maladies externes, 1781
- De l’influence des passions de l’âme dans les maladies, 1782
- Observations générales sur l’administration des hôpitaux ambulans et sédentaires des armées de la République française
- Observations sur les causes des épidémies dans les hôpitaux militaires
- Recherches topographiques, 1824
Un témoin de la maçonnerie militaire
Clément Joseph Tissot illustre la place considérable des loges militaires dans la franc-maçonnerie française de la fin du XVIIIe siècle. Initié dans un régiment, député au Grand Orient pour des loges de province et fondateur d’un atelier de cavalerie, il relie le monde des garnisons, celui de la médecine et celui des obédiences parisiennes, avant de prolonger cette sociabilité dans les armées de l’Empire.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Clément Joseph Tissot.
Voir aussi dans le glossaire : Vénérable (Vénérable Maître en chaire), Loge Bleue ou Loge Symbolique..

